‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 22 sur 113 · CHAPITRE III ADDITIONNEL. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III ADDITIONNEL. 5l

Ces souverains et leurs entans devraient toujours épouser des infantes d’Espagne, ou de leur famille. A leur tour, les princes espagnols épouseraient les princesses des royaumes d’outre-mer. On établirait ainsi une union intime entre les quatre couronnes ; on devrait, à l'a.vénement au trône de ces divers souverains , faire le serment solennel de remplir ces conditions^

Quant au commerce, il devrait être fait sur le pied de la plus grande réciprocité. Les quatre nation^ devraient se regarder comme unies par l’alliance.la plus étroite, oflensive et défensive, pour leur conservation et prospérité. ■

Nos fabriques n’étant pas en état d’approvisionner l’Amérique de tous les objets manufacturés dont elle pourrait avoir besoin, il faudrait que la France, notre alliée, leur fournît tous les articles que nous serions dans l’impossibilité d’y^ envoyer, avec exclusion absolue de l’Angleterre. A ceteffèt, les trois souverains, en montant sur leurs trônes respectifs, feraient des traités formels de commerce avec l’Espagne et la France, en écartant toujours les Anglais. Comme possédant de nouveaux Etats, ils pourraient faire bbre* ment ce qui pourrait mieux leur convenir.

De l’exécution d’un tel plan résulteraient les avantages ci-après. La contribution des trois rois du Nouveau-Monde serait bien plus profitable à l’Espagne que les secours en argent qu’elle tire

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maintenant de l’Amérique. La popiilation-augmenterait, puisque l’émigration continuelle dans ces possessions cesserait d’exister. I^es trois royaumes d’Amérique une fois étroitement liés parles obligations qui viennent d’étre proposées, il. n’y a pas de puissance en Europe qui pût balancer leur pouvoir dans ces contrées, ni celui de l’Espagne et de la France dans notre continent. On serait également à même de pouvoir empêcher l’asraudissement des colonies américaines, ou de toute autre puissance qui voudrait s établir dans cette partie du monde. A la faveur de l’union avec les nouveaux royaumes, le commerce d’Espagne échangerait les produits nationaux contre les denrées coîoniales dont nous pourrions avoir besoin pour notre consommation. Par ce moyen, notre marine marchande serait augmentée, et la marine militaire se ferait par conséquent respecter sur toutes les mers> Les îles que j’ai nommées plus haut, en les administrant bièn et les mettant dans un bon 'état de défense , nous suffiraient pour notre commerce, sans avoir besoin d’autres possessions : enfin, nous jouirions de tous les avantages que nous donne la possession de l’Amérique, sans avoir aucun de ses inconvéniens. '

Telles sônt. Sire, mes idée# sur cette affaire délicate ; si elles peuvent mériter l’approbation souveraine de Votre Majesté, j’entrerai dans de

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