CHAPITRE V additionnel
de grandes choses en administration publique sans faire un appel aux sentimens et aux intérêts de la majorité des citoyens. Cette participation est de rigueur. Le grand principe de la politique administrative doit être d’intéresser à la prospérité des peuples la religion , l’humanité, la bienfaisance, la gloire, et même jusqu’à la vanité des individus qui jouissent d’une certaine influence en dirigeant habilement leurs lumières et leur zèle veK lesobjetset les Irayaux d'une ulililégé„érale.
Angleterre, dont l’organisation sociale lui offre tant de, motifs de se féliciter de la participation de toutes les classes aux affaires de l’administration publique, n’a vu propager chez elle les lumières et les bienfaits de l’éducation nationale, qu a la faveur de-ce même systèque et par Ja coopération gratuite .et honorable de’ses citoyens. Elle lui est redevable d’une foule innombrable d’associations de bienfaisance. I,es gouvernemens auront beau rendre d’excellentes ordonnances sur l’instruction publique, et sur des ameliorations en tout genre, les progrès doivent etre nécessairement lents, si le' patriotisme, l’amour de la gloire ou d’autres sentimens hQiiorablesne portent pas les citoyens à seconder spontanément et avec zèle les»idées salutaires de I administration.
Les sociétés économiquésd’^//nj^^i^i^a^.yfurgjjj
conçues et établies en Espagne d’après ces vues.
g8 ; , CHARLES III. ,
Ce sera peut-être uu sujet d’êtoniiement pour quelques pei-sonncs, de voir que l’autorité royale, parvenue au suprême degré d’étendue et de force ■ dans ce pays, ne se soit-pas montrée ombrageuse, et qu’elle ait favorisé l’établissement de corporations puissantes, toujours suspectes, lors même qu’elles ont^iin but avoué, aux gouvernemens absolus, habitués à craindre les -orages des discussions, et la puissance du raisonnement j mais les ministres de Charles étaient, d’une- part, trop éclaires, et de l’auti-e, trop certains de la stabilité du pouvoir, pour éprouver la moindre alarme.
Des écrivains courageux , entre autres le célèbre comte de Campomanes , cherchant à sauver l’agriculture, l’industrie et le commerce, de la décadence qui les menaçait, et mûrissant les moyens propres à les relever, indiquèrent comhiQ un des plus convenables, la cré 4 tion des associations patriotiques dans les villes d'une population conr sidérable. Us y voyaient autant de foyers de lumières, qui serviraient à éclairer la nation. Depuis Philippe V on s’était occupé de l’affaire importante de rétablir l’agriculture et l’industrie, et de détruire les obstacles qui s’opposaient à leur prospérité; mais ces vœux du gouveri^ment étaient restés sans résultat. Ce fut Charles 111 qui les réalisa en partie. ..
Sans faire des dépenses, sans payer des appoiutcniens, enfin sans'éprouver les embarras ni subir