‹ L'Espagne, orné de quatre gravures d'après M. Gustave DoréChapitre 139 sur 174 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Et le génie humain sous l'œil de Dieu se joue Dans les flots fécondés de ses sables brûlants. Les puits artésiens, dans les déserts numides, Font jaillir l'eau du roc. Les norias humides Arrosenl les palmiers et font pousser le blé, Où l'on ne voyait rien qu'un sol jaune, ensablé. L'industrie au désert, comme d'ardentes ruches, Elève des cités et de riches comptoirs; Et le rail-way franchit le pays des autruches , Portant la liberté jusqu'au fleuve des Noirs.

Oh ! c'est plaisant à voir, des ingénieurs nègres! Point de front, un museau qui s'allonge ; on dirait Des singes habillés. Mais j'entends leurs voix aigres : « Tombouctou ! Tombouctou ! vingt minutes d'arrêt ! » La nuit est dissipée ; au jour qui lui succède Il faudra bien qu'enfin tout fanatisme cède ; Sachez-le donc, sultans, chefs de tribus, imans, Nous voulons le redire aux derniers musulmans, Plaise au Ciel que ce soit sans leur couper la tête : « Dieu c'est Dieu ; Mahomet n'était point son prophète. »

«Je ne sais pas si on vous les pardonnera, me dit en souriant William.

— Ami, soyez indulgent; je vous ai prévenu : ce n'est qu'un rêve. »

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