CHAPITRE ADDITIONNEL. D5g
troublent le cultivateur, lequel ne peut faire un pas sans se voir entouré d'espions et de satellites. Il aurait fallu enfin mettre un terme aux vexations de l'injuste police des livres, des visites, de guides et d'enregistremens, et de mille autres formalités ; car on ne saurait apercevoir dans la crainte perpétuelle qu'inspirent au cultivateur et au fabricant les dénonciations, les détentions et les procédures, que la gène la plus Complète de la liberté du commerce et de la circulation intérieure. Mais le gouvernement, trop circonspect pour improviser un nouveau système de contribution, ou effrayé peut-être des obtacles qu'on devait s'attendre à rencontrer dans cette réforme générale de l'administration financière , laissa continuer les abus. Le règne de Philippe s'écoula; et, ce qui est encore plus surprenant, quatre règnes se sont succédés depuis sans qu'on ait encore affranchi l'Espagne d'un système de contributions entièrement vicieux et par la nature des impôts et par le mode de leur perception.
La couronne, sous Philippe V, se vit plongée dans de grands embarras, par suite des guerres qu'elle eut à soutenir, soit pour défendre ses droits , soit pour faire triompher les intérêts privés qu'elle eut le tort d'épouser. L'Amérique ne remplissait que très passagèrement les coffres publics ; l'étranger, dont une administration ignare et imprévoyante avait rendu l'Espagne
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tributaire par le manque d'industrie nationale , s'emparait des trésors à mesure que les galions arrivaient à Cadix. Force fut au gouvernement d'aviser à quelques moyens de fournir à ses pressans besoins. Elles sont nombreuses les mesures financières prises dans cette vue pendant un règne de 46 ans, rempli d'événemens politiques et militaires non moins importans que variés. Don José Canga Arguelles, dans un des cahiers du Dictionnoire des Jinances, qu'il fait paraître par livraison en ce moment à Londres, a tracé le tableau suivant des mesures financières adoptées sous Philippe V, à diverses époques :
1 . La couronne reprit un grand nombre d'objets précieux, vendus ou donnés à des particuliers par les rois ses prédécesseurs;