‹ L'espèce humaineChapitre 8 sur 160 · II. — Constatons d'abord llmportance de la question. Elle · texte numérisé non relu

II. — Constatons d'abord llmportance de la question. Elle

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échappe à bien des esprits, et je l'ai entendu mettre en doute même par des hommes qui se livraient avec ardeur aux études anthropologiques. Il est pourtant facile de s'en rendre compte.

Si les groupes humains ont apparu avec tous leurs caractères distinctifs isolément et sur les divers points où nous les montra la géographie, s'ils remontent à des souches originairement distinctes et constituent autant d'espèces spéciales, leur étude est des plus simples ; elle ne présente pas plus de difficulté que celle des espèces animales ou végétales. La diversité des groupes n'a rien que de très-naturel. Il suffit de les examiner et de les décrire 1 une après l'autre, en précisant leur degré à' affinité. Tout au plus y a-t-il à déterminer leurs limites et à rechercher l'influence que les groupes géographiquement rapprochés ont pu exercer les uns sur les autres.

Si au contraire ces groupes remontent tous à une souche primitive commune, s'il n'existe quune seule espèce d'hommes, les différences parfois si tranchées qui séparent les groupes nous posent un problème analogue à celui de nos races animales et végétales. En outre, on trouve des hommes sur tous les points du globe et il faut se rendre compte de cette dispersion ; il faut rechercher comment la même espèce a pu se faire à des conditions d'existence aussi opposées que celles qu'entraîne l'habitat sous le pôle et sous l'équateur. Enfin, la simple affinité des naturalistes se transforme en parenté; et les problèmes de filiation viennent s'ajouter à ceux de variation^ de migration et d'acclimatation.

On voit qu'indépendamment de toute considération religieuse, philosophique ou sociale, la science est absolument différente selon qu'on la considère du point de vue polygéniste ou d'après les données du monogénisme.

III. — Si la première de ces doctrines compte un si grand nombre d'adhérents, la raison en est sans doute en grande partie dans les causes indiquées plus haut. Mais sa simpUcité séduisante, la faciUté qu'elle semble apporter dans l'interprétation des faits y sont aussi pour beaucoup. Malheureusement ces avantages ne sont qu'apparents. Le polygénisme dissimule ou nie les difficultés ; il ne les supprime pas. Elles se révèlent à l'improviste comme des écueils sous-marins à quiconque cherche à aller quelque peu au fond des choses.

Il en est de cette doctrine comme des systèmes de classification jadis employés en zoologie et en botanique et qui reposaient sur un petit nombre de données arbitraires. Us étaient fort commodes sans doute, mais avaient le tort grave de conduire fatalement à l'erreur en brisant des rapports vrais , en imposant des rapprochements faux.

Le monogénisme agit comme la méthode naturelle. Celle-ci met le zoologiste, le botaniste en face de chaque problème et leur en montre toutes les faces. Elle fait ainsi ressortir souvent rinsuffisance du savoir actuel ; mais par cela même elle détruit les illusions et empêche de croire expliqué ce qui ne l'est pas.

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