I.E PRINCE
« Voilà donc comme mon père me traite! Mais je saurai me soustraire à ses rigueurs. Je quitterai l'Espagne, j'irai en Flandre. Je cherche avec M. de Montigny et quelques Flamands avec qui je suis en coirespondance les moyens d'échapper à cette oppression. Et maintenant, puisque Fadrique a averti Violante que je vais â Alcala, ouhlions, si je le puis, auprès d'elle les anxiétés qui me dévorent. »
Tout le drame est dans ce court monologue. Voilà Carlos à Alcala et peu disposé, on le voit, à profiter des leçons de ses doctes maîtres. 11 y recherche l'amour d'une jeune fille, nièce du duc d'Albe et aimée de don Fadrique, qui est aussi de la maison de Tolède. Don Fadrique se trouve ainsi le confident et le rival du prince,
situation peu honorable au premier coup d'œil, mais relevée par le soin jaloux qu'apporte le jeune homme à veiller sur l'honneur de celle qui lui est chère. Ainsi, dans cette première entrevue, le prince devenant trop pressant, Fadrique, qui ne perd pas de vue un de ses mouvements, pousse la porte et entre, au grand mécontentement de Carlos, qui ne parle de rien moins que de le jeter par la fenêtre. C'était, on le sait, ses fViçons habituelles. 11 en est empêché par l'arrivée du duc, qui, trouvant la porte close, l'a forcée à son tour pour apporter au prince un message du roi.
Ici, comme on le voit, les invraisemblances s'accumulent. Je ne cherche pas à les expliquer, encore moins à les excuser. Une fois qu'on a mis le pied sur la scène espagnole, il faut, bon gré, mal gré, en prendre son parti, et ne demander aux gens ni d'où ils viennent, ni comment ils se trouvent là.
LE DDC d'aLBE.
« Prince, l'Espagne aujourd'hui vous prête serment comme à l'héritier de la couronne.
LE PRINCE
« Faveur signalée! Je vous laisse la tête en récompense de cette bonne nouvelle. Là où je suis, on n'entre pas furieux, mais tremblant.
LE DUC d'aibe.
« Moi, trembler!
LE PRINCE
« Sans doute, quaiul je vais être votre maître,