CHAPITRE VIII
Séville, dont la direction fut confiée au fameux Pedro Romero, de Ronda, et à Jeronimo José Gandido, de Ghiclana. Delà sortirent Francisco Montés et d'autres toréadors, dont les noms sont plus aimés, plus populaires en Espagne que ne l'ont jamais été en France ceux des plus grands artistes du théâtre. Je ne saurais mieux comparer cette popularité qu'à celle de Gérard, le tueur de lions, avec cette différence, bien entendu, que les toréadors, se donnant en spectacle et agissant sous les yeux de la multitude, sont connus de figure par toutes les classes de la nation qui les applaudit.
Le sentiment monarchique et l'amour de la dynastie régnante sont profondément enracinés au cœur de ce noble peuple; mais il aime spécialement à le manifester avec éclat quand Isabelle II , déposant le diadème , apparaît au cirque avec la simple mantille espagnole; ou quand le duc de Montpensier y accompagne l'infante de Castille, dona Maria Luisa Fernanda, en costume d'Andalouse, vestida de /naja. Alors on sent vibrer dans la foule toutes les fibres du patriotisme et de la nationalité.