‹ L'espion, drame en cinq actes et en proseChapitre 2 sur 97 · SCENE r · texte numérisé non relu

SCENE r

WHARTOK . FRANCIS , SARA.

"WHARTON

Mes chères filles , point de discussions politiques, je vous en conjure. — Combien de fois vous ai-je répète' qu'il ne faut pas nous compromettre.

SARA

Puis-je me taire , mon père , lorsque Francis fait hautement des vœux pour l'armée américaine ? pour des rebelles ! . . .

l'RANCIS.

Vous l'entendez, mon p«'re? des rebelles!... ceux qui défendent leur pays , leur liberté , le sol qui les vit naître-, ceux qui veulent secouer le joug de l'Angleterre I Ah ! mon père , Sara , ma bonne sœur ! oui , je ne m'en défends pas . oui , je fais des vœux pour nos compatriotes , et ces vœux, je l'espère , seront bientôt exaucés! Les Anglais se maintiennent encore dans quelques villes , dans quelques ports de merj mais les Américains sontmaîtres descampagnes et detoutl'intérieur du pays. Washington , le grand Washington est à leur tête!... Une division française vient d'arriver dans le comté, et d'unir ses armes aux. nôtres : avec de tels appuis, les colonies ne peuvent pas tarder de conquérir enfin leur indépendance!... Notre belle patrie aura aussi ses jours de gloire et de prospérité.

WHARTON

Et mon fils, quedeviendra-t-il?

s ARA.

Songe donc un peu à lui , ma chère Francis , et rappelle-toi qu'il est au service de Sa Majesté britannique.

FRANCIS

Cette idée-là me déchire le cœur, ma bonne Sara ; oui , quand je pense que notre frère Henri est forcé de porteries arjnes contre son pays, que sa vie est tous

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