CHAPITRE VI ADDITIONNEL
fort au-dessous d’elles un jour, lorsqu’il s’agira de , vider les querelles dans* les combats : c’est de la science" militaire que dépend presque exclusive- . ment la destinée d'un Etat.; il est temps encore pouj' l’Espagne d’y penser mûrement. (') ^
' Une telle négligence doit noqs étonner d’autant p\,us de la part de Charles III,' qu’il niit un ’ soin tout particulier à créer ou protéger lés établissemens qui pouvaient former des ofTiciers in- • .struits dans l’infanterie, la cavalerie, -'l’artillerie ^t le génie. 11 .y eut à cet égard sous son règne une heureuse révolution, f æs écoles mibtaireç du port Sainte-Marie pour -l’infanterie, «que dirigea .Tvec tant de succès le brave et vértuemt général • don Gouzalo Ofarril, .sous les ordres du comte d’X^Keilly ; celle d’Ocàüa pou iv la .cavalerie, à laquelle présidait le général Ricardos ; et celle de .Ségovie pour l’artillerie, repeuplèrent l’armée de sujets distingués. Ea haute noblesse reprit le goût des i^nics , qu’elle ayait presque , entièrement perdu sous les derniei"s.rois de la dynastie autri-.
■j(‘ ) Un officier-géii^i'al insistait auprès <te Chartes iV* |Mur réunir quelques réginicns et leur appi'eiidre la nouvelle lactique Uiilitaire introduite dans les années, eit Europe, pe.iidant lu révolution franeaise. Ne me f/arlez pm , répondit le TOI, (le réunions ti<f troupes. 1,1 se pouvait que cette réunion eût alors quelques, inionvénicns ; mai,s inalhéur au j^ays qoi nlî{;lif;è en teitrps de paix l’art de la" guerre, lorsqu’il se tronvc' surtout <laiis le voisinage de.s nations puissanicA et guerrières. . ^
*56 CHARLES ni, .
chienne ; et I on peut affirmer que si d’aussi exeellens élémens de prospérité militaire eussent été mis en jeu- par une administration plus prévoyante, et surtout moins déconsidérée que celle de Charles IV, on aurait pu obtenir d’autrej résultats 'dans les guerres auxquelles l’Espagne prit „ . part sous ce monarque. ^
, . Parmi les écoles militaires que nous venons de
^ nommer, celle de Ségovie pour l’artillerie eut une protection spéciale à raison de son importance. Un habile Italien, le comte, de Gazola, qui avait suivi Charles III en Espagne lorsque ce prince y vint prendre possession de la couronne, s’appliqua-,' avec tout son talent et de toutes ses forces, à régénérer l’artillerie espagnole. Le réglement de 1762, qui fjjt son ouvrage, Jréa • ■ quatre départeraens'.d’artillerié ; savoir, à Barcelonne, à Valence, à Séville et à la Corôgne. Quatre bataillons dé sept compagnies, y eompns , , deux de mineurs , y avaient été organisés à l’jnstar de ceux d’infanterie. Le collège d’artillerie de Segovie fut'Fonde en 1 764 , pour procurer aux élèves. desUnes a cette "branche du service mili- ■ taire une instruction générale' et complète dans tontes les' sciences dont les- connaissances sont indispensables pour une des parties les plus essentielles du .^ystènae militaire moderne. Des sujets d un g,rand mérite, soit dans la carrière des armes,
soit dans d autres branches de radmini.slralion ,
CUAPlTRlù' Vt^ADDlTlONNEL. " I
sont sortis de celteécole célèbre (’). Le cotnle.de .
Gazola^ifiourüt en, 1780; le généré 'comte de . ■ ' Lacy le remplaça dans la direction générale dé * l’artillerie. ;II por’ta^à cent le nombre des élèves -' * < dans le collège de Ségovie. Il créa dans celle ville • ' un cinquième département d’artillerie et un cin- '
quième bataillon :,on lui dut surtout la formation d’une école pratique des miriez j dès Jeux d’ artifice et â!attaque et défense des places , établissement de la plus'h^ute importance pour l’application des principes théoriques aux travaux dé la guerre. / - • , . ' . '
Les fotîderies de canons avaient été à peu près inconnues en Espagne sous les rois dé la mai^n . . ' , d’Autriche. Autrefois les canons et les munitions de guerre venaient de l’étranger. Le docteur \
Francisco Villabolos,* médecin de Charles V, écrivait' en i 554 > ^u moment où l’on se prépa-
'(*) Çarmi' les profésseiirs qui ont travailld avec gloire
dans cet important établissement, on doit nommer Guiaiinihi , membre de l’Institut de Bologne, coimu par son ouvrage, écrit en latin , sitr les Secdons coniqdes., et un Traité , '
sur l’Électricité , sans parler d’un Cou/'-y de Mathématiques '■ qrfil rédigea a Ségovie, ouvrage qui a obtenu l’estime générale ; le père Eximeno; savant Jésuite qui passa en Italie après, l’expulsion de ^on, ordre du territoire ,dt l'Espagne , et qui publia des écrits remarquables ; Vimercarti , qui fut plus tard nommé directeur de J’Académie des gardés marines' au Ferrol, oi il publia Un excellent Traité sur t' As trfmomie, • ■ • .
|l38 CHARLtS m, •-
rait“ k 1* guerre, qu’il fallait faire venir de la Flandre le bois pour l’artillerie ,et 1# poudre; mais que pour les travailler il fallait prendre des eharpentiei^ italîens, ainsi que les fusils et autres usiensiles de guerre fabriqués dans ce pays. Ce ne fut qu’en ryig qu’on commença à établir à Barcelonneles premiers magasins de machines de guerre (‘). Cette négligence de la part dhin moiiîlrque guerrier, tel que Charles-Quint , a quelque chose de singulier à une.époque où une foule d’autres manufactures se trouvaient dans une grande prospérité en Espagne. Sous le règne pacifique de Ferdinand VI, les établisse'mens .de guerre avaient peu prospéré. I^e corpte de Cazola prit àstàche d’amélioter les arsenaux d’Espagne. Sur sa proposition, le roi demanda un fondeur h la co.ur de France, et on lui eiiVdya Maritz ; alors de grand.schangemen.s eurent lieu dans les fonderies espagnoles. Il y introdui.sit la méthode de couler les canons en plein, et de le§ faire forer après l’envie Kii suscita des contrariétés ; quelques mau- ,vais succès donnèrent des aj’mes à la malveillance. Il eut le tort inexcu.sable de faire couler une grande quantité de cuivre du Mexique, avant de s’être assuré que ce métal eût la solidité /«- Presque tous les canons succoml)ènjnt aux
éj[)reuves qu’on leur fit subir ; ceq)endant ^ mé- ■ '■ •
( ') iVl., tic Labordc.
CpAPITBfi VI ADDITIONNEL. • > ÎÎQ '
thode res^a, et il rendit par, 1^ un service signalé à l’artillerie eiîpagnole. . ■
, Outre la gros^ artillerie, on établit plusieui^ autres fonderies. . 1 ...^
. L’Espagne, .qui possède plusieurs mines de cuivre, notamment celle de Rio-^Tinto, en profita pour Jes canons d’artillerie. On en fabriqua aussi avec des -cuivres .venus des . Indes • espagnoles. Ceux du Mexique et du Pérou étaient raffinés et employés dans les fonderies de Barcelonne et de* Séville. Les canons qu’on y coule contiennent deux tiers de cuivre du -Mexique sur ni^de celui du Pérou. ■ , ,
, La Biscaye et les .Asturies fournirent le fer nécessairé-à l’artillerie espagjiolè. Ces canons faits de' ce métal sônt coulés à Lierganes et à là Gibada. Avant la guerre contre la république française ôn préparait des munitions .de fer coulé dans les forges d^gnrél de la'Muga.* Les Français les délruLsire^ : on les. a établies depuis la paix dans dés lieux moins rapprochés de la frontière. On créa au.ssi une' fabrique d’armes à feii à Oviedo-: les. fabriques de.fu.sils sont à Placencia “et à Rlpoll. On connaît la fabrique d’armes blanches de l’blède-
Le salpêtre , et par conséquent la poudre , sônt ahondans-en Espagne, et d’une qualité supérieure ; un eu a établi -plusieurs fabriques.
Nous ne.ponvons pas.ser sous silence d’aulws
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améliorations essentielles' pour la milice : telle est, parexemple, l’institution créée par Charles 1 11 eh. i 76 i> elle'est digne de servir de raodèlfe. On voit que je veux parler du Mont-de~Piété , sur lequel on fait aux veuves des officier^ une pension proportionnée aux grades de leurs maris. La pension est de dix-huit mille réaux pour les veuves de capital nes-géhéraux , de douze mille pour celles ' des lieutenans-généraux, etc., jusqu’aux veuves des plus simples ofiieiefs. Divers fonds.sont affectés à cette caisse ; cette iijstitution a siitgulicrçment encouragé les mariages des militaires. * •
Une autre maxime de Charles III éfaij^ de ne conférer qu’aux' itiilitaires les décorations -des quatre ordres militaires, SainlXJacqiîes, Alcantara , Montesa et Calatrava'; se dis|>eusant par là de Créer lin ordre de -chevalierie spécialement affecté à la récoinpense des oflSeiers. La circon- • ■ stance 'd’être chevalier' 'des ordres militaires n’entraînait pas la défense d’^tenir l’ordre de Charles UI, que ce'mouarque créa pour récompenser indistincteriienfc le ^mérite civil ‘et militaire. . , ' ' '• •
Des améliorations, non moins importantes que dans l’armée, eurent lieu dans là marine.'
1 Charles III la trouva dans tm état imparfait, quoique Ferdinand VI l’eût moins négligée que.
, les autres ^branches de l’administration ,^et que ^ .son ministre,'’ le marquis de la Jüusouada, passe
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