CHAPITRE ADDITIONNEL
étrangers ayant rapport à la défense de l'Espagne et de F Amérique.
Philippe n'oublia pas d'offrir un asile assuré contre l'indigence aux soldats qui , après avoir consacré leur vie au service de la patrie , se trouvent hors d'état de la servir à cause de leur âge ou de leurs blessures; mais, au lieu d'un bâtiment superbe comme celui qu'éleva Louis XIV, il les dissémina dans les diverses provinces où ils touchaient leur paie, ce qui contribua en même temps .à la consommation des denrées de ces
mêmes provinces.
Marine.
§. 12. L'état de la marine espagnole était déplorable sous Charles II. Sept galères à demi délabrées , et presque hors d'état de servir, étaient tout ce qui restait de la puissance maritime de l'Espagne. Il a suffi à Philippe V de quelques années pour la tirer de cet anéantissement , et la mettre en état de faire respecter le pavillon espagnol.
L'escadre la plus considérable des temps précédons, appelée F invincible artrada, envoyée par Philippe II pour effrayer l'Angleterre, était composée de cent trente-cinq galères et galions avec quarante autres bâtimens moins considérables, à bord desquels on embarqua dix-neuf mille soldats. La plus grande partie de ces bâtimens étaient italiens ou portugais. Philippe V, dix ans après
58a Philippe v.
la paix d'Utrecht, avait déjà réuni une escadre de vingt-deux vaisseaux de guerre, quatre galères, deux chebecs et une galiote avec trois cent quarante bâtimens de transport ayant à bord trente mille hommes de troupes. (')
Des ministres aussi habiles qu'Àlberoni, Patino, Campillo et Ensenada, ne négligèrent rien pour relever la marine dont ils ne cessaient de persuader l'importance pour le maintien des communications avec l'Amérique en temps de paix, et pour la défense de la métropole et des colonies à la fois en temps de guerre. (")
L'une des causes qui avaient le plus contribué à la décadence de l'Espagne sous les monarques autrichiens, avait été les expéditions militaires et maritimes qu'il avait fallu préparer hors de l'Espagne, les fournitures et les approvisionnemens de toute espèce pour l'armée et pour la marine se faisant toujours pour le compte des étrangers. Sous Philippe IV, on ne construisit plus en Espagne de vaisseaux, ni aucun des articles nécessaires à leur équipement. Point de munitions non plus, ni pour l'armée de terre, ni pour la marine; tout venait du dehors. On sent aisément combien ces expéditions devaient être dispendieuses dans un tel état de choses. A la perte, à
( ') M. i>f. Skmperf. , H is tor ia del Dei echo espahol. ( ») Proposition du Roi aux Cortex , rapportée par Martinez «le >lat;i.