‹ L'espèce humaineChapitre 78 sur 160 · SURVIVANTS DE L'ÉPOQUE QUATERNAIRE · texte numérisé non relu

SURVIVANTS DE L'ÉPOQUE QUATERNAIRE

ibne sont que la répétition, dans Tespèce humaine, de ce qui a déjà été constaté chez les animaux. Depuis longtemps, Lartet a montré qu'à la fin de Tàge quaternaire et pendant que les espèces propres à cet âge achevaient de disparaître, les survivantes se partagèrent en trois groupes. Les unes restèrent sur place; d'autres émigrèrent au nord, d'autres au midi. Peut-être ces dernières ne firent-elles que persister en Afrique, d'où elles nous avaient envoyé leurs représentants, et où nous les retrouvons encore, tandis que leurs colonies, un moment florissantes chez nous, périssaient sous l'influence des hivers de l'âge actuel. Au reste, comme l'on explique l'ancien mélange des faunes et l'espèce de départ qui en a amené la séparation, il n'y a rien de surprenant à voir les populations humaines présenter un fait analogue.

Pendant l'époque quaternaire, la race de Gro-Magnon avait en Europe son principal centre de population dans le sud-ouest de la France. Le petit bassin de la Vézère était, pour ainsi dire, sa capitale; ses colonies s'étendaient jusqu'en Italie, dans le nord de notre pays, dans la vallée de la Meuse, etc., où elles se juxtaposaient à d'autres races dont il sera bientôt question. Mais peut-être elle-même n'était-elle qu'un rameau de population aMcaine émigré chez nous avec les hyènes, le lion, l'hippopotame, etc. En ce cas il serait tout simple qu'elle se retrouvât de nos jours, dans le nord-ouest de l'Afrique et dans les îles où die était plus à l'abri du croisement. Une partie de ses tribus, lancée à la poursuite du renne, aura conservé, dans les Alpes Scandinaves, la haute taille, les cheveux noirs et le teint brun qui distinguent les Dalécarliens des populations voisines; les autres, mêlées à toutes les races qui ont successivement envahi notre sol, ne manifesteraient plus leur ancienne existence que par des phénomènes d'atavisme, imprimant à quelques individus le cachet des antiques chasseurs du Périgord.

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