CHAPITRE III ADDITIONNEL
Ces craintes sont très fondées , Sire ; elles doivent se réaliser dans quelques années , si toutefois il n’arrive pas auparavant d’autres houleversemens éticore plus funestes dans nos Amériques. Cette manière de voir est justifiée par ce qui est arrivé dans tous les siècles et chez toutes les nations qui ontcommencé à s’élever. L’homme est le même partout ; la différence des climats ne change pas la nature de nos sentimens : celui qui trouve l’occasion d’acquérir du pouvoir et de s’a- ^andir en profite toujours. Comment pourrionsnous donc nous attendre à ce que les Américains respectent le royaume de la Nouvelle-Kspagne , lorsqu’ils aurontlafacilitéde s’emparerde ce riche et beau pays ? Une sage politique nous conseille de prendre des précautions coîftre les maux qui peuvent survenir. Cette pensée occupa tout mctfi esprit depuis que, comme ministre plénipotentiaire de Votre Majesté , et conformément à sa volonté royale *et à ses instructions, je signai la paix de Paris. J’ai envisagé cette importante" affaire avec toute l’attention dont je suis capable; et, après beaucoup de réflexions puisées dans les connaissances, tant militaires que politiques, que j’ai pu acquérir dans ma longue carrière , je ^pense qu’il ne nous reste, pour éviter les grandes pertes dont nous sommes menacés , que le moyen que je vais avoir l’honneur d’exposer à Votre Majesté.