RACE DE CRCHMA6N0N — ANIMAUX DOMESTIQUES
VIII. — L'histoire de la race de Cro-Magnon, fondée sur tes restes d'industrie qu'elle nous a légués, présente encore bien des questions résolues en sens divers par les savants les plus «spéciaux. Je me borne à les indiquer sommairement.
Entourées d'espèces animales qui nous sont aujourd'hui soumises, les tribus quaternaires se sont-elles bornées à les chasser? Le cheval, le renne, n'ont-ils jamais été domestiqués par elles?
M, Toussaint a répondu affirmativement pour le premier, M. Gervais pour le «eoond. Les uns et les autres expliquent «Bsi l'accumulation parfois prodigieuse des ossements de ces animaux. A Solutré, une espèce de brèche osseuse presque exclusivement formée d'os de cheval, entoure pour ainsi dire l'espace occupé par les foyers et les sépultures. Elle renferme te restes d'au moins quarante mille chevaux, parmi lesquels on ne rencontre qu'exceptionnellement soit des poulains, soit de TPieilles bétes. L'immense majorité a été abattue de quatre à f fcttit ans. Aux yeux de M. Toussaint, cette accumulation étrange I de débris provenant d'une seule espèce, le choix d'animaux ? dstts la force de l-âge sont inexplicables si l'on n'admet pas : l'existence de grands troupeaux où l'homme puisait à volonté. 1«8 arguments invoqués en faveur de la domestication du renne «tttà peu près de même nature. Toutefois M. Piette admet que <îelui-ci, longtemps chassé à l'état sauvage, a été domestiqué •eulcment vers la fin -^s temps quaternaires. Son opinion repose wrla proportion d'os de rennes qui grandit presque subitement dans les couches supérieures de la grotte de Gourdan. M. Piette en appelle aussi à certaines gravures montrant des rennes qui portent au cou l'apparence d'un Hcol.
A ces raisons qui ne manquent évidemment pas de valeur, on ïépond que l'homme a pu fort bien apprivoiser quelques individoB sans pour cela domestiquer l'espèce; que la multiplication, i^itilisation de certains gibiers sous l'empire des conditions générales et mieux comprises, rendent facilement compte de la préférence qu'on leur accorde à certains moments ; qu'un chasaeor expérimenté choisit sans peine dans un troupeau l'animal
S'il veut abattre* On explique ainsi sans trop de peine tous les ts invoqués par MM. Toussaint, Gervais, Piette, dans nos contrées. Quant aux pays situés plus au nord, les faits recueillis par M. Fraas dans les grottes de la Souabe, et ses recherches linguistiques semblent venir à l'appui des opinions de ces savants. On voit que le problème de la domestication du cheval et du reone par l'homme quaternaire demande encore de nouvelles éludes et peut prendre un caractère tout local.
J'en dirai à peu près autant de l'organisation sociale. A coup
iùr les tribus de la Madeleine, de Bniniquel, devaient recon-
oaltre des chcfe, «t c'est pour eux sans doute que l'on sculptait
ees poignards en ivoire de mammout dont j'ai |)arlé plus haut.
C'étaient évidemment des armes de parade. Mais en était-il dA
Si4 RAGES HUMAINES FOSSILES
même partout? Existait-il, même parmi eux, une véri hiérarcnie dont chaque grade était reconnaissable à cer insignes ? On a cru trouver la preuve de ces faits dans de grs pièces en bois de renne présentant un type assez unifo volontairement amincies et habituellement décorées ave soin tout particulier. Tantôt elles sont entières, tantôt vers de leurs extrémités elles sont percées de un à quatre gi trous ronds, qui parfois entament le dessin primitivement t Ces singuliers objets ne sont certainement pas des armes y a vu des bâtons de commandement, et cette interprétation p plausible. Toutefois n*est-on pas allé un peu loin en regai le nombre des trous comme indiquant la dignité du posses en admettant par conséquent que ces tribus reconnaissaien chefs de cinq grades distincts?
L'homme quaternaire dont nous parlons croyait-il à une vie ? Avait-il une religion ?
La réponse à la première de ces questions ne peut être, teuse. Le soin donné aux sépultures atteste que les chas de Menton, comme ceux de Solutré et de Cro-Magnon, saient que leurs morts auraient des besoins au-delà de la to Ce que nous savons de tant de peuples sauvages de Tépoqu tuelie ne permet pas d'interpréter autrement l'ensevelisse avec le corps, des vivres, des armes, des objets de pa placés à côté du défunt.
Le problème de la religion est plus difficile à résoudre, bien probable que l'homme de cet âge avait des croyances ou moins semblables à celles que nous savons exister ch<
Seuples menant à peu près le même genre de vie. Il est dii e ne pas voir de véritables amulettes dans un grand nomb petits objets, tous percés de manière à pouvoir être port cou, et sans doute les troglodytes de la Vézère ou des Pyr< leur attribuaient des vertus analogues à celles que leur pr encore aujourd'hui bien des tribus sauvages. M. Piette a d vert qu'une de ces amulettes consiste en une plaque pero centre d'où partent des rayons divergents ; il a trouvé un blême analogue répété trois fois sur un bâton de commande^ 11 admet que ce sont autant d'images du soleil, et j'accepi assez volontiers cette interprétation. Mais ne dépasse-t-i les limites d'une induction légitime, lorsqu'il conclut de c que l'homrae de Gourdan adorait cet astre et avait inver meu solaire, qui aurait été retrouvé plus tard par les Egyi et les Gaulois ?
IX. — En résumé la race de Cro-Magnon était belle et i ligente. Dans l'ensemble de son développement, elle me se présenter de grandes analogies avec la race Algonquine , que la font connaître les premiers voyageurs et surtoi missionnaires ayant vécu longtemps parmi ces Peaux-Ro Elle en avait sans doute les qualités et les défauts. Des s violentes se passaient sur les bords de la Yézère; nous en i