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du langage , suite -nécessaire d'e l’exameivet de la discussion publique de toutes sortes de matière.
Carapomanes avait bien raison de 'dire : « I.e *èle patriotique de la nation réunie peut seul rendre la vie à l’industrie ; les efforts dé quelques individus isolés ne seraient point suffisâns ; la protection même du ministère ne produira que peu de bien, si la nation elle-même ne prend connaissMicé de-^a situation, si elle ri’apprecie point les obstacles qni s’opposent aux progrès de Vagficultùre et des arts, et si ^lle ne prend pas les moyens convenables pour les surmonter,
Cette surveillance- salutaire et générale ne peut s’obtenir que pal’ des associations permanentes ; des sommes immenses ont été* destinées par le gouvernement, dans le courant de ce siècle, au rétablissement des manufactures; aucun autre gouvernement en Eur'ope n’aurâ certainement fait des déboursés plus considérables pour at teindre ce but; mais un gouvernement, quel que soit son pouvoir, ne réussit à rendre la vie a.1 a-
griculture et k l’industrie, qu’avec la coopération éclairé de ses subordonnés- 11 faut augmen- ’ ter par tous les moyens possibles, la population,
en réunissant l'agriculture avec l’industrie ru-
. raie. Pour obtenir des engrais, il faut songer a . élever de^ bestiaux ;. il faut perfectionner les lo« . ^
agraires, celles qui concernent la propriété ;. il faut' former des écoles d’agriculture pratique.
^ ■ CHAPiTHB V IDUrnONNEI,.'. 11^
répandre partout l’instruction et les idées utiles, honorer toutes les professions, rendre la liberté au commerce, favoriser la circulation, supprimer les taxes et les impositions fâcheuses , telles que Yalcabala, et remplacer ces impôts onéreux: et nuisibles au commerce par d’autres impôts qui ne gênent en rien sa marche libre et natyrelle. » Jamais, ditM. deSempère,on n’a tant imprimé en Espagne de livres nationaux ou traduits des langues étrangères sur lès mathématiques , la physique, lachirftip, la botanique.et l’économie civile, qu’après l’établissement des Sociétés économiques; jamais il n’y eut autant de zèle et d’ardeur pour èncourager l’agriculture , l’industrie et le commerce ; enfin , jamais on n’à fait tant de dons pour ces objets, -ni' tant de sacrifices de temps èt de. travail qufe depuis’ la Création de ces établissemens. i* ’ '
Sans doute les Sociétés économiques n’ont pas produit fparto.ut des résultats aussi satisfaisans ; dans quelques petites villes surtout,' où ‘des personnfôr, plus jalouses de se rendre agréables au ministère que de remplir le but de leur institution , se contentèrent de demander l’aiftorisation pour se réunir, et ralentîrent»bientôt leur zèle. Les Sociétés devant se suffire à elles-mêmes et se procurer des fonds pour la fondation des prix jd’e'ubliiteemenk des écoles, l’âchat des livres, des machines , etc. , ce n’était pas dans de petites
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villes que les fortunes peu considérables pouvaientiles fournir; ce n’était pas tout, d’ailleurs , que d’étre nommé directeur, censeur ou sècrétaire de l’association,' il fallait, de plus, avoir les connaissances nécessaires, et il arrivait parfois qu’on en manquait. (
Une, autre cause contribua aussi à ralentir les ^rôgrès des Sociétés dans les petites villes; ce fut la jalousie qui s’éveilla contre elles de la part des tribunaux inférieurs, des municipalités et autres autorités civiles, pep disposées à partager- leur pouvoir avec une corporation nouvelle, dont l’accès auprès du monarque ou de ses ministres pouvait, sinon nuire à leur protection , du moins à leur avancement. On sait que ces petits despotes’ des villes secondaires sontsingulièrement ombrageux; accoutumés à tout diriger jusqu’alors dans certaines braiïches de police municipale, telles qye les hospices, les dépôts de mendicité, les plantations, la propreté des rues- et autres tra-yaux publics , ils suscitèrent toute sorte de tracasseries aux «nouveaux .corps chargés de l’inspection et de' l’amélioration dê ces divers objets; néanmoins ces obstades étaient surmontés graduellement par la vigilance du gouvernement, et on serait parvenu à les détruire entièrement.
Dans les villes considérables du<r)yaume, les Sociétés économiques secondèrent les vues pa-
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y CHAPITRE V ADPITIOWNEL.' II7
triotiques du gouvernement. Telle fut celle de Valence, qui n’épargna aucun soin pour encourager, l’indiistrie de cette province, principalement les fabriques de soie. 11 en conta beaucoup à l’administration, quoique appuyée par les conseils des -hommes éclairés de ce pays, pour «décider les manufacturiers à abandonner leur ancienne méthode, en la remplaçant par les procédés dont on se servait à lyyon pour la filature et la teinture de la soie. A la fin on prêta l’oreille à ces conseils, ét la junte de commerce de Valence parvint à introduire Ja manière de filer, appelée à la J^aucanson. La’ Société économique travailla de toutes ses forces pour atteindre, , le même but et pour introduire d’autres améliorations semblables. Le ' 14 juillet 1776 les personnes les plus recommandables de Valence, tant' ecclésiastiques qu’appartenant à la noblesse . et à la classe aisée du contmerce , se réunirent • pour la première fois avec l’approbation du roi.
11 n’y avait là, comme dans toutes les autres corporations de cette nature, aucune place marquée^ si ce n’était 'celles du directeur et du secré- . taire; les autres membres se plaçaient dans l’ordre de leur arrivée^ L’archevêque de Valence , 'qui jouissait de la considération due à sa dignité et à ses vertus, et qui avait droit à d’émi-,neptes distinctions par les dons considérables qu’il avait faits à la’ Société , s’asseyait avec tous
le.s autres membres, et il refusa la place d’iiotiiieur qu’on lui offrait. Un an après cette création, la Société^ubliait déjà ses Insiructio'hs' ëcoruitniques des attiis du pajs de P^alencë chez Montfort, un vol. in-4°;“oh y traitait des objets qui devaient fixer l’attention de la Société, en atten-; tlflht la formation définitive de ses réglemens , savoir : l’amélioration de la police des villes , l’agriculture, les arts et métiers, , le ‘commerce et la navigation. ‘ ' '
. Quelques troubles éclatèrent dans le sein de la société de Valence : l’intervention des tribunaux devint nécessaire ; mais cet orage fut bientôt dis» sipé, et l’association reprit ses paisibles travaux. Les bornes qui conviennent à cet- écrit ne nous permettent pas d’en faire le détail, qui nous mènerait trop loin ; iUsuffira de dire que l’attention se porta principalement vers l’amélioration progressiv^e. de l’industrie locale, celle qui concerne la soie ; et que l’on y réussit. • •
,M. de Laborde dit avec raison, en parlant-de' l’institution des sociétés économiques , que leur utilité aurait été bien 'plus grande si l’on'eût af-‘ feçté des fonds à ces éfablissemens , et que leurs progrès avaient été lents en général , par ce motif, à. -l’exception des sociétés de la BisCaye et d’Ara- . gou. Voici le tableau des dépenses faites par celle de Valence. La modicité des fonds frappera sans doute l’esprltHlesdecteurs. ï.a première.côloniK!
, ^ CHAPITRIi V AD01TIONNf;L.' ^ ‘9
’exprivie ce qui e^t donné chaque année par la % Société; ia seconde j ce que l’archevêque de Va~ lence voulut hieU ajouter à. la première somme.
Pour rencouragement des bonnes mœurs, Socüté. Archevéq.
, prix de mille ïéaiix chacuin . 8 , 0 uo 8,ooO i
Pour encourager l’agri^lture. aiSiSo 3,aS|ô Pour tecourir les laboureurs malheureux, - ■ ' ■
, vPi'i* raille réatix chacun.. . . b,ooo' ■6,ooo
Pour les fabriques de soie. i, 3 ou i, 3 oo
Pour le travail des femmes 9,000
Pour lès ouvrages .en linge,. ' ■4»ooo i ,aob
Pour le dfessin . „ . . . ^ g, 000 .9,000
Industrie, manufactures., eomiuerce. ... -x,a 5 o .■
La pêche, 3 , 6 oo
L’industrie des champs 6,000
^ ' Total des rcaux. ....... 5 1,400 27,750
En livres tournoR'. 12, 85 o 6,937
Nous ne parcourrons pas toutes les villes d’Espagne,'dans lesquélles des sociétés économiques furent formées par suite deTâppel que fit le gou- ' vtrnement au patriotisme des gens éclairés, et ' après la lecture du discours sur t industrie populaire du comte de..Campoh}anes, où il con^ , sèillait la formation de semblables associations ; ^ celles de Séville , Majorque, SaragoSse, Tudela et autres, rendirenfde grands services à-la 4(l.se nationale , en encourageant la récolte et la fabrication de la soie, et d’autres produits d’ agriculture, en'créant partout des écoles élémentaifes de dessin , de chimie et de mathématiques. ' .