ORIGINE DE L*ESPÈGE HUMAINE. — HYPOTHÈSES DIVERSES
I. — Le chapitre précédent pourrait me dispenser de parler des applications qu'on a faites du darwinisme à l'histoire de rhpmme. Toutefois, à part ce que le sujet a par lui-même de curieux, il est utile d'en dire quelques mots, car là aussi on trouve des enseignements.
Lamarck avait cherché à montrer comment, en vertu de sa théorie de l'habitude, on pouvait concevoir la transformation directe du chimpanzé en homme. Les darwinistes ne vont pas jusque là. Ils s'accordent il est vrai pour rattacher l'homme aux singes ; mais pourtant aucun d'eux ne nous donne pour ancêtre immédiat une des espèces actuellement existantes. Sans doute on pourrait croire que Vogt s'est arrêté à cette donnée, si Ton prenait à la lettre quelques passages de ses Leçons sur rhomme. Mais le savant genevois a nettement exprimé sa pensée dans son Mémoire sur les microcéphales. C'est à un ancêtre antérieur^ qu'il reporte le point de départ commun des deux types. Darwin, Wallace, Filippi, Lubbock, Haeckel, etc., rapprochent davan-, tage l'homme et les singes. Le dernier formule ses conclusions dans les termes suivants : « Le genre humain est un ramuscule du groupe des catarrhiniens; il s'est développé dans l'ancien monde et provient de singes de ce groupe depuis longtemps éteints. i>
II. — Vogt se sépare de ses coreligionnaires scientifiques sur un point important. Il admet que diverses souches simiennes ont dû donner naissance aux divers groupes humains. Les populations de l'ancien et du nouveau monoe seraient ainsi descendues de formes différentes propres aux deux continents. — Dans cette hypothèse, l'Australie, la Polynésie où il n'y a jamais eu de singes, auraient dû se peupler par voie de migration.
L'éminent professeur de Genève s'est d'ailleurs toujours borné à indiquer d'une manière assez vague ses conceptions relative-