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Ce tableau, emprunté à un des apôtres les plus émînents du polygénisme, me semble de nature à faire réfléchir quiconque tient compte des faits.
Nous voyons les Chinois placés par leur capacité crânienne moyenne au-dessous des Polynésiens, des Nègres d'Afrique, des tribus sauvages de TAmérique du Nord. Est-ce vraiment le rang que leur assigne leur civilisation ?
Dans le tableau de Morton, les Nègres créoles d'Amérique tombent au-dessous des Nègres d'Afrique par le développement moindre de la même cavité. Meigs a confirmé ce fait curieux à bien des titres et donne même des nombres plus distants : 80,8 pour les premiers, 83,7 pour les seconds. Pourtant tous les témoignages sont unanimes pour reconnaître que les Nègres nés en Amérique sont intellectuellement supérieurs à leurs frères africains. Nott lui-même convient qu*il en est ainsi. Chez eux donc l'intelligence croit quand la capacité crânienne diminue.
Ce résultat est d'autant plus singulier que les recherches de M. Broca sur les crânes parisiens du xiii* au xix« siècle montrent la capacité crânienne grandissant avec le mouvement intellectuel général. Les mesures prises par le même observateur sur des individus appartenant aux classes livrées à l'étude et aux •classes illettrées conduisent à la même conclusion.
Les nombres recueillis par Morton et par Meigs n'en subsistent pas moins ; et cette expérience^ portant sur des populations nombreuses de la même race, me semble mettre hors de doute, •ce qui ressortait déjà clairement de la comparaison de races •différentes, savoir : que le développement des facultés intellectuelles de l'homme est dans une très-large mesure indépendant de la capacité du crâne et du volume du cerveau. Toutefois cette indépendance ne saurait être absolue. Nous verrons plus loin quelles limites on peut lui reconnaître.
Ici je dois me borner à constater que la diminution du crâne €st, dans l'Amérique du Nord, un des caractères de la race nègre créole dérivée de la race nègre africaine.
Nous retrouvons dans ce tableau l'entrecroisement des races accusé par les moyennes. Les Indous, les anciens Egyptiens sont séparés des autres races blanches par les Nègres, les Chinois, les Polynésiens, les Peaux-Rouges.
Mais les maxima et les minima montrent bien mieux encore jusqu'où serait porté ce mélange, si l'on comparait les individus. Grâce à leur maximum de 83, des Hottentots et des Australiens passeraient avant des Germains, des Anglo-Américains dont le minimum n'atteint pas ce chiffre. A plus forte raison s'en trouverait-il au milieu de toutes les autres races que les nombres moyens placent avant eux. Il y a plus. Entre la moyenne la plus élevée et la plus basse, entre l'Anglais et le Hottentot ou l'Australien, la différence de capacité crânienne moyenne n'est que de 21 pouces cubes. La différence du maximum ou minimum est précisément la même chez les Chinois