CHAPITRE VI
entrecroisement et fusion des caractères dans les races animales; application a L^HOMME.
Sans même quitter le terrain de la morphologie, on peat déjà montrer de quel côté se trouve le plus de probabilité d'être dans le vrai.
On sait que tous les naturalistes regardent comme apparte^ nant à la même espèce tout ensemble d'individus passant de Tua à Tautre par nuances insensibles, quelque différents que soient les extrêmes. Toutes les grandes collections publicpies Teœrférment des exemples de ce fait.
A plus forte raison concluent-ils de même lorsqu'il y a entre croisement de caractères. Cet entrecroisement existe lorsqu'un caractère très-tranché et de nature à paraître exclusif se retrouve dans un ou plusieurs individus fort différents sou» lés autres rapports et appartenant incontestablement à des coupes bien distincts. 11 y a encore entrecroisement lorsque le imème caractère varie de manière à ce que, considéré isoleraient, il conduirait à fractionner un groupe naturel et à en <lisB6miE^ les fractions dans des groupes très-différents.
Eh bien, aucune espèce animale ne présente à un plus haut degré que l'homme , ces diverses particularités essentiellemeni morphologiques. Lorsqu'on étudie avec quelque détail les groupes humains, la difficulté n'est pas de trouver les ressemblances, mais bien de préciser les différences. Plus on y regarde de près plus on voit celles-ci s'effacer et disparaître. On comprend alors ce que les voyageurs les plus dignes de foi comme d'Abbadie nous disent des contrées où vivent à côté l'un de l'autre le Nègre et le Blanc. Dans leurs extrêmes ces deux types sont certes bien distincts. Mais en Abyssinie, par exemple, où ils se sont rencontrés et mêlés depuis longtemps, ce ne sont plus ni le teint, ni les traits, ni la chevelure qui caractérisent le Nègre; c'est uniquement la saillie exagérée du talon. Mais à son tour ce carao-