‹ L'Espagne sous Ferdinand VIIChapitre 70 sur 79 · LETTRE XXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIX

A MADAME DE

Cadiv, ce 3o mai i83i.

Opinions contradictoires sur la politique recueillies par le voyageur. — Difficullc qu'il éprouve à calculer la force des partis divers. — Constitutionnels. — Républicains. — Royalistes. — Les nom» ne siguifieut pas les choses. — Selon les uns, le goii-

vernement de Ferdinand convient à la majorité — Selon d'autres , le pays est miné par des sociétés secrètes. — Absence de patriotisme. — Mauvais sentiments chez ceux qui attaquent l'ordre de choses actuel et chez ceux qui le défendent. — Le dévouement jusqu'à la mort , dans quelque parti qu'on le trouve, doit donner conliance en l'avenir du pays. — Portrait du gouverneur de Cadix. — Intrigues des conjurés pour le séduire. — Sa faiblesse.— Sa résistance.— Sa mort. — Mot de M. le prince de Talleyrand. — Conséquences du meurtre du gouverneur deCadix pour la ville et pour le pays — Comm ssions organisées par le gouvernement pour punir les conspirateurs. — Manière de raisonner des deux partis. — L'arrivée d'un courrier.— Manière dont le l'oi Ferdinand manifeste sa reconnaissance envers la veuve du gouverneur de Cadix. — Arrestations iniques et inutiles. — Histoire d'une vengeance conjugale étrangère à la politique. — Mœurs du clergé séculier. — Rivalité d'un jeune homme et d'un prêtre. — Vengeance du prêtre. — Bal donné pour la Saint- Ferdinand. — Moins gai que nos fêtes d'ouvriers à Séville.

LETTRE XL

A MISS BO\Kri.XS.

Tarifa , oe 1"^ juin i83f .

Caractère particulier des i^aysages espagnols. — La solitude peut attrister , elle n'eimuie pas. — Vue du détroit de Gibraltar. — Côtes de la Barbarie. — Magie des noms. — Vaisseaux qui passent de l'Océan dans la Méditen-anée. — Ressemblance présumée entre les sites de l'Espagne et ceux de l'Afrique. — Récit du voyage de Cadix à Tarifa. — Chiclana. — Accident au milieu d'une forêl , — Le mulet rétif.— La rencontre. — Le coupegorge , ou la venta de Vejer. — Les coupe-jarrets. — L'hôte et ses gens pendus comme hrigiinds.— Ruse de nos muletiers pour proléger notre départ. — Souvenir du malheur arrivé à un Anglais il y a peu de semaines sur cette route. — On blâme le volé plus que les voleurs. — Ce que c'est que les rateros. — Mort de l'assistente de Tarifa surpris par des brigands. — Ce TOMB IV. 2.3

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que vaut mon courage. — Le proscrit. — Ce que nous faisons pour lui. — Son brusque départ. — L'embarras qui perce dans ses actions et dans ses paroles. — La ville de Tarifa. — Son aspect. — Ses environs. — Désolation de la contrée. — Mœurs des habitants. — Costume particulier des femmes. — Toute leur personne voilée sous une jupe. — Promenade du taureau le dimanche dans les rues de Tarila. — Coutume sauvage. — Férocité des habitants, même des femmes. — Charme par ticulier de la guitare jouée à la manière espagnole.

LETTRE XLI

A S. A. R. M. I.E DUC GUSTAVE DE MECKX.EMBOURG-SCH'WERIIir.

Ce 2 juin i83i , à 8 heures du matin, sur le sommet de la montagne qui sépare Tarifa d'Algesiras.

Halte dans un bois de lauriers-roses et de rhododendrons. — Le degré de sensibilité aux effets de la nature est la seule mesure de l'âge qu'on a. — Contradiction qu'il y a entre 1 àme toujours jeune et le corps. — Description du site de Tarifa du côté d'Algesiras. — Inscription en français sur la porte de Tarifa. — Mort sublime, humble héroïsme de Ceorget, un de nos soldats en 1824. — Les dévouements à grand effet sont les moins touchants. — Vue de la ville de Tarifa , de la mer , du détroit de Gibraltar , des côtes de la Mauritanie , avant le lever du soleil. — Grandeur des sites à cette heure où les couleurs sont encore indécises. — La nature avant le jour n'est «juc lesquisse d'un tableau. — Le lever du soleil fait événement dans les beaux lieux. — Végétation du nord sous le ciel de l'Afrique. — Première vue de Calpe, ou du roc de Gibraltar. — Effet fantastique. — Apparition. — Animal monstrueux. — Site incoini)ichon^ib!e et (ju'on ne peut décrire. — Différence des iniprosioiis (jue produisent les niènies lieux à diverses heures du jour. — L'idée de Dieu aide à peindre la terre, (jui est l'image du ciel. — Moyeu par lequel l'artiste parvient à conununi<iuer ce qu'il éprouve. —Trop d'émotion nuit à l'expression. —

L'inspiration ne suffît qu'au bonheur de l'artiste , elle ne suffît pas à son talent. — L'émotion sert le voyageur plus que le poëte, parce que le voyage n'est pas de lart et que c'est de la vie. — Nouvel effort du voyageur pour peindre ce qu'il voit. — Le roc de Gibraltar fait plus d'effet à l'heure où il reste dans l'ombre. — A quoi on peut le comparer. — Bonheur de voyager. — En quoi le monde ressemble aux autres souverains.

LETTRE XLII

Gibraltar, 2 juin, à 2 heures après midi.

Algesiras. — Contraste des campagnes et des villes de l'Andalousie. — Le proscrit de Vejer. — Danger qu'il court et qu'il me fait courir. — La réflexion nuit à la générosité. — Gibraltar. — Police anglaise. — La manière de vivre des habitants de Londres imposée à ceux de Gibraltar. — Nourriture , ameublement, usages, tout est anglais. — Difficulté qu'éprouve un étranger pour entrer à Gibraltar. — Traitement que les soldats anglais et écossais font subir aux indigènes. — L'aspect des rues n'a plus rien de méridional. — Immensité du roc. — Voitures anglaises pour se promener autour de Calpe. — Bizarres contrastes entre les effets de la nature et les habitudes sociales. — Jardin anglais planté sur les flancs du rocher. — Une forteresse moderne gâte les plus beaux site-. — Fraîcheur et parfum des nouveaux bosquets plantés par le gouverneur anglais. — Ces travaux sont une des merveilles de l'Andalousie. — Détails sur la fièvre jaune. — Récit d'une dame anglaise. — Se* nuits pendant l'épidémie. — Silence et solitude de la ville. — Campement dans le désert. — Gibraltar abandonné. — La sentinelle de nuit. — La faction changée de lieu ; pourquoi. — Caractère du fléau. — Anecdote péruvienne.

LETTRE XLIIL

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