CHAPITRE XVI
nONS PAR TERRE ; — EXODE DES EALMOUKS DU VOLGA.
in point où nous sommes parvenus, la filiation des faits rs conséquences pose un nouveau problème. La physious a démontré qu'il n'existe qu'une espèce d'homme groupes humains sont les races. La géographie zoologi- 3 a appris que cette espèce avait été primitivement canlans un espace relativement très-restreint. Puisque nous is aujourd'hui partout, c'est qu'elle s'est répandue en t en tout sens à partir de ce centre. Le peuplement du '* migrations est la conséquence forcée de ce qui précède, olygénistes, les partisans de l'autocthonie des peuples iaré ces migrations impossibles pour un certain nombre L ont présenté cette impossibilité prétendue comme une 1 à la doctrine que je défends. Ici encore c'est par des î je répondrai.
J'avoue n'avoir jamais compris qu'on ait attribué quelur à cet argument. Les migrations se montrent à peu tout dans l'histoire, dans les traditions et les légendes eau comme de l'ancien monde. Nous les constatons chez les les plus civilisés de nos jours et chez les tribus encore aux plus bas échelons de la vie sauvage. A mesure que inaissances grandissent et dans quelques sens qu'elles nt, elles nous font de plus en plus connaître les instincts irs de l'homme. La paléontologie humaine, l'archéologie irique ajoutent chaque jour leurs témoignages à ceux nces historiques, juger que par cette sorte de renseignements, le peuple-
ment du globe entier par voie de migrations, de colonisation^ apparaît comme plus que probable. L'immobilité primordiale et ininterrompue d'une race humaine quelconque gérait un fait en désaccord avec toutes les analogies. Sans doute, une fois constituée, elle laissera en place, à moins d'événements exceptionnelSt un nombre plus ou moins considérable et d'ordinaire la trèsgrande majorité de ses représentants ; mais, à coup sûr, dans le cours des âges elle aura essaimé.
III. — Les partisans de Tautochthonie insistent d'une manière spéciale sur deux ordres de considérations tirées les unes de l'étai social des peuples dans l'enfance et dépourvus des moyens d'action que nous possédons, les autres des obstacles qu'une nature jusque-là indomptée devait opposer à leur marche.
La première objection repose évidemment sur une appréciation inexacte des aptitudes et des tendances développées chei l'homme par ses divers genres de vie. L'imperfection même dfl l'état social, loin d'arrêter la dissémination de l'espèce humaine, ne pouvait que la favoriser. Les peuples cultivateurs sont forcément sédentaires; les pasteurs, moins attachés au sol, ont besoin de rencontrer des conditions spéciales. Les chasseurs au contraire, entraînés par leur genre de vie, par les nécessités quïl impose et les instincts qu'U développe ne peuvent que se disséminer en tout sens. Il leur faut pour vivre de vastes espaces; dès que les populations s'accroissent, même dans d'assez faibles proportions, elles sont forcées de se séparer ou de s'entre-détruire, comme le montre si bien l'histoire des Peaux-Rouges. Les pe«H pies chasseurs ou pasteurs sont donc seuls propres aux grandes et lointaines migrations. Les peuples cultivateurs seront plutôt colonisateurs.
L'histoire classique elle-même confirme de tout point cei inductions théoriques. On sait ce qu'étaient les envahisseurs di monde romain, les destructeurs du Bas-Empire, les conquérants arabes. Le même fait s'est produit au Mexique. Les Ghichimèques représentent ici les Goths et les Vandales de l'anciei monde. Si l'Asie a tant de fois débordé sur l'Europe, si le nord américain a envoyé tant de hordes dévastatrices dans les régions plus méridionales, c'est que dans ces deux contrées l'homott était resté barbare ou sauvage.
IV. — Les obstacles naturels étaient-ils vraiment infranchissables pour les populations dénuées de nos moyens perfectionnés de locomotion ? Cette question doit être examinée à deux points de vue, selon qu'il s'agit de migrations par terre ou par mer.
Le premier cas nous arrêtera peu. On a vraiment trop tt^ géré la faiblesse de l'homme et la puissance des bardèftf que pouvaient lui opposer les accidents du terrain, la végétation ou les faunes. L'homme a toujours su vaincre les bétfls féroces ; dès les temps quaternaires il mangeait le rhinocéros. Il n'a jamais été arrêté par les montagnes lors même qu'il traînait à sa suite ce qui pouvait rendre le passage le plus dif*