CHAPITRE XLVII
Ambassade de Noailles à Madrid. — Peinture qu'il fait du Roi et de la Reine. — Il parvient à calmer leur ressentiment contre la France. — La confiance est momentanément rétablie. — Der«» nier appel de Philippe à Louis XV en faveur de sa famille. — Mort de Philippe. — Son Testament et sa famille. — Retraite de la Reine.
A l'époque où ce combat sanglant avait lieu , on était à la veille de voir d'importans changemens à la cour de Madrid. Le gouvernement français, désabusé, un peu tard, de l'espoir de détacher le roi de Sardaigne , redoubla ses efforts pour calmer le ressentiment de Philippe et de la reine. Noailles fut envoyé encore une fois comme ambassadeur à Madrid, chargé de rétablir l'ancienne confiance et de les engager à se désister de leur demande du Milanais en faveur de don Philippe, que les derniers revers en Italie avaient laissé sans espoir fondé de l'obtenir. Ses lettres et dépêches offrent un tableau fidèle de la cour; elles sont d'autant plus intéressantes qu'elles montrent Philippe dans un état d'agitation extraordinaire , qui semblait être le prélude de sa mort.
ni. 3a
(20 avril.). « J'ai trouvé, dit-il, le roi d'Espagne tellement changé que j'aurais eu peine à le reconnaître, si je l'avais vu ailleurs que dans son propre palais. Il a grossi considérablement, et me parait plus petit qu'il n'était. U a beaucoup de peine à se tenir debout et à marcher , ce qu'il faut attribuer à un défaut absolu d'exercice. Quant à ses facultés mentales, elles m'ont paru les mêmes. Son esprit montre toujours beaucoup de sens; et quand on lui parle d'affaires et qu'il veut bien s'en donner la peine, il répond avec justesse et-précision. Il conserve parfaitement le souvenir de ce qu'il a vu et lu , parle avec plaisir des événemens passés. Il n'y a pas un seul rendez-vous de chasse dans la forêt de Fontainebleau dont il ne se souvienne; il vous chérit , Sire, et me parle de Votre Majesté avec beaucoup de tendresse et le plus vif intérêt. Tout le monde ici s'accorde à dire qu'il a appris vos succès en Flandre avec plus de plaisir que ceux de l'infant en Italie, et qu'il a le cœur vraiment français.
« La reine me parait avoir de l'esprit et de la vivacité ; elle entend avec finesse et répond juste ; elle a une politesse noble. Je n'ai pas encore eu assez de relations avec elle pour avoir pu approfondir son caractère; mais, en général, je crois qu'on a pu être extrême dans le portrait qu'on en a fait. Elle est femme, elle a de l'ambition , elle craint d'être trompée, elle l'a été, ce qui lui
donne une défiance qu'elle pousse peut-être un peu trop loin ; mais je crois qu'un homme sage, désintéressé, et qui aurait gagné sa confiance, la ramènerait avec patience à ne prendre que des partis raisonnables. Il ne s'agit que de trouver des hommes de cette espèce , et Ton m'a dit qu'ils étaient assez rares dans tous les temps et dans tous les pays.
« Chaque fois qu'elle entend prononcer le nom de Votre Majesté, la reine s'exprime toujours dans des termes de la plus grande et la plus sincère affection.
« Le prince desAsturies, à la figure près, parait fort aimable et avoir grande envie de plaire. 11 m'a questionné plusieurs fois d'une manière qui ne laisse aucun doute sur l'intérêt qu'il prend à Votre Majesté. La princesse est plus polie; elle parait avoir plus d'esprit et cherche toujours à dire des choses obligeantes ; elle a maintenant trop d'embonpoint, et son visage est tel, en ce moment, qu'on ne peut la regarder sans éprouver un sentiment pénible. Du reste, elle est grande : on dit qu'elle a eu une belle taille ; aujourd'hui, comme je viens de le dire, elle est trop grasse. »
Lorsque l'ambassadeur vint à parler de la guerre d'Italie et de l'établissement pour don Philippe, et qu'il insista sur la nécessité de former un plan qui embrassât plutôt ce qui était
desirable , en priant le roi et la reine d'observer que rétablissement du prince, tel que l'Espagne et la France même le désiraient, ne pouvait guère avoir lieu dans l'état actuel des choses , le rouge monta au visage de Philippe. «Allez-vous me répéter, M. le maréchal, dit le roi d'un ton sec , que le traité de Fontainebleau est l'ouvrage de la colère et de l'ambition comme on l'a déjà dit? » Force fut alors de différer la discussion et de lui laisser le temps de se calmer. Il fallut à l'ambassadeur toute sa prudence et toute sa douceur pour obtenir qu'on prit ses demandes en considération; car le souvenir des offenses passées lui revenait toujours. Philippe n'accusait que les ministres et les généraux ; il se plaignait douloureusement au sujet de ce que les deux couronnes auraient pu exécuter en agissant toujours de concert. 11 se plaignait qu'on avait manqué d'égards pour lui en diverses occasions , tandis qu'il s'était prêté à tout ce que pouvait désirer la France. Par vos instances, disait-il, je me suis engagé dans la guerre de 1 733; je n'ai déclaré la guerre aux Anglais , en 1 739, que sur la promesse de la France d'envoyer une flotte considérable en Amérique. Devais-je m'attendre, après cela, aux procédés qu'on a eus dans la négociation secrète de Turin ? (*)
Le marquis d'Argenson , trop accoutume à
ONoaillks, torac VI, pages 176-188.
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traiter légèrement les affaires politiques, très prévenu d'ailleurs contre l'Espagne, renouvela encore ses soupçons, en lui laissant ignorer ce qui se traitait avec la Hollande. Le roi de France étant à l'armée, n'instruisait plus le maréchal de Noailles. Philippe et la reine demandaient sans cesse des nouvelles d'une négociation qu'ils croyaient intéresser leur fils et leur couronne. Un jour que le courrier venait d'arriver : « Eh bien ! M. le maréchal, lui dirent-ils, quel partage les Hollandais font-ils à l'infant? 11 n'est pas considérable selon les avis qu'on nous a donnés.» Noailles ayant répondu qu'il ignorait absolument de quoi il était question ; « puisque vous êtes si mal informé, répliquèrent-ils, nous sommes bien aises de vous apprendre qu'il y a un nouveau projet de pai, générale présenté par M. de Wassenaer; qu'on y donne un très mince partage à l'infant; qu'il y a eu sur cela des conseils tenus à Paris ; que le marquis d' Argenson , le maréchal de Belle-Isle et les envoyés de Hollande se sont assemblés chez le Ordinal de Tencin, où l'affaire a été discutée dans quelque conférence. » L'ambassadeur se hâta de finir la conversation, et, en rentrant chez lui, il apprit du comte de Noailles que le président Hénault lui marquait précisément la même chose.
En dépit des obstacles qui se présentaient à chaque pas, Noailles parvint enfin à remplir le
but de sa mission. Il calma le ressentiment du roi et de la reine par la promesse de leur communiquer, à l'avenir, toutes les négociations avec le roi de Sardaigne et la Hollande. 11 les convainquit de l'impossibilité où se trouvait la France d'envoyer des renforts en Italie, et qu'il fallait borner leurs opérations à un pays qu'on aurait assez de force pour conserver. 11 obtint même d'eux qu'ils abandonneraient leurs prétentions sur Milan et sur Mantoue, à condition que ces deux duchés ne seraient jamais cédés au roi de Sardaigne , et qu'ils consentiraient à recevoir Parme, Plaisance, et quelque autre compensation pour l'infant: enfin, il parvint, à se faire donner les ordres nécessaires pour la réunion des armées des Bourbons ; c'est ce qui amena la bataille de Plaisance.
Philippe reprit alors son style affectueux avec le roi , son neveu , et remit à l'ambassadeur un mémoire où ses sentimens étaient vivement exprimés. Après y avoir rappelé tout ce qu'il devait à la ISprnce, il exposait la justice de la guerre de Lombardie , ses droits à cette partie de la succession autrichienne ; et il se plaignait en termes modérés du reproche d'ambition que lui faisaient quelques uns des ministres français. Voulant bien se désister du Milanais et du Mantouan, qu'on lui avait assurés par le traité de Fontainebleau , il se montrait persuadé que le roi
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de France procurerait un equivalent à don Philippe. Il disait que son honneur, que sa tendresse pour la reine , l'obligeaient de ne se départir jamais de l'article qui assurait à cette princesse, sa vie durant, la jouissance de 1 état de Parme. Pour maintenir l'infant dans son partage, il proposait que les deux couronnes lui fournissent par moitié un subside annuel, d'autant plus considérable, que ce partage était plus restreint. U demandait comme première preuve d'amitié, que si l'Espagne manquait un jour aux engagemens contractés pour l'Italie, Louis XV voulût bien y suppléer en cas de besoin. En un mot > « il mettrait pour toujours entre les mains du roi, son neveu, le sort de la reine son épouse , celui du roi don Charles et de l'infant don Philippe, les plus tendres et les plus chers dépôts qu'il fût possible de confier à la garde de son amour et de son cœur. » (')
Philippe ne vécut pas assez pour mettre fin à cette négociation. Quoique depuis son retour de Seville il n'eût pas éprouvé de nouvelles attaques de sa maladie, assez longues ni assez fortes pour affecter son esprit, chaque jour il altérait sa constitution en s'abandonnant à cette indolence apathique , effet d'une mélancolie habituelle. Il restait au lit la plus grande partie du temps, et se levait seulement la nuit pour prendre ses repas. Cest après avoir offert ainsi dans cette misérable
(') NoAiiAES, tome VI , pages i5o-i93.
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existence une image frappante de la faiblesse humaine, en contraste avec la magnificence royale, que frappé d'une attaque d'apoplexie, il expira le 9 juillet entre les bras de la reine, sa fidèle compagne , avant d'avoir pu recevoir aucun secours de l'art ni de la religion. (•) (*)
Nous avons déjà présenté le caractère de Philippe sous des aspects si divers, qu'il nous reste peu de chose à ajouter à cet égard en terminant l'histoire de son règne. On trouverait difficilement, dans les deux derniers siècles, une époque où les intérêts et la prospérité de la nation espagnole fussent sacrifiés aussi souvent à des vues particulières, aux passions et aux préjugés des souverains. Cependant, lorsque l'on considère Philippe cédant à l'ambition de sa femme, et le caractère des ministres choisis par elle, il serait injuste de le rendre seul responsable des machinations qui amenèrent les troubles que la cour inquiète de Madrid sema dans l'Europe depuis le moment où il posséda paisiblement son royaume. Quant aux améliorations salutaires qui distinguent son règne, son vif désir d'être informé de tout ce qui portait le cachet de l'utilité, et l'accueil favorable qu'il fit constamment à ceux qui lui présentèrent
(') Beccatini , page i5g. Ortiz, tome VII , page 528.
(•) Les reste» mortels de ce monarque reposent à Saint- Ildephonse , d'après sa volonté formellement exprimée dans son testament.
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des projets de réformes et d'améliorations en tous genres, prouvent clairement que s'il n'eut pas assez de talent pour innoyer de lui-même, il eut du moins le mérite d'approuver et de sanctionner les plans qu'on peut croire qu'il jugeait bons. A son avènement, le royaume était épuisé d'hommes et d'argent. Sans marine, sans armée bien organisée, sans aucun genre d'industrie ou de fabriques , il ne lui restait de son ancien pouvoir, de sa richesse et de sa grandeur passées qu'un souvenir presque éteint par les vicissitudes et les révolutions. Cependant, il laissa une armée qui, après avoir été décimée par la guerre d'Italie, avait vengé l'honneur national à chaque occasion qui s'en était présentée, une marine qui faisait trembler l'Europe , et une foule d'établissemens qui prouvaient la renaissance de l'industrie , du commerce et des arts en Espagne.
Philippe laissa plusieurs enfans. U eut de Marie-Louise-Gabrielle de Savoie , sa première épouse :
i°. Louis Ier, roi d' Espagne et des Indes, né en 1707, couronné et sacré au commencement de 1723, mort en 1724.
20. Philippe, infant d'Espagne, né le 2 juillet 1709, mort le 8 du même mois.
3°. Philippe-Pierre-Gabriel , infant d'Espagne, né le 7 juillet 1712, reçut la cérémonie du baptême avec ses deux autres jeunes frères, le 25
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août 1 716, fut tenu sur les fonts de baptême au nom du roi de France et de madame la duchesse d'Orléans; il mourut à Madrid le 26 décembre 1 7 19 : son corps fut déposé au Panthéon de l'Escurial.
4°. Ferdinand , prince des Asturies, roi d'Espagne et des Indes, né le 25 septembre 17 i3, couronné en 1746, mort le 10 août 1769. De sa seconde femme , Elisabeth Farnèse : i°. Don Carlos , infant d'Espagne, d'abord grand-duc de Toscane, de Parme et de Plaisance , ensuite roi de Naples et de Sicile , enfin roi d'Espagne après le décès de son frère aîné. 20. Don François, infant d'Espagne, né à Ma-
drid, le ai mars 1 7 17 ; baptisé aussitôt, mort le 2 1 avril suivant : ses restes furent déposes à l' Esc u rial.
5°. Don Philippe, duc de Parme et de Plaisance, infant d'Espagne, né le 1 5 mars 1720, prit possession de ses duchés le 7 mars 1749? mort le 18 juillet 1765. Ce prince fut doué de peu de capacité; il était dissipateur, très dévoué à la France, et abhorrait tout ce qui était espagnol ; il allait jusqu'à affecter d'avoir oublié sa propre langue. Vain jusqu'à la puérilité, il épuisa son trésor pour imiter, dans la petite cour de Parme , la magnificence de Madrid et de Versailles. Sa mort fut singulière et malheureuse. 1 lorsque sa seconde fille Marie-Louise fut fiancée
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à son neveu Charles, prince des Asturies, il se disposait à célébrer avec la plus grande magnificence celte solennité, à laquelle devait assister l'infante, sa nièce, qui se rendait alors à la cour de son futur mari, Farchiduc Leopold. Au milieu de ces préparatifs de fêtes et de réjouissances, • ne rêvant que bonheur, il fit une chute de cheval dans une partie de chasse, et fut entraîné le pied pris dans rétrier : c'est dans cet état qu'il périt, horriblement déchiré par ses chiens (*). Ferdinand, son fils, lui succéda dans ses États, et épousa Marie- Anette, quatrième fille de.l'empe-
# (#) Cet événement tragique fut caché avec un soin extrême , dans le but peut-être de ménager la douleur des princes attachés à l'infant par les liens de famille. Dans les oraisons funèbres prononcées à Paris ,1a mort de don Philippe était attribuée à une violente maladie.
Nous sommes peu disposés à nous appesantir sur le défaut de capacité et les travers de ce prince , lorsque nous remarquons que ces défauts personnels eurent peu ou point d'influence sur son gouvernement , signalé par des mesures administratives fort sages, et par une protection spéciale accordée aux arts.
En 1764, il donna un édit par lequel il défendit, sous des peines graves , de faire en fondations pieuses des legs qui passaient la valeur de 3oo écus de Parme : le même édit enjoignit à tous ceux qui voulaient s'engager par des vœux monastiques, de renoncer à tout droit de succession. Le 1 5 janvier 1765 , il rendit un autre édit portant que tous les biens qui des mains des laïcs étaient passés dans celles des ecclésiastiques seraient soumis aux mêmes impositions qu'ils
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reur François et de Marie-Thérèse. Sa fille ainée fut la première femme de l'empereur Joseph H ; la seconde, Marie-Louise, épousa le prince des Asturies, qui régna sous le nom de Charles IV.
4°. Don Louis-Antoine-Jacques, né en 1725, nommé archevêque de Tolède et de Séville , et cardinal à l'âge de dix ans, se démit de ses dignités en 1754, et en 1776 il épousa, avec le consentement de son père, dona Maria-Theresa Val-
payaient auparavant. L'agriculture , le commerce , les arts , furent l'objet de l'attention de son gouvernement.
On doit ce système sage d'administration, je le sais , à M. Millot, marquis de Felino, ministre du duc; mais il y a toujours un grand mérite de la part des princes à bien choisir les personnes qu'ils font dépositaires de leur, autorité, et don Philippe fut on ne peut pas plus heureux dans ce choix. Pour l'éducation de son fils , il chercha les personnes les plus dignes de sa confiance en Italie et en France. Des hommes tels que M. Reralio , gouverneur, et l'abbé de Condi Uac, précepteur du jeune duc de Parme, honorent le discernement de don Philippe.
Avant d'obtenir les duchés de Parme , Plaisance et Guastalla, Philippe Y avait conféré a l'infant la dignité d'o&iu ran te de Costilla , charge qui était autrefois investie des pouvoirs illimités pour toutes les affaires concernant la marine. Le dernier qui l'avait possédée était don Juan Thomas Enrique de Cabrera* connu par son attachement pour la dynastie autrichienne à l'époque de l'avènement de la maison de Bourbon.
Philippe V affecta à la dignité à'almirante (le Costilla les appointernens de 6,000 réaux par mois , payés du fonds de
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labriga y Rozas (*). Il mourut en 1785, laissant trois enfans , un garçon et deux filles. Le fils , archevêque de Tolède et cardinal, un des membres de la régence , lorsque Ferdinand VII rentra de France en 18 14, mourut à Madrid en 1823. L'aînée des deux filles épousa don Manuel Godoy, prince de Ja Paix; la cadette fut unie au duc de San-Fernando. (■)
5°. Marie-Anne-Victoire, née en 17 16, fiancée
la Cruzada. Comme protecteur du commerce, Xalmirantc touchait 100,000 piastres par an à la Nouvelle-Espagne et au Pérou , 2,000 aux Philippines , provenant de la Nao de AcapulcOy et i5,ooo aux Canaries. On imposa aussi les marchandises et les denrées allant ou venant d'Amérique , sans oublier l'argent; on chargea également les fruits an moment de leur exportation : beaucoup d'autres articles de commerce étaient sujets à ce droit, qu'on appelait droit d'almirantazgo.
Après l'installation de l'infant don Philippe dans les États de Parme, qui l'empêchait de remplir les fonctions d'almirante, Ferdinand VI déclara , par son décret du 3o octobre 1748, que cette dignité resterait vacante ,, et appliqua les appointemens et les droits qui y étaient affectés, à l'amortissement de la dette publique.
Charles IV rétablit le 7 février 1807 la dignité d'almirante en faveur de don Manuel Godoy, prince de la Paix.
(*) On expliquera , lorsque la narration parviendra au règne de Charles III , les motifs qui déterminèrent ce mariage, et les circonstances dont il fut accompagné et suivi.
(') Canoa Arouelles, Diccionario de Hacienda (article Almirantazgo ).
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à Louis XV, mariée en 1729 au prince du Brésil , depuis roi de Portugal, décédée en 1781.
6°. Marie-Thérèse-Antoinette-Raphaelle, née en 1726, mariée en 17^ & Louis, dauphin de France, morte en 1746.
70. Marie-Antoinette-Ferdinande, née en 1 729, mariée en 1750 à Victor-Àmédée, duc de Savoie.
Philippe , par son testament , laissa à la reine un traitement au-dessus du douaire ordinaire des reines veuves d'Espagne. Il lui ménagea une pension annuelle de soixante-dix mille piastres , avec son palais chéri de Saint-Ildephonse ; outre des legs considérables, et le paiement de ses dettes, il laissa à son choix la ville d'Espagne qu'elle voudrait pour sa résidence. Elle resta tutrice de ses en fans mineurs et de ses filles. 11 fit revivre tous les arrangemens faits au moment de sa renonciation, et les rendit applicables aux circonstances présentes. Il confirma aussi le nouveau mode de succession établi en 1714» (')
La reine eut la satisfaction de voir ses deux fils établis magnifiquement; mais, hormis quelques mois, au commencement du nouveau règne, cette femme remuante et ambitieuse passa, sans se mêler en rien des affaires publiques, les vingt et un ans qu'elle survécut à son mari. Pendant le
(') Testament de Philippe V{ manuscrit).
règne de Ferdinand, elle fit sa principale residence de Saint-lldephonse; et, quoique investie de la régence jusqu'à l'arrivée de son fils Charles en Espagne, et qu'après son avènement elle parût à la cour, elle ne se permit aucune autorité. Elle mourut en 1766.
Un voyageur , homme d'esprit , en traçait ainsi le portrait lorsqu'elle était sur le déclin de sa vie \w Quoiqu'elle soit âgée maintenant de plus de soixante-dix ans, elle observe la même manière de vivre que Philippe , et fait de la nuit le jour. Lorsqu'elle reçoit, elle est soutenue par deux personnes, ne pouvant rester long-temps debout; elle est presque aveugle, mais elle conserve son ancien esprit et sa première vivacité. (')
(') Lettres de Clarke sur la Nation espagnole, page 329.
5l2 PHILIPPE V.