‹ L'Espagne Sous les Rois de la Maison de BourbonChapitre 71 sur 113 · CHAPITRE |X ADDITIONNEL · texte numérisé non relu

CHAPITRE |X ADDITIONNEL

lièrent à tenter des réformes et des améliorations utiles. ' • '

11 ‘serait trop long d’énumérer ici les nombreux écrits de Campomanes sur l administration , car il faudrait alors parcourir en détail •. tous les rapports qu’il a faits sur des matières économiques, lorsqu’il éta\X, fiscal de Castille. Ses mémoires sont tous plus ou moins empreints d’un vrai talent , et annoncent les plus vastes connaissances. Nous ferons mention seulement de ceux de ses ouvrages qui méritent le plus de fixer l’attention par leur importance.

Son Traité sur la Regalia de la Amortizacien ( le droit de la couronne de disposer des biens de main-morte^ parut en ^765. L’auteur cbçrclie à y démontrer , par l’histoire de l’Église depuis la naissance du Christianisme , que dans tous les pays catholiques , l’autorité civile a- usé de ce droit, j>our empêcher ^aliénation des biens im^ meubles, en -faveur des églises, .communautés, et autres possesseurs -de biens main-mortables ; les lois fondamentales de la monarchie espagnole sur cette matière, à commencer |pâf celles des Goths, ainsi que les diverses modifications qu’elles ont éprouvées succe^ivemênt jusqu’à nos jours, fournissent au savant économiste dè^ nouvelles preuves pour justifievj ses assertions. Campomanes sentit bien que pour établir un.

principe de droit public il ne suffit ps toujours

ao6 ■ ' CHARLES III.

d’une évidence qui n’est que spéculative. Tous - les esprits ne sont pas à même de saisir les rapports qui existent entre les choses, la vérité" leur échappe : il arrive aussi parfois que l’on cherche à l’éviter. Le moyen de conviction le plus efficace, comme le plus à portée de toutes les intelligences, ce .sont les faits consacrés par l’histoire. Ce fut donc ce moyen de persuasion que Campomanes adopta dans le Traité dont il s’agit : la tradition, la discipline ecclésiastique, l’histoire civile d’Espagne et des nations étrangères, lui fournirent des argumens irrésistibles sur le droit de l’autorité publique de disposer des biens affectés aux églises., aux communautés, etc., soit pour les besoins de l’Etat , .soit pour ‘doter d’autres établissemens d’une utilité plus marquée. Si cettè question , approfondie maintenant, pouvait encore être' obscurcie de nouveau par' les calculs de l’intéi;pt privé, l’ouvrage*du magistrat espagnol suffirait pour la placer dans • son .véritable jouf, tant il est riçhe de docume^s authentiques tant il abonde en considérations lümineuses et démonstratives. Le service qu’il réndit'à l’Etat par la publication dé ce Traité, (ut. un des plus.importans par ses conséquences. La niain-moite avait été jusque-là le fléau destructeur de l’agriculture espagnole : Gampomanes .en expose avec lucidité tous les inconvéniens; IjB chapitre aa est consacré à démontrer ceux

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