X. — L'espèce est donc une réalité
Eh bien, prenons un de ces ensembles d'individus plus ou moins semblables, mais toujours capables de contracter entre eux des unions fécondes ; avec M. Ghevreul remontons par la pensée jusqu'à son origine. Nous le verrons se décomposer en familles dont chacune provient médiatement ou immédiatement d'un père et d'une mère ; à chaque génération nous verrons décroître le nombre de ces familles ; et, remontant toujours plus haut, nous arriverons à trouver pour terme initial une paire primitive unique.
En a-tru été réellement ainsi ? N'y a-t-il eu en efi'et au début pour chaque espèce qu'une seule et unique paire ? Ou bien plusieurs paires, entièrement semblables morphologiquement et physiologiquement, ontrclles apparu simultanément ou successivement? — Ce sont là des questions de fait que la science ne peut ni ne doit aborder, car ni l'expérience ni l'observation ne lui apportent la moindre donnée pour les résoudre.
Mais ce que la science peut afQrmer, c'est que les choses sont comme si chaque espèce avait eu pour point de départ une paire primitive unique.