INFLUENGR IHJ. MILIEU ET DE LA RACE
I. — L'espèce humaine, partie d'un centre d'apparition unique, est aujourd'ilui partout. Dans leurs innombrables voyages , ses représentants ont rencontré les climats les plus di- -vers, les milieux les plus opposés et occupent aussi bien les régions du pôle que celles: de l'équateur. Il a donc fallu qu'elle
Sossédât les aptitudes nécessaires pour se plier à toutes les conitions d'existence naturelles ; en d'autres termes, qu'elle fût capable de s*acclimater et de se neutraliser là où nous la rencontrons.
La possibilité pour l'homme de vivre et de prospérer dans des régions autres que celles où ont vécu ses pères a été niée d'une manière plus ou moins absolue par la plupart des polygénistes. Sans aller aussi loin, certains monogénistes ont admis qu'une race humsdae, constituée dans un milieu donné, y était pour ainsi dire emprisonnée et ne pouvait en changer sans périr. D'autres écrivains ont soutenu des opinions absolument contraires et ont admis qu un groupe humain quelconque pouvait s'acclimater d'emblée n'importé où.
Il y a des exagérations et des erreurs dans toutes ces doctrines extrêmes.
II. — En dépit des assertions de Knox, le Français vit parfaitement en Corse, à la condition d'éviter les marais du versant oriental inhabitables pour les insulaires eux-mêmes; à la suite dé la révocation de l'édit de Nantes, les fugitifs de la Provence. et du Liuigaedoc. fondèrent des villages dans la vallée du Danube, .donnant ainsi d'avance un démenli à l'une des assertions:
du docteur anglais; les races anglaises et françaises transportées aux Etats-Unis et au Canada, n'ont pas dégénéré, quoi qu'en ait dit le même auteur. Pour s'être modifiés parfois df'une manière assez marquée, comme nous le verrons plus tard, les sqmtters yankees et les coureurs de bois canadiens, ne sont certainement pas inférieurs aux premiers colons qui vinrent planter les drapeaux de l'Europe au milieu des Peaux-Rouges.
Knox et les anthropologistes qui se rattachent à lui de près ou de loin, attribuent à l'émigration seule le maintien et l'accroissement des populations blanches en Amérique et ailleurs. A les en croire, l'Européen, transporté hors de sa patrie, perd, au bout de Quelques générations, la faculté de se reproduire. Si le courant numain qui se dirige d'Europe vers les colonies venait à s'arrêter, on verrait, disent-ils, la population décroître rapidement; et, les races locales reprenant le dessus, les États- Unis reviendraient aux Peaux-Rouges, le Mexique aux petitsfils de Montézuma.
Quelques chiffres répondront aisément à ces assertions. Je les emprunterai à l'histoire des races françaises qui, depuis le traité de Paris de 1763, n'ont que bien peu contribué directement au peuplement du Canada. On comptait dans cette contrée :
En 1814, 275 000 habitants d'origine française. En 1851, 695 945 —
En 1861, 1,037 770 —
Dans l'Etat d'Ottawa, on comptait :
En 1851, population totale. 15 000
— française. 5 000 En 1863, population totale. 25 000
— française. 15 000
L'histoire des Acadiens fournit des chiffres tout aussi rassurants. Des renseignements recueillis par M. Rameau il résulte que cette population descendait tout entière de 47 familles, représentant 400 âmes , en 1671 . En 1753 , elle comptait 18 000 âmes. Dispersée et chassée par les Anglais, elle fut réduite au chiffre de 8 000 seulement. En 1861, elle était remontée à celui de 95 000 âmes.
Si l'on calcule, d après les nombres précédents, l'accroissement annuel des populations françaises en Amérique, on trouve des chiffres égaux ou supérieurs à ceux que fournissent en Europe les populations les plus favorisées. On voit que la racc française ne présente aucun symptôme de disparition, dans 1^ pays même choisi comme exemple par Knox.
Sans entrer dans autant de détails, rappelons que des Frai^' çais vivent et se sont propagés à Constance, non loin du Cap depuis la révocation de Tédit de Nantes ; que cette même régioa reçu des colonies hollandaises, dont les descendants, 1^ BoerS| ont émigré et forment aujourd'hui la république d