ACTE II
HENRI, se débarrassant de son surtout.
Qu'à cela ne tienne , monsieur! Aussi bien , je suis fatigué de ce déguisement presque autant que de votre interrogatoire.
LAWTON
Nous sommes étrangers l'un pour l'autre, monsieur^ et comme je n'ai personne ici pour me présenter, il laut bien que je me charge moi-même de ce soin : je me nomme Lawton, capitaine dans la cavalerie de Virginie.
HENRI
Et moi , monsieur , je me nomme Wharton , capitaine dans le 20*^ régiment d'infanterie de Sa Majesté britannique.
LAWTON
On ne m'avait donc pas trompé !... Capitaine \N harton , je vous plains bien sincèrement.
WHARTON
Si vous le plaignez , pourquoi ciiercher à l'inquiéter? Mon fils n'est pas un espion; il n'est venu ici que pour voir sa famille. Il n'est pas de sacrifice que je ne fasse pour sa sûreté : je paierai telle somme
LAWTON
Monsieur , vous oubliez à qui vous parlez I Mais l'intérêt que vous inspire votre fils doit être votre excuse.
HENRI
Je ne suis venu ici que pour voir mes parents. On m'avait assuré que vos avant-postes étaient à Fishkill : sans quoi je n'aurais pas quitté New-Yorck.
LAWTON
Tout cela peut être vrai -, mais l'affaire du major André nous a donné l'éveil , et nous devons être sur nos gardes.
SARA
Ah ! monsieur , croyez à ce que dit mon frère -, soyez convaincu que , si nous ne partageons pas vos opinions, du moins
WHARTON
Que dites-vous là , ma fille? que parlez-vous d'opinions? Certainement les soldats de Washington, les défenseurs de l'Amérique ont droit
LAWTON
Miss Wharton, je veillerai à ce que votre frère soit traité avec tous les égards qu'il mérite 5 mais c'est notre commandant, c'est le major Dunwodie, qui doit décider de son sort.
FRANCIS
Dunwodie! Dieu soit loué! Henri n'arien à craindre.
LAWTON
Je le désire bien vivement.
WHARTON
Est-ce que le major notre bon parent viendra nous visiter ?