DOCTRINES SCIENTIFIQUES ET DOGMES RELIGIEUX
Ces hommes ne poavaient qu*être applaudis. Ils parlaient au Qom de la science seule ; ils répondaient par là à des aspirations parfaitement justifiées en pareille matière ; ils apportaient des théories séduisantes par leur ampleur, par la précision apparente des explications. Ils devaient, par conséquent, entraîner même les hommes de science qui n'allaient pas au fond des choses ; à plus forte raison la foule, qui ne demande qu'à croire sur parole.
La nature des résistances qu'ils ont parfois rencontrées devait ajouter à l'éclat de ce triomphe. Des hommes aussi imprudents qpe mal inspirés les ont attaqués au nom du dogme. La discussion scientifique a dégénéré en controverse ; les esprits se sont exaltés ; dans les deux camps on s'est cru obligé de nier tout ce qu'affirmaient les adversaires; on a fait assaut de violence, et les savants, qui prétendaient parler au nom de la libre pensée, ne se sont pas montrés les moins intolérants.
11 est permis de rappeler aux uns le procès de Galilée, aux autres les théories de Voltaire niant l'existence des fossiles.
D'autres hommes ont résisté à l'entraînement du jour; ils «ont restés fidèles à la méthode, mère de la science moderne; ils ont soigneusement conservé l'héritage de savoir sérieux et précis, légué par les siècles passés. On n'a pas pour cela le droit de les accuser de routine, de voir en eux des esprits rétrogrades. Autant que les plus fougueux partisans des doctrines soi-disant avancées, ils ont applaudi à tout progrès véritable ; ils ont accueilli avec autant de faveur des conceptions nouvelles, à la condition pour elles de reposer sur l'expérience et l'observation. Mais lorsqu'on leur a posé des questions aujourd'hui insolubles et qui le seront peut-être à jamais, ils n'ont pas hésité à répondre : — Nous ne savons pas ; — lorsqu'on a voulu leur imposer des doctrines purement métaphysiques , ils ont protesté au nom de l'expérience et de l'observation.
J*ose dire que je suis toujours resté dans les rangs de cette phalange à laquelle, en définitive, appartient l'avenir. Voilà pourquoi à ceux qui m'interrogent sur le problème de nos origines, je n'hésite pas à répondre au nom de la science : — Je