‹ L'espèce humaineChapitre 24 sur 160 · TERS · texte numérisé non relu

TERS

Insulaires de Schiffer Insulaires de Tongatubon

On voit à quels étranges rapprochements, à quel singulier mélange conduit la considération de la taille. Les nombres qui

représentent la capacité du crâne, les indices céphaliques, le poids du cerveau distribués de même en série font ressortir Je même résultat, comme on le verra plus loin.

Il faut remarquer en outre que les moyennes sont en trèsgrande majorité dans ce tableau. Or, on voit que les écarts entre ces moyennes sont moindres que les écarts entre le maximum et le minimum d'une même race, si bien que des races parfois très-éloignées viennent s'intercaler entre eux.

Et maintenant que l'on compare par la pensée, non plus ces groupes, mais les individus qui les composent. N'est-il pas évident que, si on les rangeait par rang de taille, on passerait de l'un à l'autre avec des différences moindres d'un millimètre et n'est-il pas évident aussi que la confusion deviendrait encore bien plus grande qu'elle ne le paraît dans le tableau?

Eh bien, je le demande à quiconque s'est quelque peu occupé de zoologie et de zootechnie, est-ce dans un ensemble d'espèces que les affinités les plus évidentes seraient rompues par Tappiication de ce procédé? N'est-ce pas au contraire dans les ensembles de races qu'on retrouve des faits tout pareils, comme chez le chien par exemple où le grand dogue et le doguin, le lévrier de Saintonge et la levrette de salon, le grand-et le petit danois se trouveraient également séparés les uns des autres par une foule d'autres races, si on ne tenait compte que de la taille.

L'entrecroisement et la fusion des caractères si marqués entre groupes humains sont inexplicables si on considère ces groupes comme des espèces, à moins d'admettre que les rapports morphologiques entre ces espèces humaines sont d'une nature tout autre que celle des rapports établis entre les espèces animales. Mais cette hypothèse fait de l'homme une exception. Nous avons donc le droit de la regarder comme fausse.

Au contraire si l'on ne voit dans ces groupes que des i^aces d'une seule espèce^ tous ces faits d'entrecroisement, de fusion, concordent avec ce que nous montrent les animaux et font rentrer l'homme dans les lois générales. C'est donc là qu'est la vérité.

Ainsi sans sortir des considérations morphologiques^ qui répondent à la notion de ressemblance contenue dans la définition de l'espèce, nous serions en droit de conclure en faveur du monogénisme. Mais, pour confirmer ce résultat et arriver à la certitude, il faut recourir à d'autres faits, répondant à \di' notion de filiation, et chercher ce que nous apprend la physiologie dans les phénomènes de la génération.

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