‹ L'Espagne. Souvenirs de 1823 et de 1833. Par M. Adolphe de BourgoingChapitre 11 sur 58 · EL PALACIO-REA.L. LAKMERIA · texte numérisé non relu

EL PALACIO-REA.L. LAKMERIA

« monde envahi par la corruption de la vieille « Europe; c'est lor qui récompense et qui coru rompt; c'est une révolution dans les esprits, « un progrès dans les lumières, le culte du vrai « Dieu remplaçant les sacrifices humains , un tf peuple de sauvages massacré par des Européens « cupides , une histoire fabuleuse que cette con- « quête faite par d'audacieux Espagnols, décile més par un climat insalubre , par des fatigues « inouïes, et guidés, dominés par un homme « qui eut a lutter comme Annibal , contre rince gratitude de sa patrie, qu'il venait d'enrichir « de trésors inépuisables.

« Comme cette épée si simple , sans orne- «ment, battait sur le flanc de son généreux « coursier, lorsque le héros, à la tête de ses « quatorze cavaliers , s'élançait , monstre in- « connu , centaure d'Europe , sur ces peuplades « auxquelles il apparaissait comme un dieu ven- « geur, annoncé par les prophéties qui prédi- « saient la chute de Montézuma ! comme sa « bonne lame de Tolède , si brillante encore ,

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« étincelait à sa main , lorsqu'il guidait ses hardis « compagnons sur }es phalanges si nombreuse* « des Mexicains ! Cortez arriva à Madrid, mandé « par les courtisans de Charles-Quint, pour venir « y rendre compte de sa conduite; Cortez, in- « quiété par des intrigues de cour , inconnu u dans ces salons du Buen-Retiro, au milieu de (( ces seigneurs flamands venus à la suite du « nouveau roi, lui Cortez , vice-roi du Mexique, « dont J'épée seule est une des gloires de l'Es- « pagne, dédaigné, méprisé par ces hommes qui « n'auraient pu le suivre au milieu des Rangers « surhumains qui augmentaient le prix de sa « conquête I

a Un jour Cortez , humilié , traversait silen- « cieusement la Plaza-Mayor ; une foule nom- « breuse se pressait devant une voiture : c'était « celle d'un illustre prisonnier. François I er ar- « rivait à Madrid pour £tre enfermé à l'Alcazar. « Ces deux grands hommes étaient dans la capi- « taie de l'Espagne à la même époque. — L'un, « dit Maurice, plus humilié d'une défaite à la

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(( cour que l'autre* des disgrâces de la guerre. (( Ces deux héros pouvaient se comprendre :

a si François I er eût été le souverain de Cortez , « le vainqueur de Montézuma ne fût point mort

« de chagrin 7 délaissé , méprisé par le froid et

« égoïste Charles-Quint. »

L'armure de Cortez est là , complète , avec sa selle et l'équipement de son cheval. Hernand avait une grande âme dans un petit corps ; sa cuirasse en bois , bardée de cuivre ciselé , est celle d'un homme au-dessous d'une taille moyenne.

Ici , l'épée de Pizarre, soldat de fortune, dont la grossièreté faisait contraste avec les manières élégantes de Cortez : Pizarre , homme brave ,

qui ternit sa gloire par une cruauté inouïe en-

vers le peuple pacifique du Pérou èt la race

débonnaire des In cas.

« Celle du grand capitaine, dont la mémoire « est si chère aux Espagnols , Gonzalve, chanté « dans nos romances nationales. » L'épée du grand capitaine est comme celle de tous ces vail-

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