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Gravitation. •- Ethérodynamie. — Vie. ^ Ame «ni»
maie. •> Ame humaine.
Ainsi, dans le règne humain, nous trouvons à côté des phéno^ mènes qui le caractérisent ceux que nous avons rencontrés dans tous les règnes inférieurs. Nous ne pouvons par conséquent que reconnaître comme agissant en lui toutes les farces, toutes les causes inconnues auxquelles nous avons attribué ces phénomènes. A ce point de vue, l'homme mérite le nom de microcosme qu'on lui a quelquefois donné.
Nous avons vu dans le règne végétal les forces bmtes fonctionner pour ainsi dire sous le contrôle de la vie, laquelle nous a montré plus tard dans Tanimal des signes incontestables de sa subordination à Tâme animale. A son tour, celle<ei nous apparaît comme placée dans les mêmes conditions vis-à-vis de l'âme humaine. Dans les actes humains les plus caractéristiques, Tintelligence joue presque toujours le rôle le plus apparent au point de vue de l'exécution; mais elle est manifestement dirigée par Tâmc humaine. Toute législation a la prétention de reposer uniquement sur la morale, sur la justice qui n*est qu'une forme de la première ; dans le passé, dans le présent nous voyons des constitutions civiles se confondre avec le code religieux ; la cause immédiate des croisades, celle de l'expansion des Arabes et des conquêtes de l'Islam a été la ferveur religieuse. Certes le vrai législateur, le grand capitaine sont nécessairement des hommes d'une haute intelligence; mais n'est-il pas évident que, dans les cas dont je parle, cette intelligence a été mise au service de la moralité, de la religiosité et par conséquent de la cause inconnue à laquelle l'homme doit ces facultés ?
Mais quelque prépondérant que soit le rôle dévolu à ce^ cause dans les actes exclusivement humains, elle n'est pour rien dans les phénomènes qui relèvent de l'intelligence seule. Le mathématicien de génie, qui poursuit la solution d'un problème transcendant à l'aide des abstractions les plus profondies, est complètement en dehors de la sphère morale ou religieuse, dans laquelle rentre au contraire l'homme ignorant et simple d'es^ prit, qui lutte, souffre, meurt pour la justice ou pour sa foi.
IX. — Il était nécessaire de rappeler l'ensemble de fSetits et d'idées que je viens de résumer pour faire comprendre et powr justifier la méthode qui seule peut nous guider dans les études anthropologiques.
L'anthropologie a pour but l'étude de l'homme considéré comme espèce. Elle abandonne Wndioidu matéiielk la physiologie,
RÉGNE HUHAIIf td
à la médecine, Vindividu tnteUectuel et moral à la philosophie, à la théologie. Elle a donc son champ d'étude propre; et, par cela même, ses questions spéciales qu*on ne saurait souvent résoudre par des procédés empruntés aux sciences voisines.
qui
êtres vivants. Par cela même qu'ils présentent une certaine obscurité chez lliomme, ce n'est pas en lui qu'on peut chercher les moyens de s'éclairer, car il devient pour ainsi dire l'inconnue du problème. Croire résoudre ce problème par l'étude de l'homme qui le pose, serait agir comme le mathématicien qui représenterait la valeur de x en fonction de cette x elle-même.
Que fait le mathématicien ? Il cherche dans les données du problème un certain nombre de quantités connues équivalentes à fa quantité inconnue; et c'est à l'aide de ces quantités qu'il détermine la valeur de x.
L'anthropologiste doit agir comme lui. Mais ob. ira-t-il cher^ cher les quantités connues qui lui permettront d'étabUr son équation ?
La réponse à cette question se trouve dans ce que nous avons dit plus haut et dans le tableau des règnes. Pour avoir ses phénomènes propres et exclusivement humains, l'homme n'en est pas moins avant tout un être organisé et vivant. A ce titre il est le siège de phénomènes communs aux animaux et aux végétaux ; il est assujetti aux mêmes lois. Par son organisation physique, il n'est pas autre chose qu'un animal, quelque peu supérieur à certains égards aux espèces les plus élevées, leur inférieur sous d'autres rapports. A ce titre il présente des phénomènes organiques et physiologiques identiques à ceux des animaux en général, des mammifères en particulier, et les lois qui régissent ces phénomènes sont les mêmes chez eux et chez lui.
Or les végétaux et les animaux ont été étudiés depuis bien plus longtemps ^ue l'homme ; ils l'ont été à des points de vue exclusivement scientifiques et sans aucune trace des préoccupations ou des partis pris que nous verrons trop souvent intervenir dans l'étude de l'homme. Sans avoir pénétré à beaucoup près tous les secrets de la vie animale ou végétale, la science est arrivée sur ce point à un certain nombre de résultats précis, incontestables, constituant un fond de connaissances positives, un point de départ assuré. — C'est là que l'anthropologiste doit aller chercher les quantités connues dont il peut avoir besoin.
Toutes les fois qu'U y a doute au sujet de la nature ou de la signification d'un phénomène observé chez l'homme, il faut examiner chez les animaux, chez les végétaux eux-mêmes, les phénomènes correspondants ; il faut les comparer avec ce qui se passe chez nous et accepter comme démontrés les résultats de cette comparaison. Ce qui aura été reconnu vrai pour les autres êtres organisés ne peut qu'être vrai pour l'homme.
Cette méthode eat incontestahlement scientifique. Elle n'est autre que celle dea physiologistes modernes qui, ne pouvant faire des expériences sur les hommes, en font sur les animaux et concluent cfe ceux-ci à ceux-là. Toutefois, le physiologiste ne s'occupe que de Vindividu et par cela même il n interroge guère que les groupes les plus rapprochés par leur organisation de I être dont il veut éclairer l'histoire. L anthropologiste au contraire étudie l'espèce. Les questions qui s'imposent à lui sont beaucoup plus générales ; voilà pourquoi il est forcé de s'adresser aux plantes aussi bien qu'aux animaux.
Cette méthode porte avec elle son critérium; elle permet de contrôler les réponses diverses faites souvent à une même question. Le moyen d'appréciation est simple et d'une application &cile.
En anthropologie, toute solution pour être bonne, c'est-à-dire vraie, doit ramener l'homme, pour tout ce qui n'est pasexclusiyement humain, aux lois générales reconnues chez les autres êtres organisés et vivants.
Toute solution qui fait ou qui tend à faire de l'homme une exception, à le représenter comme échappant aux lois qui régissent les autres êtres organisés et vivants est mauvaise; elle est fausse.
En raisonnant, en concluant ainsi, nous restons encore fidèles aux méthodes mathématiques. Pour être reconnue juste, la solution d'un problème donné doit s'accorder avec les axiomes admis, avec les vérités précédemment démontrées; toute hypothèse conduisant à des conséquences en désaccord avec cei axiomes ou ces vérités est par cela même déclarée fausse. En anthropologie, l'axiome, la vérité servant de critérium, c'est l'identité fondamentale physique et physiologique de l'homme avec les autres êtres vivants, avec les animaux, avec les mammifères. Toute hypothèse en désaccord avec cette véritA doit être rejetée.
Telles sont les règlt's absolues qui m'ont constamment guidé dans mes études anthropologiques. Je n'ai pas la prétenlion de les avoir inventées. Je n'ai guère fait que formuler ce qu'ont
Élus ou moins explicitement admis Linné, BulToo, ^ "" lumenbach, CuWer, les deux Geoffroy Saint-H" Mumboldt... Mais, d'une part mes illustres prédéc ment été suffisamment précis à ce sujet et C Bous-entendu les motifs de leurs détcn; ces principes ont éti' ol sont journetlei par des hommes qui jouissent d'ailieura autorité. Ayant à les combattre, ; ^ notions générales qui servent de BcientiHques. Le lecteur pourra ' de ce désaccord.