A MADAME LA COMTESSE O'DONNELL
Gibraltar, ce iHmanche 5 juin i83l.
Le dimanche observé à Gibraltar comme à Lojidres. — La fête du roi d'Angleterre retardée pour ne pas danser le jour du sabbat. — Spectacles de société où les officiers de la garnison anglaise jouent les rôles de femmes. — La société de Gibraltar.
— L'esprit d'exclusion la domine et la gâte. — Ce qu'on appelle aujourd hui la fashion nuit à l'élégance. — En quoi consiste la véritable élégance. — Deux sociétés dans cette petite colonie. — Le ton et l'esprit militaire dans les salons. — Propos d'un soldat écossais. — L'apothicaire anglais. — De l'influence de l'anglomanie en France. — Le pecr/ige prêté par l'apothicaire. — Où réside la force de l'aristocratie anglaise. — Course sur le sommet du roc. — Vue immense. — Roc des canons- — £0*61 de lumière. — A cette hauteur on ne voit que du ciel , la terre disparaît. — Monotonie de ce tablefU. — 11 faudrait des ailes , les yeux ne suffisent pas pour jouir d'un tel site — Désenchantement. — Brume. — Galeries souterraines qu'on traverse pour gravir sur le haut de la montagne. — On fait cette course à cheval. — Travaux immenses. — Maison qui sert de vigie entre la terre et le ciel. — Chagrin du voyageur de n'être pas plus ému — Malheur au poëte qui reste obscur.
— La célébrilé est un devoir pour certains esprits. — Qu aurait pensé iVapolion s'il fut moulé sur le roc de Gibraltar? — Que penserait là un simple officier? — L'ignorance est lui peu nécessaire aux plaisirs de l'imagination. — Un aveu. — Où sont les villes antiques, où est le temple d'Hercule? — Où sont les traces de faits encore plus anciens ? — Bouleversement physique. — La présence de Dieu visible sur le rocher de Calpe.
LETTRE XLIV