ACTE IV. lOD
HE^RI
11 n'est que trop vrai,
HAUVEY.
« Prouvez-moi que vous nous aimez tous. Que « cette nuit même vous voie uni à ma sœur Francis , « et que ma famille trouve en vous un lils , un frère , « un époux I »
FRANCIS
Qu'entends-je I
HARVEY
Ce qui doit s'accomplir avant deux heures si vous voulez sauver votre frère.
HRNRI.
Oui, Francis, oui, llarvey a raison : c'est le plus sur moyen d'arrêter Dunwodie. — Cette union est le but de toutes ses pensées -, elle est le plus cher de ses voeux; qu'elle s'accomplisse ,et, quoi qu'il arrive, je serai consolé en songeant que je ne laisse pas ma sœur sans soutien.
FRANCIS
Hélas ! Henri , y pensez-vous? Dans quelle circonstance , en quel lieu ordonnez-vous que se fasse cette union?
HARVEY
Rien ne sera plus facile. Le chapelain dont j'ai pris la place un moment doit"^ttre arrive : il venait préparer le frère à mourir, il mariera la sœur. Cela ue vaut-il pas mieux? Le major n'hésitera pas à remplir
io6 l'espiox.
les intentions du capitaine. — Dans la situation où se trouve votre frère, ses désirs sont presque aussi sacrés que les voloatés d'un mourant.
ir.ANCIS.
Et si Dunwodie accepte la main que je lui vais offrir
HARVËY.
Vous serez dans deux heures la femme d'un homme qui vous adore et que vous chérissez , d'un brave et digne officier que j'estime fort, quoiqu'il ait grande envie de me faire pendre. Il faut ne dévouer , miss Francis, (-r^ Henri.) Signez et cachetez le billet.
HENRI
Le voici...
HARVEY
Prenez-le, miss, et remettez-le au major. Maintenant la vie de votre frère est entre vos mains. Songez-y bien : il faut qu'à cinq heures le major Dunwodie soit encore près de vous. Une demi-heure vous suffira pour retourner à Fishkill. Nous, capitaine, nous allons bientôt nous remettre en route. Je vous le répète , miss, Dunwodie ne peut pas recevoir avant deux heures certaine dépêche qui nous affranchira de sa poursuite : si le major était parti , ce serait fait de nous , la retraite nous serait coupée. Décidez-vous maintenant.
HENKi, présenlant le billet.
Ma sœur !