‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 75 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

Martin Martinez.

Ce médecin mérite une place distinguée dans l'histoire des sciences et des lettres sous le règne de Philippe V, en sa qualité de réformateur des études pour la médecine, l'anatomie et la physique. U naquit à Madrid , en 1684. Apres avoir suivi le cours de la Faculté de médecine dans l'université d'Âlcalâ, où elle était enseignée par les ouvrages, du docteur Henriquez de Villacorta, il obtint, à l'âge de 22 ans, au concours, la place de médecin de l'hôpital- général de Madrid; c'était en 1706, lorsque le bruit des armes empêchait, en Espagne, de se livrer aux occupations scientifiques et à la culture des lettres.

Martin Martinez , instruit de bonne heure dans les langues savan tes, chercha dans les écrits des médecins grecs et romains, les principes vrais de la médecine et de la physique. U s'appliqua surtout avec un zèle tout particulier à l'étude de l'anatomie, qu'il jugeait nécessaire de bien connaître pour faire des progrès dans l'art de guérir.

Don Miguel Boix, ami de Martinez, publia, à cette même époque, un ouvrage tendant à démontrer aux médecins espagnols la nécessité d'étudier flippocrate , comme étant la seule manière d'écarter une foule de questions tout*»a-fàit

63a Philippe v.

inutiles. Martin Martinez, suivant ces mêmes principes, parvint bientôt à une grande supériorité de lumières dans la médecine et Fanatomie, dont on connaissait à peine les vrais principes au commencement du dix- huitième siècle. Le roi, les ministres tant nationaux qu'étrangers, lui témoignèrent de l'estime et rendirent hommage à ses ta lens. Il devint successivement professeur d'anatomie, médecin du roi, membre et président de la Société royale de Seville.

En 1720, il commença à réaliser Futile projet de réformer l'étude de la médecine dans les universités dé FEspagne , en montrant la véritable manière d'avancer et d'améliorer cette profession, ainsi que la chirurgie et Fanatomie, et de les tirer de leur décadence. Des obstacles de tout genre s'opposèrent à l'accomplissement de ses vues éclairées et patriotiques ; mais il eut le bonheur de triQmpher du plus grand nombre; et les professeurs, même les plus entichés d'erreurs, finirent par réformer considérablement leurs études, au. grand avantage de la santé publique. H périt cependant victime de son amour pour la science , n'ayant pu supporter l'injustice et l'amertume des attaques des partisans des anciens systèmes * c'est ce que l'on doit inférer du moins des expressions suivantes , qu'on lit dans les lettres (')du P. Feyjôo, son défenseur et son

(') Léttrèa3-, tome II.

Page 1