CHAPITRE ADDITIONNEL
Depuis 1706 jusqu'en 1726, dans l'espace de vingt ans, il n'était parti d'Espagne que cinq navires espagnols pour Caracas , et il n'était arrivé dans les ports espagnols que 643,2 1 5 fanegas de cacao, de cent dix livres chacune, revenant à 32, 160 fanegas pour chaque année. Durant celles qui suivirent depuis 1731 jusqu'à 1749» dans l'espace de dix-huit ans , il en arriva #69, 247 , c'est-à-dire 48,291 pour chaque année; depuis 1769 jusqu'en 1774* dans l'espace d'un peu plus de quatre ans, la compagnie en importa 17g, 1 56 fanegas, faisant 44>7&9 pour chaque année , et en même temps 221,432 pesos, ou 1, 107, 160 livres tournois en espèces provenant de la vente du cacao qu'elle avait importé dans le Mexique. Aussi le cacao, qui s'était vendu jusque-là 80 pesos ou 400 francs, ne se vendit-il que 200 francs.
Mais malgré ce succès , les pertes éprouvées par suite des événemens de la guerre contre les colonies américaines anglaises sous Charles III, et quelques fausses mesures d'administration firent cesser la compagnie.
Sous le ministère de Paùno, il fut formé aussi à Cadix une compagnie pour le commerce avec l'Inde orientale, à laquelle on accorda la faculté d'avoir des troupes à sa solde, et d'exercer la souveraineté sur les pays où elle parviendrait à s'établir; mais la prépondérance des capitaux et les avantages des compagnies étrangères ou d'au-
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très causes empêchèrent cette compagnie de prospérer. Il n'en fut plus question quelques années après son établissement.
Une opération mal entendue du gouvernement espagnol, sous Philippe V, porta un grand préjudice au commerce. Pendant la guerre de la succession, le monarque défendit l'exportation des productions du pays chez les nations avec lesquelles il était en guerre. Les Anglais achetaient leurs vins en Espagne, ils les tirèrent alors du Portugal; ils s'y accoutumèrent et ne revinrent plus chercher ceux d'Espagne après la conclusion de la paix. Cette branche importante d'exportation fut perdue pour les Espagnols. (*)
En définitive, les vues générales de l'administration, sous Philippe V, relativement au commerce et à l'industrie , n'étaient pas assez éclairées; elles étaient au contraire trop souvent rétrécies ou erronées sur une foule de points importans : on le voit dans la plupart de ses mesures à l'égard de l'Espagne, et surtout des colonies d'Amérique. Cependant on se tromperait étrangement si l'on y voulait voir autre chose à l'égard de celles-ci que des connaissances peu étendues en matière d'administration. Aucun calcul réfléchi de tyrannie ni d'oppression n'entrait dans le système du gouvernement à ce sujet.
(') La Borde, Itinéraire d'Espagne.
Armée.
"§.n. Sous le dernier monarque de la dynastie autrichienne, l'armée montait à peine à vingt mille hommes mal équipés et encore plus mal organisés. Il ne restait de cette brave infanterie espagnole, dont la réputation s'était élevée si haut pendant les règnes de Charles V et de Philippe II, que quelques faibles bataillons garnissant des ports et des places fortes. Philippe V, nonobstant l'état de langueur dans lequel il trouva l'Espagne à son avènement, organisa bientôt une armée telle que l'Espagne n'en avait peut-être pas eu dans les époques les plus glorieuses. Toute la milice espagnole, sous le règne de Philippe II, montait à peine à quatre-vingt mille hommes, selon son chroniqueur Cabrera. Philippe V, grâce à l'ordre que mit Orry dans les finances, avait, en sortant de la guerre de la succession, cent vingt bataillons, cent trois escadrons, trois cents canons, quarante mortiers, avec une immense quantité de munitions (*). Les expéditions contre la Sardaigne et la Sicile en 17 17, celle contre les maures d'Afrique sous les ordres du comte de Montemar en 1732, la conquête du royaume de Naples et de la Sicile par ce même général en 1734 , les brillantes campagnes d'Italie sous la
(•; Historia general de EspaTia. (Impress- de Madrid. ) Tablas cronologicas.