I. — L'homme tertiaire ne nous est eoimu que par quelques
faibles trace» de son industrie. Nous ne savons rien de lui-même.
À. diverses reprises on a cru avoir renccmtré quelques partks de
son squelette en France, en Sui^e, et surtout en Italie* Mais
toujours une étude plus attentive a forcé de reporter à des épo-
qœs relativement très-récentes les débris humains regardés un
iMyoïent eeonme tertiaires.
I& en est ajutrement de Thomme quaternaire. Noos avons sur <9ein-ei des renseignements plus nombreux, plus précis que snr bien de» races actuelles. Les grottes qu'H a habitées, celles oà il a enseveli ses Baorts, les alluvions formées par les fleuves <ini ont roulé ses cadavres nous ont conservé de nombreux Ottement»» Une quarantaine de localitéâF dispersées dans l'Elurope entière^ nais surtout dans la partie occidentale, ont cédé à nos collections près de quarante têtes plus ou moins intactes et de nombreux fragments du crâne ou delà face que la sie&ee a pu utiliser, des os du tronc et de» membres en grande ^antîté it jusqu'à des squelettes entiers. Le spécimen le plus ionaïquable, dégagé de la terre qui le couvrait, mais conservé fi|klaoev a été apporté de Menton par M. Rivière et repose au- JBiirdliuî dan» la galerie suithropologique du Muséum.
TeUe est la masse de faits,^ déjà fort considérable, où nous Vivons pinaé. M* Hamy et moi, pour rédiger la première partie ^ Bo» Crmna^Etàmca, On sait quielle esl, en anthropologie , AaiporlanM de la tète osseuse. A, eiie seole elle £<Mimit les prin- ^ttx âéflieatft de la distinction des races humaines. L'étude «t la comparaison des têtes quaternaires permettent donc d'ar-
river à des notions assez précises sur ces populations antiques, sur les principaux rapports et les différences les plus marquées, qui dès cette époque distinguaient les groupes humains. L'examen des os du tronc et des membres est venu d'ailleurs à Tappui des résultats fournis par celui de la tète. Aussi croyonsnous pouvoir espérer que Vavenir, en complétant notre travail sur bien des points, en le modifîant peut-être sur quelques autres, en en comblant les lacunes, en confirmera du moins toutes lei conclusions essentielles. I
On voit que je parle ici au nom de M. Hamy comme au mien. C'est qu'en effet ce que je vais dire de l'homme fossile est presque le résumé, non-seulement de notre livre, mais encore de bien d'autres études communes, de bien des causeries. En réa- < lité, il est de mon collaborateur autant que de moi.
II. — Rappelons d'abord brièvement dans quel milieu ont vécu les races humaines fossiles.
L'époque auaternaire ou glaciaire faisait à l'homme de doies conditions d existence. Ce qui existait alors de l'Europe était entouré de tout côté par la mer et subissait les conséquences d'un chmat insulaire, c'est-à-dire très-humide et à température assez uniforme, mais refroidi, en grande partie du moins, par les glaces du pôle arrivant jusque dans notre voisinage. Des pluies torrentielles, fréquentes en toutes saisons, se changeaient en chute de neige sur les hauteurs et entretenaient les vastes glaciers dont on retrouve les traces autour de toutes nos chaînes de montagnes. D'immenses cours d'eau creusaient les vallées sur ce^ tains points, et étendaient sur d'autres d'épaisses couches d'alluvions. Cette terre noyée et tourmentée nourrissait une faune comprenant, à côté des espèces animales actuelles, des espèces dont une partie a disparu, dont une autre partie a émigré au loin. C'était d'une part le mammout {elephaspnmigentus), le rhinocéros à narines cloisonnées (rhinocéros tichorhinm) , le cerf dlrlande {megaceros hibe^mtcus), 1 ours des cavernes {ursus spelœusV l'hyène des cavernes [hyena spelœa) , Iç tigre des cavernes (fehs spehea), le cheval [equus caballus) ; d'autre part le renne {cervus tarons dus), l'élan Jcervus alces), le bœuf musqué {ovibos moschatia), l'aurochs {bison europeus), l'hippopotame (hippopotamus amphi* bùis), le lion {felis ko spelœa).
Tous ces animaux ont vécu à côté les uns des autres pendant une grande partie des temps quaternaires. Plus tard on les voit successivement s'éteindre ou s'éloigner. Au début de la période actuelle, la France, qui les avait tous possédés, ne gardait plo' que le cheval ; encore faut-il admettre avec M. Toussaint que no* bêtes de somme ou de trait descendent de l'espèce fossile, opi* nion que sont loin de partager tous les paléontologistes. It^ marauons en passant que la même incertitude existe au sujot de l'hyène tacnetée et de l'ours gris, regardés par quelque* paléontologistes comme des races remontant aux espèces des cavernes.