‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 15 sur 113 · VI · texte numérisé non relu

VI

inégale, laquelle devait néanmoins être choisie parmi les familles nobles jouissant de considération, sous la condition également de me faire connaître le choix de l’infant , et de sè soumettre pour sa part aux dispositions de la Pragmatique du Ît5 mai de cette année notamment à celles

des articles xi et xii. La kttre de l’infant m’apprenant qu’il à choisi dona Maria Teresa de Vallabriga y Rozas, je donne mon approbation •à ce choix , 'et je lui accorde mon consehterftent pour la -célébration de son mariage avec ladite dona Maria Teresa, sous les conditions spécifiées dans ma précédente résolution. '

Araiijupz, ïa mai 1776. ' ' ' .

Yo EL Rey.

Ce ne fut point sans beaucoup de peine qu’on détermina madempiselle de Vallabriga à consentir à son mariage avec l’infant. On attache ordinairement peu de prix, à l’âge de dix-sept ans, aux avantages d’une grande élévation.. Belle d’ailleurs, illustre et douée de. toute sorte de qualités brillantes, maderaoiselle'de Vallabriga ne fixait son attention que sur la disproportion d’âge avec l’infant. Bien qùe ce prince réunît avec; son auguste.naissancé d’autres vertus qui le rendaient un objet digne de son estime et de son amour; bien que cette' alliance dût surpasser tous les vœux de sa famille, mademoiselle de Vallabriga' ne consentit qu’à regret à son union avec l’infant, qu’elle connaissait à peine , et dont elle n’avait pas eu

GHAPITR» II M)0ITK)NNI:E. ^ 55

encore occasion d’apprécier le caractère. Le mariage eut enfin lieu le 37 juin à Olias del Rey, dans la chapelle du château appartenant à la "duchesse, de Femandina». L’infant quitta la cour, à laquelleil ne venait désormais que les. jours de bai.semains ou dans des occasions extraordinaires.

Après avoir demeuré quelques jours à Olias, l’infant don Louis passa à Cadalso, où vit le jour-, ' en X777, son fils afné don Louis de Bourbon, qui fut depuis cardinal de Bourbon , archevêque de Tolèd^, et administrateur de celui de Séville. (11 mourut en 1823). Plus tard, l’infant résida tour à tour à Arenas et à Velada. Pendant son séjour à Arenas, il eut un autre enfant mâle qui mourut en bas âge. Ses deux filles, dona Mana Teresa, et doïia Maria Luisa de Bourbon, mariées, la première au prince de la Paix, et la seconde au duc de Saii-Fernando, naquirent à Velada. Fixé enfin à Arenas, l’infant.s’y "occupa de faire bâtir un superbe château , que sa mort,' arrivée en 1785, lais.sa sans être terminé. .

Il paraît qu’on essaya , après lé mariage de l’infant don Louis, de ramener Charles III -à des sentimens de justice envers les enfans de son frèrci Parmi ces tentatives inutiles on cite la" démarche de M. de Vallabriga, père de doua Teresa, fenimé de l’infant. Il adressa, dit-on, au roi, un mémoire dans lequel il faisait sentir les inconvéniens d’avoir flétri la descendance de cette union légitime. Il osa même invoquer .en

36 ' CdABLES III. .

sa faveur les droits et les prérogatives de la fa-

^mille des Stîiarts , à laquelle la sienne était

alliée. Le mémoire fût fort mal accueilli. Mais ,• * * ■ ‘

tout en maintenant^ d’une mahière irrévocable, les premières dispositions prisés au sujet de. ce mariage, Charles 111 montra toujours un vif intérét pour l’infant soin frère , ainsi que .cela^ est démontré par, leur correspondance épistolair^ Quelques jours aVant sa mort, l’infant s’adressa au roi,*én lui exposant ses craintes sur j’avenir , de sés enfans. Charles^ en prince pieux et profondément pénétré de ses devoirs envers sou frère , et non moins jaloux de calmer les justes alarmes de celui-ci sur l’avenir de ses enfans, déclara de vive voix et par écrit , à plusieurs reprises, qu’il se chargeait de leur sort , et qu’il lesrecommanderait, d'une manière spéciale, aux princes qui, devaient lui succéder sur le trône 'd’Espagne. Le cotnte de Florida-Blanca écrivait du Pardo la lettre suivante a l’infant.

. ‘ ' J son altesse royale Vinfànt don Louis.

. Monseigneur,

' J’ai mis sOus lés yeux du roi les instances vives et réitérées de Votre Altesse royale, ainsi (^ue les niotifs âur^esquels elles sont fondées relativeinént à la succession, ou 'plutôt la translation déscommanderies au fils de Votre Altesse royale. Sa Méjesté a entendu^ avecnonjnoins de'bienveiL lance que de tendresse pour Votre Altesse royale.

Page 1