ACTE IV
FRANCIS
Expliquez-vous, Harvey , expliquez- vous. Que i'aut-il faire?
HARVEY
Si, lorsque cinq heures sonneront à Fislikill , le major et ses enragés dragons n'ont point encore quitté la ferme , votre frère est sauvé.
Comment l'arrêter jusque là?
HARVEY
Ah I comment I Je vais vous le dire. Capitaine, voici une plume , de l'encre , du papier. Vous allez écrire au major.
HENRI , * s'assejant près de la lable.
Ecrire ! moi !
HARVEY
Vous-même ! et tout de suite.
HENRI
Mais eniin !...
FRANCIS
Mon cher Henri , fais ce qu'il exige , je t'en conjure! Que de reconnaissance ne lui devons-nous pas !
HARVEY
A moi ! oui , peut-être un peu. Mais , je vous l'ai déjà dit, capitaine, j'ai promis de vous sauver ; il faut que j'acquitte ma promesse.
* Henri , Francis , Harvey.
io4 l'espion.
HENRI
Encore une fois , Harvey, à qui l'avez-vous promis?
HARVEY
A celui dont un seul mot règle toutes mes actions , qui dispose de mes volontés , de ma vie... , de plus encore I ...
HENRI
Je ne vous comprends pas.
HARVEY
Il faut que cela soit ainsi !
FRANCIS
Eh bien I Harvey, achevez: le temps s'écoule; je tremble.
HARVEY
Nous y voici. Ecrivez, capitaine.
(( Mon cher Dunwodie , je suis parvenu à tromper « mes geôliers; mais j'ignore quel destin m'est réservé, w et je suis en proie aux plus cruelles inquiétudes. »
Avez- vous écrit?
HENRI
Oui -, mais où voulez-vous en venir?
HAUVEY.
Que diable I capitaine , vous êtes bien pressé 1 « Je songe à un père âgé à qui l'on va reprocher le « prétendu crime de son fils , à des sœurs qui bientôt (( peut-être se trouveront sans appui , sans prolec- « teur. »