E. LE ROYAUME
Mar. 25/34 : « Héritez du Royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. »
HÉB. 22/28 : « Nous recevons un Royaume inébranlable. »
JACQ. 2/5 : & Héritiers du Royaume. »
APOC. 1/6 : & Il nous a faits Royaume. » (Il nous a constitués en Royaume).
APOC. 1/9 : &« J'ai part au Royaume en Jésus. »
APoc. 5/10 : & Tu as fait des élus un Royaume. »
IV. — Passages où le Royaume peut être envisagé soit comme actuel, soit comme futur, ou comme l’un et l’autre à la fois
À. LE ROYAUME DES CIEUX
MAT. 4/17: « Le Royaume des cieux est proche. » (Cf. 20/7).
MAT. 5/3, 10 : & Le Royaume des cieux est à eux. »
Mar. 2/19 : & Celui qui aura enseigné, sera appelé grand dans le Royaume des cieux. » À première vue, il s’agit du Royaume eschatologique ; mais la chose paraît moins claire, si l’on rapproche ce passage des deux versets suivants : « Celui qui est plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui » (Mat. Z//11), et : « Qui est le plus grand dans le Royaume des cieux? » (Mat. 78/1) A cette question, il est vrai, Jésus répond : «€ Si vous ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. » Mais cette formule ne fait point pencher la balance en faveur du Royaume eschatologique, puisque le passage Mat. 77/11 est précisément suivi d’une déclaration qui présente le Royaume comme actuel (Vide supra T, A).
Mar. 13/24 : « Le Royaume des cieux est comparé à un homme qui sème de bonne semence. » Cette parabole offre cette particularité, que le Royaume y est désigné comme le Royaume des cieux (v. 24); Royaume du Fils de l’homme (v. M); Royaume du Père (v. 43). De plus, cette parabole décrit le Royaume à la fois dans son état actuel et dans son état futur. L'état futur, c’est celui du v. 43 : « Alors les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père.» Mais ce Royaume futur n’est que le Royaume actuel purifié, c’est le champ débarrassé de l’ivraie; aussi, le Fils de l’homme envoie-t-il ses moissonneurs pour « recueillir hors de son Royaume, » c’est-à-dire hors du monde (v.37), ceux qui pratiquent l’iniquité.
Mar. 13/47 : « Le Royaume des cieux est semblable à un filet qui ramasse des choses de toute sorte. » La pêche se poursuit jusqu’à «€ l'achèvement du siècle. »
Dans les paraboles suivantes (1), le Royaume pDtolt comme un germe (grain ou levûre). Or, la notion même de la vie implique une synthèse entre ce qui est et ce qui sera.
Mar. 13/31 : « Le Royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé. »
MAT. 13/33 : « Le Royaume des cieux est semblable à du levain. » — Restent trois paraboles qui illustrent les principes de la pédagogie divine dans l’administration du Royaume qui se développe :
MAT. 18/93 : « Le Royaume des cieux est comparé à un roi qui voulut règler compte avec ses serviteurs » (Idée d’ac-
(4) Lütgert fait observer que Jésus a toujours parlé en paraboles quand il a voulu donner un enseignement exprès sur le Royaume. C’est dans les paraboles qu’il met en vedette les traits de sa conception qui corrigent la conception judaïque du Royaume. Aussi, les paroles isolées sur le Royaume doivent être expliquées par les paraboles, et non vice versa.
tualité); v. 35 : « Ainsi vous traitera mon Père céleste » (Idée d'avenir).
Mar. 20/1 : « Le Royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit » (Idée d’actualité); v. 16 : « Ainsi les derniers seront les premiers » (Idée d’avenir).
MAT. 22/2 : « Le Royaume des cieux est comparé à un roi qui fit des noces pour son fils » (Idée d'actualité); v. 13 : « Là seront les pleurs » (Idée d'avenir).
B. LE ROYAUME DE DIEU
MaARC 4/26 : QIl en est du Royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre. » Cette parabole est propre à Marc; on y voit en pleine lumière la synthèse du passé et de l’avenir, par le perpétuel devenir d’une évolution vitale dans le présent.
MarG 10/14 : « Le Royaume de Dieu est à ceux qui sont tels. »y Ce Royaume est-il présent ou futur? Le passage qui suit montre la complexité de la réponse.
MARC 10/15 : « Quiconque ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un enfant, n'y entrera point. » Écartons d’abord l'interprétation subjective de la formule : « recevoir le Royaume. » Si le Royaume n’est qu’une réalité spirituelle à s'approprier, une réalité qui entre en nous, comment sommes-nous conviés à entrer en elle? Il s’agit donc bien du Royaume concret, actualisé dans la personne du Messie qui le symbolise, mais en même temps futur puisqu'il n’a pas encore déployé ses virtualités dans l’histoire.
4 Cor. 4/20 : « Le Royaume de Dieu ne se fonde pas avec des paroles, mais avec des actes » (littéralement : Pas en paroles le Royaume de Dieu, mais en puissance).