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Parousie, d'autre part, les textes qui étayent la conviction opposée. Dans la première catégorie, il faut ranger Matt. 10/23 — 16/28; (Marc 9/1 ; Luc 9/27) — 24/34; (Marc 13/30; Luc 21/32) — 26/64; (Marc 74/62; Luc 22/69) ; 1 Cor. 10/11; Philipp. 3/20; 1 Cor. 15/51 et 1 Thess. 4/15 (1). Dans la seconde catégorie, rangeons d’abord les passages qui affirment que l’heure de la Parousie reste inconnue de tous, hormis Dieu. C’est ainsi qu'après sa résurrection, le Seigneur enseigne aux apôtres que l’avenir de l'humanité se répartit en deux périodes : l’êre de L'Église, consacrée à lévangélisation du monde, et l’ère du Royaume; quant à la date qui marquera la fin de l’une et le début de l’autre, c’est un secret réservé au Père (Actes 1/6 à 8). Du reste, le Seigneur avait déjà exprimé cette pensée sous une autre forme (Matt. 24/36, 42, 44, 50 et 25/13; Marc 13/32, 33,35; Luc 72/40, 46 et 21/35). Jésus développe aussi la pensée que la Parousie n’est pas imminente. « L’époux » tarde
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à venir (Matt. 25/5). « L'homme de grande naissance » part pour un pays éloigné (Luc 79/11). Aussi l’évangéliste a-t-1l raison de combattre la fausse interprétation de la parole È | «- Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne»
(1) Sur les textes des Synoptiques, nous renvoyons le lecteur à nos remarques antérieures. La parole 1 Cor. 10/11 s'explique suffisamment, si l’on admet avec Jean ({1r ép. 2/18) que l'apparition du Christ en chair a inauguré le dernier éon dans le domaine historique. — En afñrmant aux Philippiens que nous attendons le Seigneur, Paul a parlé : comme parlent et parleront les chrétiens jusqu’à la fin des âges. Et 4 c'est ainsi, probablement, qu'il faut comprendre les innombrables passages où il est déclaré que le jour approche, que le Seigneur va venir, que de juge est à la porte, etc. (Philipp. 4/5; Hébr. 10/95, 37; Jacq. 5/7, 8, 9;. 1 Pierre 4/7; Apoc. 1/3 — 3/11, 20 — 22/7, 40,42,
20). — Enfin, pour les passages 1 Cor. 15/51, 1 Thess. 4/15, nous s ren voyons aux discussions antécédentes. UE
(Jean 27/22). Et les disciples parlent comme le Maitre. La célèbre déclaration de Paul aux Athéniens : « Dieu doit juger la terre avec justice par l’homme qu’il a déterminé » (Actes 17/30, 31), correspond aux enseignements du Christ (Actes 1/6 à 8; Luc 79/11...) L’affirmation que l'heure de la Parousie est inconnaissable, reparaît dans 1 Thess. 2/1, 2 et Apoc. 3/3. Paul avertit expressément les Thessaloniciens qu’il ne faut pas attendre l’apparition du Christ avant celle de l’Antéchrist (2e ép. 2/2). Enfin, dans la deuxième lettre de Pierre, nous voyons que les délais apparents du Seigneur attendu, sont conformes à la volonté de Dieu comme à son essence, car le chronomètre de l’Éternel n’est pas celui des éphémères (2 Pierre 3/8 à 10). L’auteur ajoute que la prédication générale de la repentance doit précéder la Parousie, ce qui nous ramène au passage classique du premier chapitre des Actes (v. 8).
À cet ensemble imposant de témoignages sur l’impossibilité de connaître le moment de la Parousie, on oppose quelquefois l’objection suivante : Si le Seigneur, dit-on, doit venir « comme un voleur, » pourquoi est-il si souvent parlé des signes de la fin? De deux choses l’une : ou les
signes ne sont pas de véritables signes, ou la venue du
Seigneur n’est pas inattendue. — Kliefoth répond fort justement : « Quand il est dit que le Seigneur viendra comme un voleur, cette parole s’applique, plus d’une fois, à des hommes aveuglés par une sécurité fausse et pour lesquels tous les signes seraient nuls et non avenus
(1 Thess. 5/2; Apoc. 3/3). De plus, même parmi les
chrétiens, il en est qui ne sont pas doués du discernement des temps, et qui seront surpris par la Parousie. Enfin, la
. question de savoir si les signes avant-coureurs de la fin se
manifestent, oui ou non, est une question toujours difficile
à élucider ; car les événements qui constituent ces prodro- .
mes se développent, insensiblement, au sein de l’évolution
historique. En résumé, savoir si les signes de la fin ont
commencé ou non, sera toujours un problème différemment résolu par les individus » /Eschatologie chrélienne, p. 231). Stockmayer écrit fort bien, dans le même sens : « Bien loin que les symptômes précurseurs de l’avénement de Christ nous empêchent de l’attendre, nous n’apercevons, au con-
traire, ces symptômes qu’en nous tenant dans cette attente.
Pouruneâmequine remplit pas cettecondition, lessigresdes
temps pourront se multiplier, lAntéchrist lui-même pourra
paraître, sans autre effet que de rendre plus profond son som-. meil » (Stockmayer : Conférences sur la prophétie, p. 35).
Il nous reste à rechercher ce qui est écrit sur le mode (1).
de la Parousie. Le Seigneur reviendra, envoyé par le Père (Actes 3/20; 1 Tim. 6/15, 16). Il viendra du ciel (Philipp. 3/20; 1 Thess. 1/10; 2Thess. 7/7; Apoc. 19/11) où il habitera jusque là (Actes 3/21), caché à nos yeux (Coloss. 3/3, 4), mais assis à la droite de Dieu (Matt. 26/64). Il reviendra sur les nuéés(Mait. 24/30 — 26/64; Marc 13/26 — 14/69; Luc
21/27; Apoc.1/7— 14/%4; ef. Daniel 7/13). C’est d’ailleurs HE ù 4 parole des anges aux apôtres (Actes 1/9). Quand il est dit
que « le signe du Fils de l’homme » apparaîtra dans le ciel (Matt. 24/30), cela ne signifie point que la Parousie sera
précédée par un signe extraordinaire ; le signe en question, ” c’est la Parousie elle-même. « En voulant déterminer ce
(1) « La cosmographie d'autrefois est inhérente au dogme du retour du
Christ, et à tout le scénario du drame messianique. Ce sont là des
représentations que nous ne pouvons plus conserver qu'à titre de sym- ; boles. Notre monde n’est plus le monde des premiers chrétiens » (Sabatier : Esquisse, p. 320). Soit. Mais quand nous disons : « Le soleil
se lève, le soleil se couche, » nous savons que ces expressions inadéquates 4%
correspondent à une réalité intangible.