‹ L'espèce humaineChapitre 83 sur 160 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX

rapparition des traits qui caractérisent lès races. L'étude des actions de milieu donne parfois à ce sujet de précieuses indications. L'évolution de l'être humain depuis son apparition à l'état d'embryon jusqu'à l'état adulte fournit surtout des données d'un haut intérêt. Un simple arrêt, un léger excès dans les phénomènes évolutifs sont, me parait-il, la cause des principales différences qui séparent les races et en particulier les deux extrêmes, le Nègre et le Blanc.

Je sais bien que l'on a voulu remonter plus haut. Sous l'influence plus ou moins ressentie des doctrines transformistes, e'est chez les animaux et surtout chez les singes que l'on va trop souvent chercher des termes de comparaison, quand il s'agit d'apprécier ces différences. Des hommes éminents, sans même adopter ces doctrines, emploient fréquemment les expressions de caractère simien^ caractère d'animalité. Pourquoi oublier l'embryon, le fœtus humains? Pourquoi ne pas se souvenir même de l'enfant? Qu'on interroge leur histoire. Elle fournit tous les éléments d'une théorie évolutive humaine bien plus précise à coup 8Ûr et plus vraie que la théorie simienne. C'est encore là un ré-

distinguent les races et quelle que soit l'origine qu' puisse leur attribuer, je ne prendrai le mot de caractère que dans l'acception qu'on lui donne en botanique et en zoologie.

m. — Une espèce animale n'est pas caractérisée seulement par le? particularités qu'offre son organisme physique. Nul ne fera lliistoire des abeilles ou des fourmis sans parler de leurs instincts, sans montrer en quoi ils diffèrent d'une espèce à l'autre. A plus forte raison dans l'histoire des races humednes doit-on âpialer ce qu'elles ont de caractéristique dans leurs manifestations intellectuelles, morales et religieuses. Bien entendu qu'en abordant cet ordre de faits, l'anthropologiste n'en doit pas moins rester exclusivement naturaliste.

Cette considération bien simple suffit pour déterminer la valeur relative qu'on doit attribuer en anthropologie aux caractères de divers ordres. Ici comme en botanique et en zoologie, c'est aux plus persistants que revient le premier rang. Or, un l^mme, une tnbu, une population entière peuvent changer en {Qelques années d'état social, de langue, de religion, etc. Ils ne ûodiBent pas pour cela leurs caractères physiques extérieurs ou tnatomiques. C'est donc à ces derniers que l'anthropologiste attachera le plus d'importance, contrairement à ce que feraient ^ coup sûr le linguiste, le philosophe et le théologien.

Nous verrons toutefois que, dans quelques cas très-rares, les «uractères linguistiques l'emportent sur les caractères physiques, 'li ce sens qu'ils fournissent des indications plus [frappantes au ^jet de certaines affinités ethniques.

(iOnsîdéré au point de vue physique, l'homme présente des ^•ractères que l'on peut rapporter â quatre catégories dis-

tinctes, savoir : Des caractères extérieurs, des caractères anatomiques, des caractères physiologiques, des caractères pathologiques.

IV. — Caractères extérieurs. — Tcdlk. — Tous les élfrveurs regardent la taille comme un caractère de race quand il s'agit d'animaux. Elle est aussi un des traits qui frappent le plus vivement chez Thomme. Ce caractère se montre parfois comme étant bien évidemment sous la dépendance des conditions d'existence. Une nourriture abondante et saine grandit rapidement nos animaux domestiques. Il a suffi d'abriter et d'alimenter avec quelque soin les juments de la Camargue pour relever la taille de cette excellente race chevaline. Chez 1 homme, M. Durand (de Gros), confirmant une observation déjà due à Ed. Lartet, a constaté que, dans l'Aveyron, les populations de» cantons calcaires l'emportent sensiblement par la taille sur ceUea des cantons granitiques ou schisteux. Il ajoute avec le D'Âlbespy, que le chaulage des terres dans les portions non calcaires de ce territoire a relevé la taille moyenne de deux, trois et même quatre centimètres dans les terrains les plus anciennement chaulés.

Mais d'autre part, il est incontestable que des races de taille fort difl'érente vivent côte à côte sans qu'il soit possible jusonli d'indiquer la cause de cette diversité. Les Nègres nains Akkas et Obongos semblent placés dans des conditions entièrement semblables à celles que subissent les tribus voisines, bien supé* rieures par la taille.

J'ai donné plus haut 163 tailles de races humaines. J'ai insisté suffisamment sur les conséquences qui en ressortent an

S oint de vue de la série et de l'entrecroisement des caractèreslais on peut tirer de ces chifires quelques autres résultats qui ne sont pas sans intérêt.

La moyenne générale donnée par ces nombres serait da 1",635. Je la regarde comme un peu trop forte, les mesares faisant défaut plutôt pour les petites races que pour les granto- Elle ne saurait toutefois s'écarter beaucoup de la vérité et on peut l'accepter provisoirement.

On voit sur le tableau que les Roumains et les Magyars repr^ senteraient à ce point de vue précisément la moyenne de ux^ manité.

Les oscillations des tailles moyennes au-dessus et au-dessous^J^ cette moyenne générale s'élèvent pour les Patagons à + 0»,115, pour les Boschismans à — O^jâfio. Les oscillations individuelle» sont de + 0"^,295 pour l'indigène de Tongatabou, et de — 0"»,49S ou — 0^,635 pour les Boschismans.

Qn voit sur le tableau que les oscillations au-dessous de 1* moyenne générale sont moins nombreuses que les oscillations au-dessus. Ce résultat peut tenir au fait que j'indiquais toute l'heure. Toutefois il me paraît probable que le nombre des races à taille plus élevée que la moyenne l'emporte sur cela

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