‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 54 sur 113 · CHAPITRE Vil AODITIONNEL. ^ * I · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil AODITIONNEL. ^ * I

liers , ou les soins du gouvernement I procurerait des fonds à cés précieux établissemens. * ^ , Quoique l’industrie eût pris quelque essor sous Philippe V, et surtout pendant le règne de Ferdinand VI, le goùt*de la nation y était peu porté. Les Espagnols, après tant d’années d’isolement, et ayant peu de.communication avec l’étranger,

^ contipuèrent à être servilement attachés aux anciens procédés, sans vouloir croire que l’on pût mieux faire dans d’autres contrées. « Nous ne voulons pas voir, disait Ulloa dans son ouvwge intitulé Rétablissement des manufactures et du commerce J que si de semblables procèdes ont réussi dans un autre temps, c’est que la position relative des nations était- différente; puisqu’elles les ont changés , nous devions les changer aussi comme elles, suivredeur mouvement, opposer nos efforts aux leurs, créer industrie contré ' industrie ; s«ns cela nous ne pourrions qu’élre victimes dedeur politique. » Les divers gouvernemens quieæayèrent de vaincre cet attachement opiniâtre 4>es ||^pagnols à l’ancienne rontiiïe, jugèrent avec raison que le moyen le plus sûr de les dptromper serait de leur mettre devant les yeux les différentes manières de fabrication mo-i •• deme, et d’établir des manufactures qui seraient d’abord montées et entretenues aux frais du gouvernenaent. Charïes TU suivit ce.’méme système. Presque toutes les entreprises industrielles de

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1^ CHARLES m. '

quelque impartaucei , qui eurent Ueu sous sou règne , fureqt faites aux frais du gouvernement. L’amour de l’industrie fie répandit plus généralement parmi les particuliers lors de. la création des sociétés économiques ; jalouses d atteindre le but de leur institution, celui d’occuper la classe peu aisée, elles ont établi partout des écoles et

des ateliers. • - •

D’un^âûtre côté; le gouvernement favorisa de tous ses moyens l’industrie nationale par sçs décrets relatifs -à la • prohibition des inanufac-^ turcs étrangères ; mallièûreusement une foule dWacles politiques, ou économiques, ayant empêché la stricte exécution de ces ordres, les résultats qu’on était'en droit d’attendre d’un aussi puissant véhicule furent peu considérables. - Un des plus grands obstacles aux doubles progrès de l’industrie et du commerce, venait du m*ique de- communications, intérieures; cette cause était surtout nuisible à l’approvisionnement des provinces. Le transport dû blé était difficile, même aux provinces voÿnes : On avait fait, à la vérité, des efforts dans les premières î-années du règne deT.harles pour obvier à cet inconvénient , par la construction de routes; mais tout s’était borné à de faibles essais , aussi facilement abandonnés qu’ils avaient été légèrement conçus, Op alloua, pour la* première fois , un fonds spécial pour cet objet , en 1 760 ; c était

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un impôt sur le sel; mais sous les administrations de Gnmaldi et de Squilace, ces travaux importans furent tantôt poursuivis avec zèle et régularité, tantôt complètement abandonnés. T.orsque Florida-Blanca en fut chargé, ils reçurent une forte impulsion de l’activité qui le caractérisait ; '

le fonds fut augmenté avec le produit des postés et avec d’autres ressources; la description détaillée qu il en fait dans son compte rendu offrant le tableau de prompts résultats obtenus dans 'un pays où les routes et les défilés avaient été jusqu’alors la têrreur de.s voyageurs , et dans lequel la circulation intérieure s’était trouvée si corn- ' promise , nous y renvoyons le lecteur.

On s’occupa avec non moins de sollicitude de.s' moyens de communication par eau . Le canal d’Aragon, tracé et commencé sous le règne de Gharfes !•%* dans le bu t de rendre les eaux de l’Èbre utiles ' ’ a la navigation, est un ouvrage qui rappelle le grandiose de ceux des Romains ; il est destiné au double objet du transport et de l’irrigation ; et, au moyen d’une communication par terre à travers les montagnes de la Biscaye, il s’agissait d’en établir une entre la Méditerranée et l’Atlantique I il était déjà conduit de Tudela jusqu’au bas de Saragosse; et quoique le projet primitif soit encore loin d’être exécuté, 'il a déjà produit les effets les plus salutaires sur le commerce et * l’agriculture de l’ Aragon. Par la facilité d’opérer

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l’irrigation, plus de cent mille acres ont été mises en culture. Les terres que l’on vendait auparavant 7 piastres l’acre , en coûtent maintenant a5o, et le pays arrosé par le canal a gagné beaucoup, non seulement pour la vue, mais pour la valeur réelle. Dans les années de disette, lorsque la Castille est affligée par la famine, on tire beaucoup de bled de l’ Aragon, qui, dans les- temps anciens , produisait à peine pour suffire h sa propre consommation. Le surintendant principal de cet ouvrage important était don Ramon Pignatelli, chanoine de Saragosse, qui s’en occupa avec un zèle et un désintéressement singulier.

Le canal d’Aragon fournit de l’eau pour l’irrigation de trente mille caizadas; et depuis la Navarre jusqifà Saragosse , il répand ses bienfaits sur vingt villages et deux mille deux cent quatre-vingt-déux habitans. (‘)

Sous Charles 111 , on travailla aussi au canal de Campos; et la somme de 3,336,88g réaux, qui lui ét,aient affectés annuellement , y fut employée.

On commença çnsuite le canal de Guadarrama , destiné à conduire l’eau, de Torrelodones?, bourg S cinq beues de Madrid, jusqu à Aranjuez, Plus laid les travaux furent abandonnés par suite des dégâts qu’éprouva un des bassins. ,

XJn des établisSemens que Florida-Blanca vante comme un des expédiens Ips plus heureiw auxquels (') M. CiWGA. AncDKi.tr-s, Diccionario de Hacienda.’

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il tut Recours claA les embarras de son adminisü-ation, fut la baitt[ue de Sàiiit-Charles. On peut voir, dans son compte rendu, l’histoire de sa for* inalion. Nous n’eiltrcrons pas dans l’examen des avantiiges du moment que le gouvernement tira de cette banque?; on peutaffirmer toutefois qu’elle était' une conception vicieuse. La banque de Saint- Charles, disiitavéc raison Mirabeau, dansunécrit dont on défendit l’entrée en Espagne sous peine de mort, n’est point un établissement sim pie comme la banque d’Angleterre, moins encqi’e comme la caisse d’es(?ompte de Pari#, ou celle d’Amsterdam, qui ne fait que recevoir et payer pour le compte des parÿculiecs; c’est une compagnie de commerce, exposée, comme déraison, à toutes les chances, à tous les dangers qui accompagnent les opérations commerciales; elle est fondée sur des privilèges, et favorise par conséquent le monopole; l’approvisionnement de l’armée et de la marine, l’extraction des piastres, le paiement des obligations du gouvernement à l’étranger, sOnt Sutànt de privilèges. Mirabeau prévoyait Surtout le.s plus grands dangers pour la banque de sa dépendance'du gouvernement. Ija création des billets de l’État, leur emploi, la fidélité de leur remboursement ne dépendent pas de la banque ; ellen’estpoinfappeléeau conseil du prince, disait-il, dont les résolutions font naître les besoins de l’État, et par conséquent l’emploi du

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revenu du royaume relatiVerrtfent ad remboursement de ses dettes. Ainsi on ne saurait voir une mesure salutaire dans l’établissement de cette banque. Il eût été aisé au gouvernement de se procurer, au moyen d’emprunts, les sommes dont il peut avoir besoin , et il eût ainsi maintenu son crédit, qui ne consiste en définitive que dans la ^ fidélité à remplir ses engagemeds, et dans ses ressources pour se libérer.. Un gouvernement au.ssi probe que celui de Charles HI n’aurait'pii rnanqüer de^trouver des prêteurs.

• Cependant , à ne considérer la création de la banque de Saint-Charles que- comme une mesure improyivsée dans des circon^ances difiiciles, on aurait mauvaise grâce de vouloir lui appliq*uer la rigueur de ces raisounemens. D’un autre côté, maigre les vices de sa conception, elle servit puissamment la cause du commerce, en’ ce que les idées financières et commerciales furent répandues a cette occasion en Espagne. Sous ce rapport, Cabarrus-, qui fut le véritable improvisateur de la banque, fit beaucoup de bien en évèillant 1 espj’it des Espagnols , et en le dirigeant vers les théories du crédit et les sciences économiques; tant il est vrai qu’il n’y a pas de mesure, quelque vicieuse’ qu’elle .soit , qui ne puisse produire un résultat avantageux. Toutefois les prédictions de Mirabeau et d’autres prevoyans financiers sur les dangers que courait la banque, parsadépen-

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