CARACTÈRES EXTÉRIEURS — TAILLE, PROPORTIONS
•des races à taille inférieure. La différence de nombre est compensée par rétendue plus que double des oscillations en moins. Entre la moyenne la plus élevée observée chez les Patagons •du Sud et la moyenne la plus basse trouvée chez les Boschismans, on constate une différence de 0",654. La différence entre indiiddus serait de O^jOSO. Mais je crois devoir l'abaisser à 0",790 «1 adoptant pour minimum la taille de 1"»,14 donnée par Barrow comme étant celle d'une Boschismane qui avait eu plusieurs enfants. Nous avons ainsi la certitude de ne pas prendre un ea» de nanisme tératologique pour un état normal possible. Les voyageurs n'ont qu'assez rarement mesuré isolément les hommes et les femmes. En réunissant les données de cette nature que j'ai pu me procurer, on trouve que la différence moyenne epire les deux sexes est de G™, 141 et le rapport moyen de 0,973, la femme étant partout moins grande que l'homme. €hez les Lapons, selon Gapel Brooke et Campbell, la différence moyenne s'élève à 0'",278 ; en Autriche, elle descendrait selon liharzik à 0«»,037.
y. — Proportions du corps et des membres. — Dans toutes nos races d'animaux domestiques, le développement relatif des diverses parties du corps, les proportions, ont une valeur caractéristique égale et souvent supérieure à celle de la taille. Personne ne songera à séparer le plus grand lévrier de la levrette. Dne saurait en être entièrement de même pour l'homme. Chez ranimai, les races sont façonnées par une sélection plus ou moins éclairée, et dans des buts déterminés. Les proportions des iliTerses régions du corps acquièrent ainsi une fixité, qui ne saurait se rencontrer dans les races humaines par suite de l'absence de sélection.
Cette variabilité se constate même lorsqull s'agit des rapports fes plus simples et oue l'on pourrait croire fondamentaux. Tel <tet le rapport de la nauteur de la tète à la hauteur totale. Gerdy, ^ s'est occupé d'une manière spéciale de cette question, a vu la taille des Français être rarement au-dessus de 7| têtes, le plus souvent d'un peu plus de 8 tètes, et quelquefois de 9. L'idéal artistique n'est pas plus fixe que la réalité, en dépit des règles mathématiques proposées depuis Vitruve jusqu'à Liarzick et Silberman. Le tableau dressé par Audran montre la variation, ^ant de 7^ têtes (ie Terme égyptien) à 7îJ (l'Hercule Faraèse). Entre ces deux extrêmes, la différence est précisément -d'une demi-tête. Les peintres ont pris encore plus de liberté. ftaphaël n'a donné que 6 têtes à quelques-uns de ses personnages, Michel-Ange leur en accorde huit et plus.
L'Apollon pythien (7J-; têtes), le Laocoon (7^- têtes) n'en sont pas moins des chefs - d'œuvre et nous admirons justement à i*égal l'un de l'autre les deux grands maîtres italiens. C'est que pas plus que chez les autres êtres organisés, l'organisme chez l'homme n'est soumis à des lois absolues, à uii développement rigoureusement déterminé.
Sans doute on a constaté entre certaines races humaines des différences de proportions généralement assez tranchées pour servir de caractère. Mais il arrive assez souvent que chez quelques individus Tordre de ces différences est interverti. C'est encore là un exemple d'entrecroisement.
Ainsi le Nègre africain a en moyenne le membre supérieur, de l'épaule au poignet, relativement plus long que le Blanc européen, et nous reviendrons plus loin sur ce point. Pourtant des mesures de Quételet il résulte qu'un Nègre, bien connu dans les ateliers où il servait de modèle, avait les bras plus courts que les soldats et un modèle belges pris pour termes de comparaison.
Au reste les nombres trouvés par Quételet placent dans l'ordre suivant les individus sur lesqnels ont porté ses observatioijs ; 1° moyenne de dix soldats belges ; 2° un chef Ojibbeway ; 3" un modèle belge et un Cafre Zoulou ; 4» un Gafre Amaponda ; 5* le modèle nègre ; 6° trois jeunes Ojibbeways ; 7° Cantfield, Hercule des États-Unis. L'entrecroisement apparaît encore ici d'une manière bien marquée, et c'est dans la race blanche que le savant bruxellois a rencontré les deux extrêmes.
Dans la caractéristique générale des races nègres, on voit souvent figurer à la fois le peu de développement et la position relativement trop élevée du mollet. Je ne connais pas de renseignements précis sur le dernier de ces caractères. Quant au premier, il a été présenté comme trop général. Ce sont deux Noirs, le Cafre Amaponda et le modèle nègre qui dans les tableaux de Quételet présentent le maximum (0",410) et le minimum (0'",328) de développement de cette partie. Us sont séparés l'ua de l'autre par les Belges, les Ojibbeways et Cantfield.
En somme, des moyennes prises sur les diverses régions du corps donneront sans doute des résultats utiles pour la distinction des races. Mais encore faudra-t-il tenir compte de bien des conditions. Tous les peuples chasseurs, y compris les Australiens, disent les voyageurs qui ont pénétré chez eux, pourraient fournir des modèles à la statuaire, et sont généralement remarquables par la symétrie et la beauté des proportions. A cet égard les populations civilisées, celles de nos grandes villes surtout, présentent une infériorité déplorable. Notre type fondamental est-il donc disgracié à cet égard? Non, certes, irfais la civi-^ lisation elle-même, par les facilités d'existence qu'elle procure, par les vices qu'elle entraîne, par les individus chétifs qu'elle conserve, introduit dans la race des éléments de dégradation. Encore ici apparaît dans tout son plein l'influence du milieu.
VI. — Coloration, — Avec tous les anthropologistes, je reconnais à la couleur de la peau une grande valeur comme caractère. Il ne faut pourtant pas s'en exagérer l'importance. On sait aujourd'hui qu'elle ne résulte pas de l'existence ou de la disparition de couches spéciales. Blanche ou noire, la peau comprend toujours un derme blanc arrosé par de nombreux capillaires, un-