‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 73 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

ni dans les codes, ni dans les procédures : d'autres Espagnols joignirent leur voix à celle de Macanaz. l^e ministre Cam pi Ho , dans les écrits que nous avons déjà cités, Lo que hay de mas y de menos eu Espana (Ce qu'il y a de moins ou de trop en Espagne), et la Espana despierta (l'Espagne éveillée), publiés en 1 74 1 , aborda les mêmes questions. Le père Feyjoo répandit une grande clarté sur plusieurs points de la législation ; il proposa même une idée fort lumineuse, et qu'aucun Espagnol n'avait émise avant lui, dans son excellent discours intitulé : Ixègle mathématique de la Foi humaine , où il entend appliquer la précision du cale il aux motifs d'acquiescement ou de di-v,entiment pour les preuves judiciaires. Mais ces deux puissans auxiliaires des projets de Macanaz, fort utiles d'ailleurs pour répandre des idées vraies sur cette matière importante, ne purent pas décider l'autorité à entreprendre la réforme des lois.

Parmi beaucoup d'autres écrits de Macanaz, nous citerons un mémoire adressé à Philippe V sur les causes de la dépopulation de l'Espagne, et sur les remèdes qu'il faudrait y appliquer; un autre adressé au père Feyjôo, avec des remarques littéraires sur diverses matières de son théâtre critique; conseils à Ferdinand VI dans le commencement de son règne; enfin son Testament politique. Dans ces divers ouvrages il indique un m. 40

<ia6 PHILIPPE V.

grand nombre d'abus qui réclamaient l'atl du gouvernement.

Luzan.

On doit considérer cet auteur comme le restaurateur de la bonne poésie en Espagne , comme le fondateur d'une école littéraire, que quelques critiques se sont plu à appeler française, parce qu'elle professe des doctrines classiques avec une

Molière, de Racine, et autres poètes et prosateurs de cette nati<

On ne saurait dire que Luzan eut le génie de la poésie , car toutes ses productions manquèrent de hardiesse et d'originalité ; mais il en était un excellent maître. Il possédait à un haut degré le goût exquis et le tact fin pour en apprécier les beautés. Son talent peut être comparé à celui de La Harpe, avec lequel il eut beaucoup de ressemblance. Imbu des principes d'Aristote sur la rhétorique et la poésie, nourri dans la lecture de Cicéron, éprouvant une admiration passionnée pour les modèles de l'ancienne et de la moderne littérature, gémissant du désordre, des nombreuses bizarreries , et de ce qu'on appelle le go/tgorisme du parnasse espagnol , forcé enfin de reconnaître jusque dans Lope de Vega et Calderon une déviation plus ou moins fréquente de ces principes fondamentaux de la raison et du

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