‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 27 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

ponses ils tendaient toujours à fajre croire que leur bénéfice était modique, qu'ils perdaient même parfois, Campillo, pour s'assurer de la vérité, mit tout à coup en régie six provinces, des vingtdeux dont la couronne de Cas tille était composée. Le marquis de la Ensenada étendit depuis ce système d'administration à toute la monarchie.

Malheureusement, après avoir établi un meilleur mode de percevoir les impôts, on n'osa pas changer leur nature ; on laissa subsister ceuxlà même dont les économistes déjà cités avaient démontré les graves inconvéniens pour la prospérité de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Le plus onéreux de tous était Yalcabala, contribution établie parles Maures, qui frappait toutes les denrées et toutes les manufactures à la fois. On peut affirmer que cet impôt a contribué à la décadence de l'Espagne autant peut-être que l'Inquisition elle-même. Cet impôt, ainsi que celui des millones, frappent toutes les productions, soit directement, soit indirectement. Un exemple fera mieux sentir l'action funeste de Yalcabala sur l'agriculture : les pâturages paient d'abord pour leur loyer, ensuite le bétail acquitte la même contribution à chaque vente et revente que l'on en fait dans le marché ; enfin, la viande de boucherie la paie encore quand elle est vendue au consommateur, tellement que ces impôts saisissent les productions de la terre

au moment qu'elles naissent, dit Jovellanos ('), les poursuivent et les entament pendant toute leur circulation , sans les perdre un seul instant de vue, et sans lâcher prise au dernier période de leur consommation. En outre, la contribution était énorme : en l'exigeant dans toute la rigueur primitive, elle était de 1 4 pour 100; et, comme elle pesait sur les marchandises et les denrées dans toutes les ventes successives, elle était onéreuse jusqu'à l'absurde; la raison publique en fît justice. On introduisit l'usage de payer Xalcabala par convention ; elle resta réduite par cet usage à 4 ou 5 pour ioo. Les fermiers eux-mêmes reconnurent l'impossibilité de percevoir cet impôt tel qu'il fut établi . 11 était évident pour tout le monde qu'il aurait suffi de cet impôt pour détruire dans sa source toute espèce de produit (*); mais cette contribution même ainsi réduite était encore contraire à la prospérité publique.

A des lois fiscales absurdes, à la partie de l'impôt appelée rentes provinciales , il aurait fallu substituer un autre système de contribution moins funeste ; il aurait fallu supprimer les nombreuses légions d'administrateurs, d'inspecteurs, de chefs et de gardes, qu'exige le recouvrement des rentes provinciales et qui

( ' ) Mémoire sur le perfectionnement de l'Agriculture et des Lois agraires.

(•) Càmpomawks , Appendice à l'Éducation populaire.

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