‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 19 sur 113 · CHAPITRE *111 ADDITIOJSNEI · texte numérisé non relu

CHAPITRE *111 ADDITIOJSNEI

de quelques ■ hommes d’ét!at , tant . nationaux qu’étrangers, que je partage, sur la difficulté de conserver notre domination en Amérique. Jamais des possessions aussi étendues , placées à une grande distpnce des métropoles, n’ont été long-, temps conservées. A cette cause générale pour toutes les colonies, il faut en ajouter d’autres spéciales pour les possessions espagnoles, savoir, la difficulté de leur po’rter secours lorsqu’elles peu-r vent en avoir besoin } Icsvexations de quelques uns des^ouverneurs envers ces malheureux habitèns) l’éloigncm.ent de l’autofité- suprême à laquelle ils ont besoin d’avoir recours pour le redressement de leurs griefs,- ce qui. fait que les années , s’écoulent avant que l’on ait fait droit à leurs réclamations ; les, vengeances aqxquelles ils restent exposés en attendant, de la part des autorités locales; la difficulté de bien connaître la vérité à une aussi grande distance; enfin, les moyens , que les vicè-rois et les gouverneurs", en leur qu.!- ' lité d’Espagnols > ne peuvent manquer d’avoir pour obtenir des déclarations favorables en Es-^ . pagne : toutes ces diverses circonstances ' ne ‘ peuvent manquer de rendre mécontensles habitans de l’Amérique, et de leur faire tenter des efforts pour obtenir l’indépendance aussitôt qu’ils en auront l’occasion propice.

Sans enti-er donc dans aucune de ces considéra'tions, je rne bornerai maintenant à celle qui . ;

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nous occupe sur U crainte de nous voir exposés à des dangers de là part de la nouvelle puissance que nous venons de reconnaître, dans un pays où il n’en- existe aucunç autre en état d’arrêter ses progrès. Cette république fédérale est née pygmée , pour jdnsi dire; il lui a fallu l’appui et les forces de deux Etats aussi puissans que l’Espagne et la Erance pour parvenir à l’indépendance. -Un jour viendra où elle sera géant , colosse même redoutable dans ces contrées. Elle oubliera alors les bienfaits 'qu’elle à rècus des deux puissances, et ne rêvera plus qu^à s’agrandir. La’liberté de conscience , la facilité d’établir une nouvelle population sur d’immeases terrains , ainsi que les avantages, du nouveau gouvernement , y attireront des ag’riculteurs et des artisans de toutes les nations ; car lés hommes courent toujours après la fortune : et dans quelques années nous ver*rons,. avec une véritable doulqur , l’existence’ tyrwnique de ce ntême colosse dont je parle.

La première démarche de cette puissance Ibrsr qu’elle seira parvenue à s’agrandir , sera de s’emparer des Elorides pour dominer le golfe du Mexique. Après nous avoir ainsi rendu difficile le commerce .avec la Nouvelle-Espagne, elle aspirera à la conquête de ce vaste empire, qu’il •ne nous sera, pas possible de défendre contre une puissance formidable établie sur le même continent, et dans son voisinage.

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