‹ L'Espagne: moeurs et paysages, histoire et monuments. Orne de seize gravuresChapitre 43 sur 159 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

presque disparu en France; mais elles sont très communes en Allemagne et en Espagne, où elles atteignent des proportions inouïes. On sait qu'elles ne représentent pas un saint Christophe historique , bien qu'il y ait des saints de ce nom dans le calendrier, mais la légende symbolique de ce géant qui, voulant servir le plus puissant roi de la terre , quitta le roi de Ghanaan pour s'engager au service du diable , et le diable pour passer au service du Christ, dont la croix avait mis le diable en fuite. Sur l'avis d'un solitaire, il se consacra, par charité, à passer les voyageurs du bord d'un torrent à l'autre. Un jour, un enfant se présenta qui pesa sur les épaules du géant d'un poids étrange et lourd comme le monde. « Ne t'en étonne pas, Christophe, dit l'enfant, tu portes non seulement le monde, mais le créateur du monde; car je suis le Christ. > De là ce géant des églises d'Espagne, traversant le torrent, un arbre pour bâton à la main, et portant l'enfant qui tient le globe terrestre. On applique cette légende à l'histoire de l'humanité, qui passe du paganisme au christianisme, et de cette vie laborieuse aux rives éternelles. Les proportions et l'exposition frappante de saint Christophe ont fait supposer à des esprits faibles qu'il y avait une grâce extraordinaire attachée à un regard porté sur cette image. De là cette inscription commune :

CHHISTOPHORUM VIDEAS,.

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