L'Espagne sous les rois de la maison de Bourbon
Les cbangemens de dynastie, chez les peuples gouyemés par des rois , sont des événemens d'une telle imporlance, que pour bien les apprécier il faut les envisager dans toute l^étenduede leurs conséquenpes, et examiner Tinfluence qu^is ont exercée sur la destinée des. nations. Tel est le but qu'on s'est proposé dans cet ouvrage, au sujet de l'avènement mémorable de la maison de Bourbon au trône d'Espagne. On y signale d'abord les causes qui aliénèrent cette grande transaction politique, avec les circonstances dont elle fut accompagnée , et l'on y trace ensuite Thistoire des trois monarques de cette dynastie, Philippe Y, Ferdinand VI et Charles III, qui ont successivement régi f Espagne depnis 1700, jusqu'en 1788. A l'égard du règne de Louis F' , vu sa courte durée et la dépendance où se trouva son gouvernement- éphémère de la volonté de son père, Philippe V, il doit rentrer naturellement dans l'histoire de ce dernier.
Quand on réfléchit sur l'état déplorable oii se trouvait l'Espagne avant l'avènement de la maison de Bourbon, on se demande quelles. causes ont pu relever si promptement, sous Philippe V, la monarchie !• a
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défaillante de Charles II, malgré les dévastations causées par une guerre longue et acharnée soutenue sur son propre territoire , et comment elle a pu déployer asse^ d'énergie et de ressources, pour alarmer lôs puissances de l'Europe, sous le ministère d'Alberojii : on se^ demande aussi par quel miracle une nation, peu de temps auparavant, menacée d'une dissolution qui -parai^sî^t inévitable sous le dernier roi de la dynastie autridiienne, est devexnie, queues années plus tard, assez forte par elle-même, et comment elle a acquis assez d'influence en Europe pour qu'elle, ait été courtisée à la fois par la France et par l'Angleterre, et pour qu'elle ait tenu la balance entre ces deux nations rivales', sous le règne pacifiquj^ de Ferdinand VI; enfin,, on désir^' savoir par quel concours de circonstances heureuses^ . un vaste pays ou languissaient l'agriculture, l'industrie, le commerce et les lettres , en Un mot, oîi tout dépérissait avant Tavénement des Bourbons, a pu reprendre une vîe nouvelle, et recevoir, sous le règne brillant de Charles III, dans toutes les parties de l'administration polit;ique et intérieure une im*pulsion forte et bienfaisante. TellejS sont les questions importantes, auxquelles se rattachent plusieurs autres d'un égal intérêt, qui se trouvent résolues dans cet ouvrage. 'Un petit nombre de personnes adonnées aux recherches historique,s avaient pu les approfondir jusqu'ici , non sans beaucoup de soins et de travail; nous croyons qu'il suffit' pour les.décider
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maintenaiit , de suivre le cours de la narration que nous soumettons au public.
Maigre TeiListence.de deux bons ouvrages publiés par deux auteurs français qui ont demeuré longtemps ea Espagne, savoir,, le Tableau de V Espagne moderne^ par Bourgoin, et Texcellent Itinéraire de M. de la fiorde, bn a eu jusqu'à présent des idées peu exactes sur le peuple espiiigqol moderne,* dont par conséquent on juge mal la civilisation actuelle.
Non^seul^n^t on persiste' à croire qu'if est resté stationnaire au milieu des progrès faits en tout genre par les autres peuples de l'Europe, mais on sendUe prendre à tache d'ignorer, qu'il en a fait luimême de* très reitiarquables sous" beaucoup de rapports pendant lé dernier siècle , et que son état social a reçu d'importantes améliorations sous les diVersgouvernemens qui l'ont régi depuis Philippe V jusqu'à Chaifl^s IV; Il est pourtant prouvé par l'histoire 9 d'une max^ère évidente , que ces rois n'ont rien -négligé peur l'éclairer^ pour faire chez lui d'utiles réformes, et que depuis l'année 1700 jusqu'en 1788, ils n'ont pas cessé •de travailler à déraciner les abus qui s'étaient introduits sous les administrations précédentes. Macanaz , Orri , Alberoni , Riperdà, Patvffo et Gampillo, sous PhiKppe V; le marquis de .h'£nsenada,^ous Ferdinand VI; le ministre Eod^, les- comtes d'Aranda, de Gampomânes iet.<Je Floridablanca ; sous Charles III, aidés pac plusieurs autres hommes d'un mérite reconnu,
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ont proposé à ces monarques des améliorations importantes dans l'armée, la marine, les 6nances, Tagriculture, l'industrie, le commerce ,. l'enseignement ; et , ce qui est encore mieux , ils'les ont réalisées en vertu des pouvoirs à eux délégués à cet effet par l'autorité suprékne. Le mouvepnient réformateur a été, il est vrai, bien plus rapide sous Charles III que sous.se$ deux prédécesseurs; les lumières n'ont fait en cela que suivre eu Espagne la progression qu'elles ont suivie dans l^s autres États de l'Europe, où les esprits reçurent à cette époque une vive impulsion vers les réformes sociales par des causes qui sont généralement connues. Si donc, malgré le zèle déployé par ces diverses administrations, il se ti*ouve malheureusement encore «des abus qui ont résisté à leurs généreux efforts, il j aurait de l'injustice', ce nous semble, à les rendre responsables des erreurs des siècles passés, et à ne leur tenir aucun compte des obstacles qui se sont opposés à l'accompUssement de leurs intentions bienveillantes et patriotiques.
A la vérité ces divers gouvernemens n'ont point été assez généreux pour se dessaisir de pouvoirs qu'il aurait été aussi juste que sage de partager; ils ont au contraire, soit par antipathie pour les .assemblées politiques, soit par des principes et des calculs faux en matière de gouvernement, montré la plus vivp jalousie pour la conservation de leur autorité illimitée , évitant toujours avec soin d'appeler la na4îon
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a Texercice des droits légitimes dont la possession lui avait été assurée pendant fin grand nombre de siècles. Ils ont ^ans doute aussi gardé plus de menagemens <j[u'iLn'aurait faUn pour certaines institutions non m#ins' colitraires- an bonheur qu'à la gloire du peuple espagnol, alors même qu'ils sentaient la nécesaîtë Ad les détruire-, .et <}u'ils en éprouvaient même paifois le vif désir : assurément ce sont là des torts que l%istoire signalera avec son inflexible sévérité, en ayant toutefois égard au temps , aux opinions généralement reçues , et à plusieurs autres circonstances qui petrvent les atténuer.
Mais si ces divers gouvernemens tie se sont point élevés à de si hautes vues politiques sous les trois règnes dont nous^ donnons l'histoire ; si à l'égard de celle institution' funeste, le Saint-Office, causé principale de tous les malheurs de l'Espagne , on ne fit que museler iiibletnent le monstre lorsqu'il aurait été si aisé de le terrasser, l'/iutorité publique s'est montrée du moins constamment occupée d'établir dans l'intérêt de la -prospérité nationale des réformes utiles dans toutes les parties de l'administration du royaume.
U y a eu même d'heureux momens où la sagesse du gouvernement espagnol et son esprit réformateur se faisaient remarquer au milieu même des progrès des nations civilisées , et où l'on admirait son zèle pour la cause de l'humanité. Il était difficile, en effet , de xie point admirer une administration ayant des
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vues aussi éclairées et aussi iiienfaisantes que le gou-^ vemement de Charles III: Lorsque sous ce iii0iian}He le ministre .Roda disait^ par ordre du roi, au eonseît de Castille : « Sa Majesté veut que l'on OKanine la question de savoir s'il ne conviendrait pas d'aiiolir la peine de mort ainsi qu'on a commencé à le faire dans certaines parties éclairées de'l'Burôpe', notamnent pour les délits ci-dessBS énoncés (pour les vols) , en la commuant en une autre peine qui les réprimerait plus eflficacement. Lêroi veut également que le cou* seil réfléchisse sur l'usage d'employer la torture ; pin* sieurs nations civilisées l'ont déjà repoussée comitie barbare; et les auteurs les plus recommandables des temps modernes l'ont regardée comme un moyen peu sûr pour connaître la culpabilité des prévenus»; lorsqu'après beaucoup d'autres considérations non moins philosophiques sur plusieurs Ms qu'il (allait modifier; le ministre terminait en disant : « Qu'il rappelait de nouveau au conseil la nécessité de foc» mer un code criminel renfermant toutes les lois pénales avec clarté et distinction, et n'ofirant plus le désordre qu'il était douloureux de remarquer dans cette partie de la législation»; envoyant, disons* nous, ces principes lumineux qui dirigeaient les conseils de Charles III, on faisait des vœux pour l'accomplissement de vues aussi utiles; le gouvernement de ce monarque était même proposé comme modèle aux autres États de l'Europe. « Ce serait nn grand bien , disait Linguet , dans ses Annales poli-
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tiquer y en parlant dek réforme du code espagnol, qu'une législation claire , courte et uniforme ; il serait plaisant, que ce flU le IJIançanacezt qui en donnât le premier exemple à TEurope et même au monde. »
Tous les jgouveroeinens qui opt régi l'Espagne pendant le dix-^huitième siècle n'ont pas eu, il est vrai , des vues aussi profondes, ni -une aussj grande étendue de ^umiènes que celui de Charles III; mais l'histoire atteste c[}ie sous* les trois règnes en question, un esprit sage de réforme et de perfec* tionnçmei^t a été constamment la boussole du gouvernement : et c'est ce que plusieurs personnes, d'ailleurs très éclairées-, paraissent bien éloignées de croire.
Au ^0St^9 on peut diffs que les Espagnols euxmêmes op^le.pius contribué, à cette ignorance généralement répandue sur leur état social, et qu'ils ont donné lieU| pat leur silence, à la sévérité et même à l'injustice avec lesquelles ils sont parfois traités. C'e^t un de leurs grands torts , ainsi que l'a remarqua le célèbre magistrat Garopomanes, dans son Trente de V industrie populaire et dans d'autres endrpitç de ses nombreux et sa vans ouvrages, de ne point faire connaître, pao^ des écrite propres à éclairer les esprits, )es.p^*ogrès que ]» civilisation a faits chez eyx pendant le dix-huitième siècle. Nous savons qu on peut expliquer cette insouciance sur l'histoire de leur propre pays de la part d'individus isolés, pstr les i^traves que la pensée y a éprouvées,
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ainsi que par la crainte fondée de causer le déplaisir ou peut-être d'encourir la haine des pouvoirs ombrageux, nullement disposés à souffrir le langage de la vérité sur certaines matières politiques ou religieuses qui les concernent directement. C'est d'ailleurs une tâche très difficile, même chez les nations où la liberté légale est établie , que celle d'écrire l'histoire contemporaine en présence des passions et des préjugés. Ces causes peuvent servir sinon à justifier, du moins à expliquer la répugnance de quelques Espagnols à écrire l'histoire de leur siècle. Quoique naturellement portés , par la maturité de leurs esprits, vers les études historiques, ils ont préféré de diriger leur^ investigations vers les événemens des temps anciens , évitant ainsi le^ danger de blesser des amours-propres, d'éveiller des haines et de heurter des préventions. Des hommes aussi éclairés et aussi jaloux de la gloire nationale que les pères Sarmiento et Florez , don Grégoire Mayans , les deux frères Mohedano , Cerdà , Sanchez , le célèbre jésuite Burriel, Bayer, Isla, Campomanes luimême , auteur d'un ouvrage très estimé sur les Templiers, Llaguno, Munoz et tant d'autres sa vans espagnols du dernier siècle ; tous ces hommes célèbres, disons-nous, auraient pu écrire avec talent l'histoire d'un ou de ces trois règnes, s'ils n'eussent pas préféré de se livrer sans aucune espèce de contrainte à des discussions paisibles sur des événemens qui les missent à l'abri de toute persécution.
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Mais si ces constclérations ne peayent excuser entièrement les savans espagnols d'avoir négligé Thistoice moderne de leur pays, à coup sûr elles ne justifient point les gou-vememens auxquels nous nous sommes plu à reeonnaîtr^ tout à l'heure des intentions pures et des mes patriotiques : n'auraientils pas dû encourager les écrivains nationaux à écrire l'histcÂre de leur administration , ne fôt-ce que parce que leur propre gloire y était intéressée ?
On aUéguerait en vain, en faveur de leur insouciance, que l'histoire de leurs règnes se trouvait écrite implicitement dans les lois et les actes publics, et qu'on sera toujours à même de pouvoir les recueillir , puisque Theureuse découverte de l'imprimerie lésa consignés-par des caractères ineffaçables. Sans doute des documens sûrs et authentiques, quoique isolés et ^Ts, peuvent garantir par la suite des résultats certains aux recherches des savans ; mais il eût été bien plus utile d'avoir fait rédiger des relations historiques circonstanciées et complètes, par des hommes éclairés, sur chacun des règnes de ces trois monarques. Les lettres et l'honneur national y auraient gagné tout à la fois ^ alors même qu'il n'eût résulté de leurs travaux que de simples chroniques, ou des collections arides de documens officiels, faites par des historiographes, puisqu'elles auraient du moins offert des matériaux aux hommes éclah^és des autres pays, pour écrire l'histoire avec cette mâle indépendance qui lui est propre, et sans les
ûmides ménageDi#a$ qu'on se croit obligé de gai*der envers les erreurs at les préjugés , daiis les pa^s oh iU exercent leur funeste empire. L'historien Ro-* bertson a beaucoup profité pour son histoire derempereur Charles Y, des documam pré^eux oontenos dans ta Ghroni<]ue de ce -monarque p^r i'évéqoe Sandoval; et certes 1(BS vues ée^se chroniqueur sont bieu loin^étre étendues, elk» sont au contraire très rétrécîes« Ci^ l:ravaux histovîqucs, nous en sommes perauadé 9 auraient eu pour résultat de faire oonnaître les règnes des princes de la maison de Bourbon, beaucoup mieux qu'ils ne le sont gënéraHement. Remarquons toutefois l'étrange diversité des opinions à ce snjet c tandis qu'on des plus judidejux écrivains parmi les Espagnols modernes , reproche à Sfss compatriotes , aicLsi que nous venons de le dire , de l'insouciance, de la timidité et^e la modestie, et qu'il leur conseille xle faire connaître l'état oïl se trouve la civilisation qhez eux, et les progrès qu'elle a faits dans les detniera temps, on entend quelquefois d'autres écrivains étrangefs aiy* cq«er ces mêm^es Espagnols de vaniâé nationale, d'exagération , et de forfanterie. Us sont atteints, dit«on , de la manie de présenter hors de leurs véritables proportions, les vertus, la puissance, la gloire et la littérature de leur pays.
Quoi qu'il en soit, il est fâcheux que pour la durée de presqu'un siècle qu'embrassent les trois règnes des princes de la maison de Boui4)on , nous n'ayons qu'un
très petit iicMnbre d^ouvrages historiques écrits en Isffigae.e^agiioie; savoir :i>j C&mmentarios de la guerra du succesion de Espana; Historia de su reiPel^e Vel animoso deuia principio de su Rei^ nado Jiasta lapaz del ana 1 7a5 , par don F4ceTUç Baccaiarjr Sanruij matquesde San'FeUpe.Genoi^a. Cm. ouTtage est traduit ^ français sous ce titre : Memoireê pour servir a r^histaire d'Kspagne sous PkU^e Fj etc. ; Amsterdam 1 75& C'est la meilleure relation kiskMTÎque sans contredit concernant cette époque; quoique les vues de rhistorien soient peu éleyees^, et que le langage y manque de correction et de pureté, ce qHi doit peu surprendre^ lemarquis de.6aint*Philtppe étant né, et ayant été élevé en âardaîgne , on' y trouve beaucoup de détails précieul ,. racontés avec une véracité constamment con* sciendeuse. Telie est cependant la difficulté d'écrire rhtstoire contemporaine , ainsi que nous robservions plus haut, que cet ouvrage ne contenant que des éloges de Philippe V, mérités pour la plupart, n'eut pas la -permission de voir le jour du vivant de ce monarque, à raison de quelques assertions-, ou plur tôt de révélations sur des personnes qui avaient pris part aux événemens. Les Commentaires ne vont que jusqu'en lyaS, Philippe V- mourut en 174^. Den Joseph del Campo Raso a publié la continuation des Commentaires jusqu'à la fin du règne de ce monarque.
Le père Belando , cordelîer, écrivit Y Histoire cis^ilc
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tt Espagne^ depuis l'aTénenieiit de Philippe V, jusqu'en 1 733.' On a beaucoup parlé de cet ouvrage , à cause du procès qu'on intenta à son auteur devant le tribunal de l'Inquisition. Son mérite est fort audessous de sa réputation; seulement on 7 lit des particularités assez curieuses, concernant les ma* tières ecclésiastiques et les négociations avec Rome, dont Belando combattit souvent avec chaleur les prétentions, comme contraires soit aux droits de l'église nationale , soit à ia prérogative de la couronne.
Ortiz a donné sur Philippe V quelques détails dans son Abrégé de V Histoire générale d^Esptggne qu'il a terminé à la mort de ce monarque.
Quant aux règnes de Ferdinand VI et de Charles III, il n'existe aucun ouvrage en langue espagnole, ni même étrangère, à l'exception de celui de Beccatini, intitulé : Sloria del regno di Carolollldi Borbone, re catholico délie Spagne^ corredata degli opportuni documenii^ Fenezia 1780. Il y est principalement question de la jeunesse de ce monarque , et de son administration du royaume de Naples.
Ainsi sur cette période intéressante de l'histoire d'Espagne nous étions réduits au petit nombre d'ouvrages que nous venons d'indiquer, auxquels il Êiut ajouter quelques mémoires publiés en France , tels que ceux de Noailles, de Saint-Simon, etc., où les faits se trouvent isolés et sans suite ni enchaînement convenable , loi^sque M. Coxe, déjà avantageusement
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connu comme littérateur et histor jen , fit paraître à Londres, en i8-i3, son ouvrage &ur les rois d*£spagne de la maison de Bourbon. C'est lui qui a rempli la lar cune existante dansThistoirede ce pays, et qui a rendu par la un service importante la littérature (*). Depuis
(*} M. Goxe , aichidiacre du comté de Wiltz^ rectenr de Stonrton et Bemerton'^ chapelain de )a com* de Londres, etc. , est né en 1747* ^^^^ avons cru de notre devoir de faire part à ce vieillard vénérable de'flotre intention de publier une édition française de ses Mémoires sur les Rois d'E^Mçnede la maison de Bourbon , dfns le double but.de loi témoigner notre reconnaissance pour le service qu'il a rendu aux lettres en général ^ et à Thistoire d'Espagne en particulier , et de lui offrir en même temps l'occasion y 'soit de perfectionner son travail , s'il pouvait avoir quelques détails a j ajouter, soit de rectifier quelques assertions, s'il jugeait convenable de le faixt- lïons apprenons .par sa réponse qpi'il a épuisé tous les documens qu*il possédait lors de la rédaction de son ouvrage , et que par conséquent il n'a rien à ajouter. A l'âge avancé où il est parvenu, cet ; écriv am esdmable conserve encore toute la force de ses facultés morales; seulement nous avons appris avec une peine extrême qn il se trouve dans uo état complet de cécité.
Voici quelques détails biograpliiques sur sa personne et ses écrits : ' .
M. Gexe ( William ) avait été destiné à suivre la prpfession de son père , qui était médecin à Westminster. Son éducation fut très soignée , et les études qu'il fit au collège d'Éton fureift briUanltas ; i^ préféra de suivre la carrière ecclésiU^que, et Ait ordonné prêtre en 177a. Il quitta bientôt laéure.da Penham ditns le Middlesex, à laquelle â avait été aitaehé ^ et se* consacra à l'éducation du mai>quis 4|B Braudfori ; il aâcompagna ensuite successivement ,
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longtemps H, Coxe avait eu ia pensée de rédiger deux relations historiques surl*E8pagne, Fane concernant les rois de la dynastie autrichienne , l'autre ceux de la dynastie de Bourbon. Par la première H se proposai de compléter son Histoire de la Maison d*Aur
étk quslité de gonTemear « le comte de Pembroke', M. Withbread , et le marquis de Comirallis dans les voyages qu'ils usent en France , en Italie et ea Allemagne. li obtint , par le crédit de ses protecteurs , phisieuct dignités ecclésiastiqnes. > On le aonmia membre dé la Société Royale et de celle des AntiquAires de Londres, de la Société Économique de Saint- Pétembouig et de la Société Royale des Sciences de Copenbagne. Ses esquisses de la. Suisse ont obtenu un succès européen ; c'est t*oavrage qui donne sur ce pays singulier les notions les plus escactes ; il est rempli d'ailleurs de détails curietix sur Tadministnition intérieure des Cantons, il est 'écrit avec une cbaleur pittoresqoe qui ne nuit point à Texac* tîlude^ il a pam en 1779 , et a été traduit eu français par II. Ramond (Paris, in-8°» ^ yolumes. 1 78 1 et 1 7$a). Bf • Coxe, bomme judicieux et instruit, a publié un grand nombre d'ouvragea) 00 cite plus particulièrement ceux qui suivent :
1°. Relation des découvertes russes, entre l'iisie etrA.mérique , 1780, in- 4**. *
ao. Description des Prisons et des fi6pitaux de Russie , de Suède et de Danemarck, 1781 , in-8^.
3*. Voyage en Pologne , en Russie , en Danemftrck et en Suède, 3 vol. in-4«9 et 5 vol, in-8® , cinquième édition. Cet ouvrage a été tiaduit par M. Mallet de Genève , avec notes , cartes géographiques' et poi;traits ; Ge«ève , 1 786 , 4 vol. in-8*.
4<',ynes comparatives des découvertes russes^ avec celles qui ont été faites par les capitaines Cook et Clarke, 1787 , in-8*.
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tfiche y tandis qu'il destinait la 5;ec(>nde à faii^ partie d'un travail quHl méditait sur les principaux évé<nemens politiques ailuqueis TAngleterre avait pris pA*t, à c»ttse de la translation de la couronne d'Espagne à un prince de la maison de France. II finit cependant par abandonner cette idée. Étant parvenu plus tard à Ëdre une collection dMntéressans manuscrits sur les événentfens qui avaient eu lieu en Espagne sous les rois delà famille deBourbon,il en traça une esquîiae légère, pour qu'elle fît partie d'un. ouvrage sur la politique de l'Europe. Ce fut cette même esquisse qui devînt, par les déveJoppemens qu'elle reçut tme relation coordonnée et générale , enfin un ouvrage historique dans le genre de \ Histoire de la Maison (TAturiche.
5"*. Voyfe^ en ^nîsie , i «789 , 3 vol. m*8<' , qualriètte édit ioA; tvàdait par M. BanKmd , 1 7^ , 3 toI. ih-â*.
6*. Anecdotes biograpl)ii|aes sur Randel et S Ai th. >w 7». Fables de Gay, avec de» notes , et une Vie dé Tauieur,in-8o» 1.796. ' * •
8^s Mémoires sar la vie et Tadministration de sir • Ro* beft Walpole^ comte d'Orford , 3 vol. in-*, 179a. *
9**. Voyage kistorique dans le comlë de Montmonth*
I o^. Histoire de la maison d'Autriche , deptiii 1a fonda^^ tien de lamonarchie jusqu'à la mort de Léopold II , 3 vol, traduite en français par M. Beori, 5 vol. in-8^
<«<>. Histoire littéraire, et oeuvres choisies de Benjamin Stiiluig Fleet.
f a^ Enfin desLettses et Mémoires «ur des matières reli- (^ieusestf .
[Extrait de la Biogtx^?iie deê Contemporains.)
XVJ AVANT-PBOPOS.
Lors des événeinens politiques arrivés en Espagne en 1808, et de ralliance qui en résulta entre ce peuple et celui de la Grande-Bretagne contre Napoléon, Tesprit de Tauteur fîit frappé de l'analogie de ces circonstances avec celles de la guerre de la succession , relativement à la position de l'Angleterre. Deux fois dans l'espace d'un siècle cette nation s'était vue engagée dans des guerre» sanglantes, pour empédier que la couronne d'Espagne ne passât dans les familles qui régnaient en France. M. Goxe partageait aussi ^enthousiasme et l'admiration générale de son pays pour le noble courage des Espagnols , luttant avec l'aide seule de la Grande-Bretagne , contre Tétiorme puissance militaire du chef de la France, Le moment lui parut donc plus favorable pour donner des développement à son travail, que le public, selon son intima conviction, devait accueillir avec beaucoup d'intérêt. Ces considérations le déterminèrent à s'en occuper avec zèle ; le succès justifia ses espérances.
Il en résulta l'ouvrage que nous mettons sous les yeu^ du lecteur : il • peut êtrt considéré comme formant deux parties distinctes, savoir celle qui renferme des faits déjà connus par des mémoires antérieurement publiés, et celle rédigée sur des documens originaux inédits que l'auteur a été à même de pouvoir se procurer, et dont le nombre égale l'importance. Le lecteur trouvera ci-après un tableau par ordre chronologique des correspondances soit officielles , soit privées , qui ont été con-
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sultées pour la rédaction de cette partie de Touvrage ; il y verra que Fauteur a puisé ses documens à des sources authentiques.
Nous offrons au public une relation historique , la plus exacte possible , sur les princes d'Espagne de la maison de Bourbon. Elle ne saurait être dépourvue d'intérêt pour des lecteurs français , dont la littérature manquait de cette production remarquable, qui contient d'ailleurs tant de souvenirs glorieux pour leur nation , depuis qu'elle se trouve aussi intimement liée à l'Espagne par suite de l'avènement de la maison de Bourbon au trône de cette monarchie. Nous croyons devoir donner ici quelques éclaircissemens sur le plan que nous avons suivi dans cette traduction , faite sur la seconde édition publiée à Londres en 1 8 1 5.
La partie de l'ouvrage de M. Coxe, qui a été rédigée sur les documens originaux inédits , odre un intérêt tout particulier en ce que c'est par les agens diplomatiques de la France et surtout de l'Angleterre, que l'on connaît des négociations tenues jusqu'alors dans le plus grand secret. On devine aisément qu'elles n'auraient pu parvenir jusqu'à nous que par ce seul moyen ; car les entretiens avec les rois et les reines , ou avec des ministres, ne. sont pas toujours de nature à être rendus publics du vivant de ces personnages. U a été hors de notre pouvoir d'ajouter des renseignemens à cette partie de l'ouvrage ; mais il n'en est pas de même pour celle qui 1. b
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contient des événemens déjà connus, sur lesquels il existe des mémoires ou des travaux historiques partiels , antérieurs à la publication des Mémoires* Nous en avons souvent profité , soit pour éclairer davantage la narration , soit pour l'enrichir de détails oubliés ou ignorés par Fauteur. Nous avons mis également à profit, dans le même but, d'autres ouvrages français on espagnols qui ont paru depuis i8i3; les uns contiennent des faits qui se rattachent d'une manière spéciale à des époques de l'histoire d'Espagne du dix-huitième siècle , tels que les Mémoires secrets du marquis de LouviUey la Correspondance de madame de Maintenon et de la princesse des Ursins ,\es Mémoires du marquis d* A rgenson , et plusieurs autres ouvrages historiques; les autres, tout en n'ayant pour but que de £3iire connaître l'histoire et la législation de l'Espagne en général, ne renfermetit pas moins de détails sur quelques événemens de la même époque, tels que la Théorie des Cortèsy par Marina, Y Histoire de V Inquisition d* Espagne y par Llorente, les divers écrits publiés par M. de Sempere, et plusieurs autres, dans le même genre , qu'il serait trop long d'énumérer. Nous n'avons négligé également aucune démarche pour nous procurer des manuscrits dont quelques uns ne sont pas sans intérêt; nous avons cherché enfin à acquérir des renseignemens sur plusieurs faits, notamment sur ceux qui appartiennent au règne de Ferdinand VI et de Charles III; les traditions en
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étant encore récentes , nous avons été à même de pouYoir les recneillir de la bouche même de plu* sieurs hommes distingués parmi nos compatriotes.
U nous est arrivé quelquefois de différer d'opi* nion avec l'auteur des Mémoires sur les causes des événemens qu'il raconte, ou sur les intentions comme sur les intérêts des gouvememens ou des personnes que ces événemens concernent. On trouverait bien &ible la raison de cette divergence d'opinions , si nous disions qu'un Anglais et un Espagnol ne sauraient avoir les mêmes sentimens, lorsqu'il s'agit d'intérêts opposés à leur pays ; car toutes les affections doivent se taire devant la vérité. Mais on conçoit qu'étant animés tous deux du désir de lui rendre hommage , nous ayons pu envisager les mêmes objets d'une manière différente. Toutefois lorsqu'il nous a été impossible de conserver fidèlement lé texte de l'ouvrage original , nous avons eu soin d'exposer les motifs qui nous ont porté à faire quelque retranchement ou à modifier l'expression de l'auteur.
Au reste, les additions faites daos l'édition firançaise peuvent être divisées en trois classes: l*". lorsque leur étendue et leiu* importance ont rendu des développemens nécessaires, on a pris le parti de rédiger des chapitres additionnels y sortes d'appendices ou de supplémens où l'on a placé un certain nombre de renseignemens , soit sur les branches diverses de l'administration, soit sur la littérature, afin de rendre plus complet le tableau