I-i: l'IÎINCE
« Et Cisneros le comédien?
us VALET.
.( Depuis hier il n'a pas reparu au palais.
LE l'f.INCE.
>( il y vient tous les jours, et il faut que cette consolation me manque aujourd'hui 1 Qu'on le cherche, pendant (jue je m'habille.
LE VALET
« Cisneros n'est plus à Madrid.
LE l'UINCE.
i( 11 est parti sans nia permission?
LE VALET
(I Le président l'a exilé.
LE I>ill^CE.
» One me dis-lu là, et pour quel cnme?
LE VALKT.
u II ne veut plus qu'on joue la comédie.
LE nUiNCE.
« il ne veut pas! le beau caprice! El qu'impoile (ju'il ne veuille pas, si moi je veux? El sous quel prétexte l'audacieux, le téméraire, le malappris, l'insolent ministre, l'a-t-il exilé?
LE VALET
« Ce que j'en ai su, c'est qu'il ne peut soulTrir qu'en appelant le monde à la comédie le bruit du lambourin le réveille tous les jours pendant sa sieste.
LE PllINCE.
u i'I. lisant petit* maître! pour si peu de chose, et
00 l/ESPAG.NE ntLlGIEUSE ET LITTÉRAIRE, quand on sait combien j'aime Cisneros! Mais tous les favoris de mon père sont mes ennemis. Sur mon âme, le petit licencié me le payera! Allons, dites que c'est moi qui vous envoie, et qu'on me l'amène ici sur-lechamp. Dilt's, (Ml passant, au capitaine de la garde que, dans le lieu même où l'on entendait le tambourin, il ordomie à quatre tambouis de battre, de midi à cinq heures. Qu'attendez-vous encore? Faites comme je vous le dis. »
Ce petit licencié dont parle ici don Carlos n'était autre, on s'en souvient, que le grand inquisiteur en personne, lequel se trouvait, à la même époque, le président du conseil de Castille. Les paroles que le poêle prêle ici à don Carlos sont précisément celles qu'il adressait, un jour, à Espinosa, en courant sur lui le poignard à la main.
Demeuré seul avec Montigny, le prince change subitement de langage, et reproche à son complice de s'être attiré le coup dont il a failli être victime. Enlouré d'espions par son père, il a cm avoir affaire à l'un d'eux. Il craint que son père n'ait découvert quelque chose, et cherche à se justifier à lui-même l'évasion qu'il médite par la manière dont il est traité. Il termine ainsi :
« Me voici reconnu comme Prince dos .\sturios. Chcrthez-n:oi les ressources dont j'ai be-niin pour sortir d Espagne, et ne vous troublez pas, pour vous être trouvé m présciu'c du soleil couchant, quand vous avez jtour' vous U' soleil levant.
I/IMANT DUN CAULUS. 9?
MO.NTIG.NY.
« Scigiioui', voici veiiii' Ruy Gouioz.