CARACTÈRES EXTÉRIEURS — COLORATION
épidémie plus ou moins transparent et incolore. Entre deux est placé le corps muqueuXy dont le pigment seul en réalité varie selon les races de quantité et de couleur.
Toutes les couleurs oue présente la peau humaine ont deux éléments communs, le blanc du derme et le rouge du sang ; en outre chacune a son élément propre résultant de la coloration da pigment. Les rayons réflécnis par ces divers tissus se fondent en une résultante, qin. produit les teintes spéciales et traversent répiderme. Ce dernier joue le rôle d*un verre dépoli. Plus il est déticat et fin, mieux on perçoit la couleur des parties sous<jacentes.
Cette disposition explique pourquoi chez certaines races colorées, par exemple aux Sandwich, ce sont les classes aisées et vivant à Tabri qui ont souvent le teint le plus foncé. Chez elles le Aa/e masque la coloration pigmentaire, comme il masque chez nous la teinte du derme et de ses vaisseaux.
On comprend aussi, d'après ce qui précède, pourquoi le Blanc est le seul dont on puisse dire qu^il pâlit et rougit. G*est que qne chez lui le pigment laisse apercevoir les moindres différenées dansTafOux du sang sur le derme. Chez le Nègre, comme chez nous, le sang a aussi sa part dans la coloration dont il avive . et modifie la teinte. Quand ce liauide manque, le Nègre devient gris, par la fusion du blanc du derme et du noir du pigment.
Chacun sait, qu'au point de vue de la coloration, les races humaines peuvent être partagées en quatre groupes principaux : les races blanches, les races jaunes, les races noires et les racesrouges. Mais il faudrait se garder d'attacher à ces expressions on sens absolu. Tout groupement de races fondé uniquement sur la couleur romprait des rapports étroits et conduirait à des rapprochements en désaccord évident avec l'ensemble des antres caractères. Ce point de vue systématique n'en fait pas moins ressortir quelques faits généraux intéressants.
Les races à temt blanc présentent assez d'homogénéité. Par l'ensemble de leurs caractères, elles appartiennent presque exclusivement au type qui emprunte son nom à cette sorte de coloration. Il est d ailleurs inutile d'insister sur les différences de teintes que celle-ci présente de la femme anglaise ou allemande des hautes classes au Portugais et surtout à l'Arabe. Toutefois dans les régions boréales et dans le centre de l'Asie, quelques populations, les Tchouktchis par exemple, joaramew^ réunir à un teint blanc certains caractères qui les rattachent aux jaunes.
Chez le Blanc le plus pur, l'épiderme perd aisément sa transparence dès que le teint se fonce. On ne peut alors reconnaître les veines sous-cutanées qu'à leur saillie. Ce n'est que chez les individus à peau très-fine et très-transparente que leur trajet est indiqué parla couleur bleuâtre bien connue. Toutes les fois que ce trait sera signalé chez une population quelconque on peut la rattacher avec certitude au type blanc. Voilà pourquoi je n'a* pas hésité à placer parmi les Allophyles quelques-unes des tribus
les plus sauvages des côtes nord-ouest de rAmérique septentrionale et les Tchouktchis dont jo parlais tout à l'heure.
Les populations à peau noire sont loin d'être aussi homogènes que les précédentes. Tous les hommes noirs ne sont pas des Nègres; ' il en est que l'ensemble des caractères plus importants rattache: forcément au tronc blanc. Tels sont par exemple les Bicharis et autres populations négroïdes des bords de la Mer Rouge, dont la
{)eau est bien plus noire que celle de certains Nègres, mais doni a chevelure et les traits sont parfaitement sémitiques.
Chez les Nègres proprement dits les teintes varient peut-être plus encore que chez le Blanc. Sans aller plus loin que le Caiie on peut voir des individus qui, sans traces de métissage, vont du brun fortement enfumé au noir de charbon. Les Yolofs sont d'un noir bleuté rappelant l'aile du corbeau, et Livingstone parle de quelques tribus du Zambèze comme étant de couleur café ai lait. Mais peut-être le métissage est-il pour quelque chose dan» cette modification extrême du teint.
Les populations à peau jaune présentent des faits analogues aux précédents, mais moins nombreux et moins frappants. Peut-être cette différence tientrelle seulement à la difficulté de saisir les nuances de la couleur fondamentale. Toujours estjl qu'un jaune plus ou moins accusé caractérise également le grand tronc mongolique et la race HouzouanaouBoschismane qu il est impossible de séparer des Nègres. D'autre part cette môme teinte ressort si bien cnez les mulâtres qu'on les désigne souvent souf le nom de jaunes^ par opposition aux Noirs et aux Blancs.
Des quatre couleurs auxquelles on peut ramener le teint des races humaines la moins caractéristique est la rouge. On a voulu on faire l'attribut des Américains. C'est une erreur. D'une part en Amérique les races péruvienne, antisienne, araucanienne... soni d'un brun plus ou moins foncé, les Brasilio-Guaraniens d'une couleur jaunâtre à peine teinté de rouge, etc. D'autre part od a trouvé à Formose une tribu aussi rouge que les Algonquins, et des teints plus ou moins cuivrés se rencontrent chez des populations coréennes, africaines, etc.
La teinte rouge apparaît d'ailleurs par le fait seul du croisement entre races qui ne la possèdent ni l'une ni l'autre. Fit^ Roy nous apprend qu'à la Nouvelle-Zélande elle caractérisa souvent les métis d'Anglais et de Maori. Ce fait même expliqua pourquoi on la rencontre chez plusieurs des populations indiquées plus haut. C'est chez l'homme un de ces faits qui montreï^ comment le métissage peut amener l'apparition de caractère nouveaux.
En somme on voit que la couleur de la peau, tout en fourni^ sant d'excellents caractères secondaires, ne saurait être pri^ pour point de départ d'une classification des races humam^ Pour l'homme comme pour la plante on doit se rappeler Taph^ risme de Linné : « nimium ne crede coiori ».
J'en dirai tout autant et plus encore de la couleur des yea^