‹ L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon (volume 2)Chapitre 77 sur 89 · CHAPITRE ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ADDITIONNEL

et les intérêts d'un nombre considérable d'individus attachés à la profession de la médecine, ne pouvait qu'éprouver la plus terrible résistance. Tous les médecins systématiques se mirent sur pied pour défendre leurs doctrines ; mais le P. Rodriguez sortit vainqueur de cette lutte. La vérité l'emporta sur le courroux de ses adversaires; et, s'il ne parvint pas à établir partout l'étude de la médecine sur la seule base qu'elle doit avoir, c'est-à-dire sur l'expérience, il prépara du moins les esprits à une aussi heureuse révolution , à laquelle l'humanité était intéressée.

Le style du P. Rodriguez n'est pas sans un peu d'enflure. Il faut lui pardonner ce défaut, si commun d'ailleurs à l'époque où il publia cet ouvrage ; car c'est déjà un mérite assez rare que d'avoir soutenu des doctrines vraies et utiles. Au reste, les autres écrits postérieurs du P. Rodriguez font voir qu'il abandonna plus tard la manie des hyperboles et l'emploi des locutions bizarres.

Son premier ouvrage fut la Palœstra criticomedica, ou Considérations pour détrôner la fausse médecine; 6 vol. in«4°- Madrid , 1737. On en a fait plusieurs éditions.

Il publia ensuite celui qui porte ce titre : Nouvelle manière d envisager la théologie morale et les droits civil et canon, ou Paradoxes physico-théologico*! eg a ux; ouvrage critique, utile

aux curés, aux confesseurs, et aux professeurs de droit, aux médecins, aux philosophes et savans; 4 v°l« in-4°- H en existe plusieurs éditions, dont la dernière parut en 1788.

Il se trouve dans cet ouvrage une foule de questions qui intéressent la science du droit comme la morale chrétienne, et dont la solution demande des connaissances exactes et précises sur la physique et l'histoire naturelle ; telles, par exemple, que le baptême du fœtus dans le sein maternel, l'opération césarienne, l'impuissance, les preuves de la virginité, les maléfices, les incubes, les succubes, les sorciers, les revenans, les miracles, etc. Le P. Rodriguez aborda Tune après l'autre ces questions, qu'il décida d'après les principes d'une raison éclairée. C'était pour la première fois que l'on voyait examiner en Espagne les questions de médecine légale, science fort peu avancée à cette époque dans les autres contrées de l'Europe.

Le P. Feyjôo, qui combattait alors avec tant d'éclat pour la destruction des erreurs communes, vit bientôt, dans le P. Rodriguez, un puissant auxiliaire. Il ne négligea rien pour encourager son talent

(') Outre les deux ouvrages indiqués, le P. Rodriguez publia des Réflexions théologico-canonico-mcdicales sur le jeune ecclésiastique ; le Philotée ou Démonstration critique des fondement de la Religion chrétienne; divers Discours sur

Page 1