ACTE IV. lOl
HARVEY , toujours en (lehofs ■ Quanl à nous , entrons dans cette cabane.
HENRI
Ah ! je ne Savais pas aperçue.
Harvey ouvre la porte ; ils entrent.
FRANCIS, se jetant dans les bras de Henri. Mon frère I
Francis ! chère Francis ! c'est toi i[ue je revois I Par quel hasard !
HARVEY
Miss Wharton , vous voilà enfin I Je vous attendais plus tôt.
FRANCIS
Il est vrai -, mais qui pouvait deviner ?...
HARVEY
Oui, vous avez raison. Enfin j'ai rempli ma promesse, je vous ai rendu votre frère. Mais écoutez, miss Wharton : vous ne connaissez pas mon sort ; peut-être ne le conuaîtrez-vous jamais. Il me restait cette retraite , la seule où je puisse reposer ma tête en sûreté. L'intérêt de votre frère m'a contraint de vous la révéler. Une indiscrétion , un mot , peuvent ui'enlever mon dernier asyle...
FRANCIS
Oh ! jamais , jamaisl >
HJRV^EY.
Ainsi le major Dunwodie....
FRANCIS
JV'en saura jamais rien; j'eu prends à lémoin Dieu, qui m'entend.
HARVEY
Je reçois votre promesse. Maintenant asseyez-vous,
capitaine. Vous, miss Francis, prêtez l'oreille
J'ai enlevé voire frère aux dragons de Virginie, qui ne lui feraient pas plus de merci qu'à moi s'ils nous rattrapaient. C'était là le 'plus pressé ; mais ce n'est pas tout. La nouvelle de l'évasion du capitaine sera connue du major Dunwodie à son retour aux avantpostes : doutez- vous qu'il ne mette alors tous ses soldats en marche pour cerner ces montagnes et nous couper la retraite?
FRANCIS
Hélas î il croira que tel est son devoir , et il le fera.
HARVEY
Eh bien ! voilà ce qu'il faut empêcher.
HENRI
Et par quel moyen ?
HARVEY
C'est mon secret. Oui , on lui trouvera une occupation plus agréable que la nécessité de courir après son ami. — Mais pour cela deux heures nous sont nécessaires ; deux heures , et le capitaine Wharton est embarqué par moi sur un brick du roi George, qui est à l'ancre à trois milles d'ici , et qui nous attend.