CARACTÈRES OSTÉOLOGIQUES — INDICE CÉPHALIQUE
Ces deux tableaux se complètent et se confirment l'un l'autre pour tous les résultats généraux. Les différences secondaires qui les distinguent, tiennent sans doute d'une part au nombre des crânes dont chacun des auteurs a disposés pour obtenir ses naoyennes ; d'autre part à quelque diversité dans remploi de ces matériaux. M. Pruner Bey îa distingué les sexes que M. Broca a réunis ; ce dernier a groupé ensemble les Hottentots et les Boschismans, séparés par M. Pruner, etc.
Du tableau de M. Broca, il résulte que la moyenne de tous ces indices, en laissant de côté les tètes déformées est de 0,78. Au point de vue numérique, ce serait celui de la vraie mésaticéphalie. Le groupe moyen devrait, ce me semble, s'abaisser autant qu'il s'élève, et par conséquent absorber au moins une partie des sous-dolichocéphales de M. Broca. En fait, de l'inspection des deux tableaux, il résulte que les indices au-dessus de 0,74 et au-dessous de 0,79, comprennent le plus grand nombre des races appartenant aux trois types fondamentaux et venant de toutes les parties du monde. La véritable mésaticéphalie me semblerait devoir être comprise entre ces limites. Je ne propose pourtant pas de changer celles qui ont été adoptées.
Ces tableaux prêtent à bien d'autres observations; je me borne à indiquer les principales.
M. Pruner Bey a poussé ses calculs jusqu'aux millièmes, M. Broca jusqu'aux dix-millièmes. Je me suis arrêté aux centièmes, pour que l'œil saisit plus aisément la série formée par ces nombres si importants dans la caractéristique des races. Qu^on veuille bien se rappeler que la plupart sont des moyennes prises sur un certain nombre de crânes. Si l'on avait pour chaque race un nombre suffisant de sujets, et que l'on plaçât en série les indices pris sur chacun d'eux, à coup sûr la distance de l'un à l'autre ne serait plus seulement de 0,01 ; elle descendrait à 0,001 et au-delà. Le passage d'un individu à l'autre par nuances insensibles ne peut ici être mis en doute, pas plus que pour la taiUe.
Il est inutile d'insister longuement sur l'entre-croiseraent, si bien mis en évidence par les deux tableaux. On voit que le même indice place à côté les unes des autres, les races les plus disparates, l'Allemand du sud à côté de l'Annamite, le Breton à côté du Kalmouk, le Belge à côté du Tagal, le Parisien à côté du Malais, lltalien à côté du Maori, etc., et que par leurs indices divers, les races blanches sont dispersées au milieu de presque toutes les races colorées. Je n'ai pas besoin de revenir sur les conséquences à tirer de ces faits, au point de vue de la question du monogénisme.
Les races jaunes et noires sont moins disséminées que les blanches. Les premières sont brachycéphales oumésaticéphales; les secondes sont toutes dolichocéphales à l'exception des Aëtas. J'ai montré que ces derniers appartiennent à un ensemble de pop^ations s 'étendant des lies Andaman et des Philippines,
jusqu'en Mélanésie au détroit de Torrès, pénétrant la Nouvelle- p Guinée et formant au milieu de la population nègre mélané- p Âenne, une branche spéciale.
Quelque chose de pareil parait exister en Afrique. Cette découverte, fort contraire aux idées générales reçues jusqu'ici, te est due à M. Hamy. Cet habile chercheur avait reconnu la bra- p. chycéphalie sur six crânes pris dans les collections de Paris, et a venant tous des environs du Gap Lopez ou des embouchures da Femand Yaz. Plus tard, M. Duchaillu ayant rapporté des mêmes contrées 93 tètes osseuses dont les Anglais firent connaître le» mesures, M. Hamy calcula les indices et trouva que 27 de ce» crânes étaient brachycéphales ou mésaticéphales. Tout indique donc que le tronc nègre présente en Afrique une branche spéciale h correspondant aux Négritos. Ce résultat est confirmé par les h observations de Schweinfurth, qui place les Niams-Niams et quelques tribus voisines parmi les brachycéphales.
On voit que l'indice céphalique horizontal ne saurait servir de point de départ pour une classification des races humaines, comme Tavait cru Retzius. Mais on voit aussi que dans la caraotérisation des groupes secondaires, il conserve toute la valeur que lui attribuait son inventeur.
Les moyennes extrêmes portées sur le tableau de M. Pruner Bey, ont été trouvées dans deux races américaines, les Esquimaux et les habitants des Pampas de Bogota, etc. Quelcfues différences qiii séparent ces races, elles n'appartiennent certainement ni 1 une ni l'autre, soit au tronc blanc soit au tronc nègre. C'est avec le type jaune qu'elles ont le plus d'affinité.
D'une moyenne extrême à l'autre, les indices céphaliques diffèrent de 0,246, selon M. Pruner ; selon M. Broca, de 0,1455 seulement. Cette différence tient surtout à ce que M. Broca rejette comme déformés des crânes (jue M. Pruner semble accepter sans observation. Au reste, les mdices individuels présentent un écart bien plus considérable comme il était aisé de le prévoir. Huxley a fait connaître un Mongol dont l'indice s'élève à 0,977, et un Néo-Zélandais , à coup sûr de souche mélanésienne, chez lequel il descend à 0,629. La différence est donc de 0,348.
Les rapports généraux de longueur et de largeur dans le crâne des races humaines, apparaissent dès la naissance. Toutefois, des recherches de Gratiolet il résulte que la dolichocéphalie tient à un développement relatif des os qui varie avec l'âge. Chez le nouveau-né, elle serait essentiellement occtpttak; temp(h raie dans l'enfant, et frontale chez l'homme adulte. Chez Ift femme, l'élongation du crâne serait essentiellement due à la longueur des temporaux. Sous ce rapport, la femme resterait donc enfant toute sa vie.
Partant de ces premiers résultats, le même observateur * comparé, au même point de vue, les Blancs dolichocéphales a»* Nègres africains et mélanésiens. Il a trouvé que la dolicl^^